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Plongée au cœur du circuit élite

27 février 2018 | Edition N°2194

Vice-champion d’Europe M23 en titre, Sylvain Fridelance va essentiellement s’aligner au plus haut niveau cette saison. La prochaine étape vers les Jeux.

Promu du cadre élite C au B de Swiss Triathlon, Sylvain Fridelance, vice-champion d’Europe M23 en titre, entame une saison de confirmations: celle de sa progression, celle de son appartenance au gotha mondial et, enfin, celle de son statut de candidat sérieux aux Jeux olympiques de Tokyo 2020, dont la période de qualification commencera ce printemps. A 22 ans, le triathlète de Saint-Barthélemy est en forme, en témoigne son probant 12e rang obtenu le 11 février dernier en Coupe du monde au Cap.

Très tôt dans la saison, le fer de lance du Tryverdon a ainsi pu mesurer les progrès réalisés en natation et à vélo, des disciplines dans lesquelles il a rivalisé avec les meilleurs en Afrique du Sud, avant de céder du terrain en course à pied. Un constat sans surprise pour celui qui a souffert d’un genou – une inflammation qui n’a nécessité aucune opération – en décembre dernier. «La compétition m’a permis de confirmer ce qu’on avait pu voir à l’entraînement, souligne le sportif du Gros-de-Vaud. Je n’ai pu reprendre la course à pied qu’en début d’année. J’ai payé mon retard de fond.» Un déficit qu’il s’est attelé à combler ces deux dernières semaines, notamment en se rendant en stage au chaud, au Portugal, avec son club de natation (Renens). Le séjour lui a servi à peaufiner sa préparation dans l’eau et, bien sûr, également dans les autres spécialités du triathlon, alors qu’il prépare une saison où il va s’aligner presque exclusivement au plus haut niveau: «Prendre part à quelques épreuves M23 l’an dernier constituait une étape importante à mes yeux. Celle-ci franchie, je vais désormais me concentrer essentiellement sur l’élite, même s’il n’est pas exclu que je participe encore à l’une ou l’autre compétition espoirs.»

Sylvain Fridelance s’est classé 12e au Cap, en ouverture de saison. ©

Sylvain Fridelance s’est classé 12e au Cap, en ouverture de saison. © Viviane Logbooklet

Actuellement placé au 95e rang du classement édité par l’Union internationale de triathlon (ITU), le Vaudois est désormais quasi assuré d’avoir sa place au départ des manches des World Series, circuit plus relevé que la Coupe du monde. Ainsi, Sylvain Fridelance ne devrait pas trop avoir besoin d’aller récolter des points dans les compétitions moins cotées pour grimper dans les tabelles. Dès lors, la prochaine étape de son développement consiste à tenter de professionnaliser son environnement encore un peu plus, notamment par la recherche de sponsors. En ce sens, il a intégré, sous le houlette de son entraîneur Joël Maillefer, un team de huit athlètes nouvellement créé. «Une telle structure me permet d’être moins dépendant de l’équipe de Suisse pour disposer des meilleures conditions d’entraînement possibles», souligne le leader naturel de Tribu Performance, équipe au sein de laquelle il est toujours accompagné par son grand frère Valentin, duathlète national.

Les choses sérieuses vont reprendre vendredi pour le cadet de la fratrie de Saint-Bar’. Il s’envole aujourd’hui pour Abu Dhabi, lieu de la première course des World Series. Encore une épreuve qui a lieu tôt dans l’année et qui doit lui permettre d’engranger des points. Une fois la manche des Emirats arabes unis passée, Sylvain Fridelance préparera les prochaines échéances qui, elles, compteront dans le classement particulier pour les Jeux. La première compétition à entrer dans l’équation sera celle des World Series de Yokohama, au Japon, programmée en mai. «Il n’est pas exclu que je fasse une ou deux courses entre-temps, précise néanmoins le triathlète du club yverdonnois. Notamment une Coupe d’Europe à Majorque, où je vais me rendre pour m’entraîner quelques jours.»

Prêt à prendre le relais

Les critères précis pour pouvoir se rendre à Tokyo dans deux ans ne sont pas encore connus. Mais Sylvain Fridelance a déjà identifié des «passages importants», dont quatre épreuves de relais mixte – nouvelle discipline qui sera intégrée aux JO 2020 – dans lesquelles il compte se mettre en lumière, dans le but de montrer qu’il désire sa place dans la spécialité également. «J’espère faire preuve de constance, afin de construire une base solide sur laquelle m’appuyer, puis poursuivre ma progression l’an prochain, argue le triathlète. Le but final sera de faire partie des deux meilleurs Suisses au moment des sélections. Et à ce jeu-là, les deux Vaudois (ndlr: Adrien Briffod, seul membre masculin du cadre A national, et lui), on a notre carte à jouer.» La première sera à abattre après-demain sous le soleil d’Abu Dhabi.

Manuel Gremion