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La permaculture s’invite à l’école

11 octobre 2017 | Edition N°2099

Yverdon-les-Bains – Avec le soutien de l’Agenda 21 de la Commune, une association transforme les espaces verts disponibles autour du Centre professionnel du Nord vaudois en laboratoires de permaculture.

Des élèves ont donné de leur temps : devant, de g. À dr., Ivana Mitrovic et Raquel Bala ; derrière, de g. À dr.: Roman Ruchat et Luka Bozovic. ©Michel Duvoisin

Des élèves ont donné de leur temps : devant, de g. À dr., Ivana Mitrovic et Raquel Bala ; derrière, de g. À dr.: Roman Ruchat et Luka Bozovic.

Créée en mai de cette année, l’association Permis de Culture, mise sur pied par des enseignants du Centre professionnel du Nord vaudois (CPNV), a d’ores et déjà concrétisé ses envies. Sur les espaces verts situés autour du bâtiment de l’école, les membres de l’association, parfois aidés de certains élèves, ont déjà construit de nombreux bacs de permaculture, une façon de cultiver basée sur la tradition et l’écologie naturelle. «Avec l’appui de deux permaculteurs, Guillaume Mussard et Gaëtant Morard, on a réalisé les premiers ateliers, après avoir passé un demi-jour chez le premier nommé, à Montalchez (NE), détaille Claude Wüthrich, vice-président de l’association, qui enseigne l’économie et la comptabilité. Durant ces quelques heures, on a dessiné le projet, imaginant les bacs installés devant l’entrée, ainsi qu’une spirale aromatique à l’autre bout de la pelouse. On va encore créer d’autres surfaces pour planter des pommes de terre, et aménager le dernier espace au printemps prochain. L’idée serait d’y construire un keyhole (ndlr : trou de serrure en anglais), soit un endroit où alimenter un compost qui nourrira la terre autour de lui.»

 

Des plantes de toutes sortes

 

Une fois découpées, les herbes de la pampa (au premier plan) seront disséminées sur les différents bacs pour en nourrir la terre. ©Michel Duvoisin

Une fois découpées, les herbes de la pampa (au premier plan) seront disséminées sur les différents bacs pour en nourrir la terre.

Plusieurs essences d’arbres fruitiers ont été plantées, hier. Ainsi, pommes, poires, mirabelles et prunes mûriront dans quelque temps autour du CPNV. Ces fruits seront accompagnés de framboises, de groseilles, de cassis et même de rhubarbe. La liste exhaustive des légumes, herbes et fruits espérés dans ce potager urbain géant serait trop longue à citer ici.

Si la majorité du travail abattu à été l’oeuvre des enseignants, cet exemple de permaculture doit également servir les élèves de l’établissement scolaire. «Dans nos cours, le développement durable a aujourd’hui sa place. Et c’est l’occasion de pouvoir montrer aux élèves des projets concrets qui mettent en pratique la théorie, ajoute encore Claude Wüthrich. Certains étudiants en maturité nous aident, aujourd’hui, car ils sont en vacances. Nous voulons leur donner la possibilité, à travers des mini-ateliers, de participer.» Par ailleurs, personne ne manque d’idées puisque, sur l’espace alloué, d’autres réalisations devraient voir le jour au fur et à mesure que le projet avance. Ainsi, un récupérateur d’eau de pluie pourrait être planifié, tout comme la création, en collaboration avec les branches techniques du CPNV, d’un nouveau système d’arrosage automatique.

 

Avec un ancrage régional

 

Daniela Balin, présidente de l’association Permis de Culture, avec Claude Wüthrich, vice-président.

Daniela Balin, présidente de l’association Permis de
Culture, avec Claude Wüthrich, vice-président.

Dans une démarche écologique, liée au développement durable, tous les facteurs d’un projet deviennent importants. Comme la provenance des matériaux utilisés pour construire et utiliser les bacs de permaculture du CPNV, par exemple. Les dizaines de kilos de terreau que l’association utilise pour remplir ces bacs, installés autour de l’école, proviennent de la région. En effet, cette matière première est issue de la réserve naturelle de la Grande Cariçaie. Ce terreau s’avère, dès lors, particulièrement riche, et donc bénéfique pour la croissance des plantes et des futurs fruits. Par ailleurs, le paillage de cinq à sept centimètres qui recouvre les sols cultivés provient, lui aussi, des rives méridionales du lac de Neuchâtel. Les roseaux coupés constituent la principale source de paille pour le projet initié en ce début d’année par les enseignants yverdonnois du CPNV.

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Jean-Philippe Pressl-Wenger