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Ces personnes qui donnent leur sang pour sauver des vies

19 juillet 2017 | Edition N°2041

Yverdon-les-Bains – Pour se prémunir contre la pénurie de sang, le Centre de transfusion sanguine d’Epalinges, en collaboration avec les Etablissements hospitaliers du Nord vaudois (EHNV), organise un don de sang sur deux journées dans le hall de l’hôpital.

Active dans le milieu médical, Auréane Schenk donne son sang, pour la 8e fois, avec le sourire. ©Simon Gabioud

Active dans le milieu médical, Auréane Schenk donne son sang, pour la 8e fois, avec le sourire.

«Ma fille ne pouvait pas donner son sang, puisqu’elle rentre de voyage, confie Nicole Gonin, assise confortablement sur un siège. Elle m’a donc encouragée, un peu sous la contrainte, à le faire à sa place. Au final, je ne regrette pas de m’être déplacée…» Un peu plus loin, Auréane Schenk sert, quant à elle, une petite balle rose dans sa main, afin d’augmenter le flux sanguin lors de la prise de sang. «Je suis ambulancière, c’est la huitième fois que je donne mon sang et j’ai pris l’habitude de venir avec une équipe de copines», glisse-t-elle. Comme ces deux femmes, quelques personnes avaient fait le déplacement, hier après-midi, à l’hôpital de la Cité thermale pour faire don de leurs plaquettes, de leurs globules rouges et de leur plasma.

«Aujourd’hui (ndlr : hier), on compte une quarantaine de donneurs, mais ce chiffre varie à chaque fois, explique Béatrice Vallet, infirmière et coordinatrice du Centre de transfusion sanguine d’Epalinges, qui organise, en collaboration avec les Etablissement hospitaliers du Nord vaudois (EHNV), quatre journées de récolte de sang avec une équipe mobile, durant l’été, à Yverdon-les-Bains. «Pendant les vacances, les donneurs sont moins nombreux, alors qu’on compte plus d’accidents de la circulation», poursuit-elle. Et de préciser qu’un seul blessé peut bénéficier jusqu’à 80 dons de sang pour tenter d’être maintenu en vie.

 

5% de donneurs en Suisse

 

48 personnes ont donné leur sang, parmi elles dix donneurs ont connu un refus. ©Simon Gabioud

48 personnes ont donné leur sang, parmi elles dix donneurs ont connu un refus.

«En Suisse, on récolte 900 dons de sang par jour, affirme Adrian Fluri, responsable communication de Transfusion interrégionale, basée à Berne et qui approvisionne également les cantons de Vaud et du Valais. Selon lui, les trois cantons récoltent 300 dons par jour. Le CHUV et l’Inselspital, à Berne, sont particulièrement demandeurs de sang. «En Suisse, on estime qu’environ 5% de la population donne son sang, c’est peu, mais, en comparaison internationale, c’est plutôt satisfaisant», continue le communiquant. Par ailleurs, 300 000 dons sont nécessaires chaque année en Suisse.

Le produit sanguin servira ensuite dans quatre cinquièmes des cas à la transfusion sanguine tandis que le reste sera utilisé pour la fabrication de médicaments.

 

Processus en plusieurs étapes

 

Piero Di Pierri et Béatrice Vallet assurent le fonctionnement de l’équipe mobile. ©Simon Gabioud

Piero Di Pierri et Béatrice Vallet assurent le fonctionnement de l’équipe mobile.

«Tout d’abord, le don de sang n’est pas douloureux. Il n’y a pas de risque de contamination ou de risque pour la santé», souligne Béatrice Vallet. Selon le Service de transfusion interrégionale, le donneur doit s’hydrater avant le don en buvant un à un litre et demi de liquide afin de fluidifier le flux sanguin et éviter de consommer un repas trop riche avant le don. Toutefois, il ne doit pas se présenter à jeun. «Un petit bilan de santé est effectué avant chaque don pour vérifier, notamment, la tension artérielle, la pulsation et le taux d’hémoglobine », explique Piero Di Pierri, collaborateur chargé de la logistique. Le donneur est ensuite invité à s’allonger sur un des quatre sièges mis à disposition dans le hall de l’hôpital. Dans une poche, environ 450 ml de liquide sanguin est récolté. «J’ai donné mon sang, pour la première fois, à l’école de recrue. Ça fait un sacré bail et je ne suis jamais tombé dans les pommes», sourit Jacques Chappuis, qui a effectué son 40e don, hier.

«C’est seulement dans un deuxième temps, en laboratoire, que nous vérifions que les donneurs ne soient pas atteints de l’hépatite B ou C, de maladies sexuellement transmissibles, telles que le HIV et la syphilis », explique le logisticien. Les échantillons sont ensuite entreposés dans un bus à température ambiante oscillant entre 20 et 24 degrés. Ce dernier partira, le soir-même, dans un laboratoire à Berne.

Don de sang : aujourd’hui, 16 et 17 août, de 12h à 17h. Hall de l’Hôpital d’Yverdon-les-Bains.

 

Critères d’aptitude pour donner son sang

 

Selon l’organisation Transfusion Suisse, toute personne en bonne santé (hommes et femmes) âgée entre 18 et 75 ans, pesant 50 kg au minimum peut donner du sang. Une limite d’âge est fixée à 60 ans pour les nouveaux donneurs. Le médecin, responsable des dons, décide si la limite d’âge supérieure peut être dépassée en cas de dons réguliers.

Les critères d’aptitude au Don de sang sont établis pour garantir la plus grande sécurité possible pour les receveurs de sang et diminuer les risques pour les donneurs.

Depuis le 1er juillet dernier, Swissmedic autorise les homosexuels à donner leur sang, si ces derniers n’ont pas eu de relations sexuelles pendant une année. «Nous appliquons les règles, confie Adrian Fluri, responsable communication de Transfusion interrégionale, à Berne. Cette solution est un premier pas pour l’égalité des sexes.»

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Valérie Beauverd