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Près de 200 millions pour les Ateliers CFF

2 novembre 2018 | Edition N°2366

Yverdon-les-Bains – Un accord a été signé hier entre les CFF et le Canton pour renouveler les infrastructures ferroviaires. Un pacte qui pourrait déboucher sur un investissement massif dans la région et sur la création de 200 emplois.

«C’est un peu Noël!», a lancé Jean-Daniel Carrard, syndic d’Yverdon-les-Bains, en découvrant dans un communiqué de presse que la présidente du Conseil d’Etat vaudois, Nuria Gorrite, et le directeur général des CFF, Andreas Meyer, avaient signé un accord d’envergure hier matin aux Ateliers CFF de la Cité thermale. Ce pacte, baptisé «Perspective générale Vaud», prévoit un investissement de près de 2,5 milliards de francs jusqu’en 2030, afin de renouveler et de développer les infrastructures ferroviaires vaudoises. Une part importante de cette enveloppe devrait être investie dans la région.

«Outre ma vexation personnelle de ne pas avoir été informé autrement, je suis très content d’apprendre cette bonne nouvelle, confie le syndic. Cela confirme l’importance industrielle d’Yverdon-les-Bains et de nos Ateliers CFF.» 

Si les grands pontes des CFF et du canton de Vaud se sont déplacés au cœur de la capitale du Nord vaudois pour signer cet accord, ce n’est pas sans raison. «C’était symbolique de le faire dans l’un des plus grands centres d’entretien du matériel roulant de Suisse, précise Jean-Philippe Schmidt, porte-parole des CFF. C’était aussi une bonne chose de faire découvrir ce lieu à nos partenaires.» Mais derrière ce choix «symbolique», il y a surtout un grand projet qui se prépare. «Les CFF envisagent d’agrandir le site yverdonnois en y investissant près de 200 millions de francs et de créer quelque 200 emplois supplémentaires. Mais ce projet doit encore être confirmé, dévoile Nuria Gorrite, tout en glissant que ce n’est pas sans raison que le directeur général des CFF s’est déplacé à Yverdon-les-Bains.

Pour le reste, le projet n’a pas encore été totalement ficelé. «Je ne peux pas donner plus d’informations pour l’instant, car nous allons élaborer une brochure l’an prochain pour lister les travaux en détail», ajoute la cheffe du Département vaudois des infrastructures et des ressources humaines. Le seul élément concret actuellement, c’est que les 2,5 milliards seront attribués à une cinquantaine de mesures, réparties sur six périmètres.

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Booster les axes entre Lausanne, Berne et Genève

Lors des discussions entre les CFF et Nuria Gorrite, présidente du Conseil d’Etat vaudois, celle-ci a évoqué les projets d’avenir. «Maintenant que le Conseil fédéral a présenté sa vision pour la mobilité ferroviaire jusqu’en 2035 (lire aussi en page 5), il est temps pour nous de regarder au-delà et de se demander ce dont on a besoin à l’horizon 2040-2045», explique-t-elle.

Le Canton et les CFF ont ainsi discuté de quatre axes de développement. Le premier concerne la ligne entre Lausanne et Genève. «Jusqu’à maintenant, on a pris l’option de construire des bouts de troisième et de quatrième voie mais est-ce que ce ne serait pas la base pour une nouvelle ligne? Nous allons mener une étude, indique la présidente du Conseil d’Etat vaudois. Ensuite, il faut abaisser le temps de trajet entre Lausanne et Berne à moins d’une heure pour ne pas être déconnectés des grandes lignes.» Troisième axe à améliorer, la circulation au pied du Jura, qui a une importante capacité ferroviaire pour le transport de passagers et de fret, selon elle.

En dernier lieu, Nuria Gorrite pointe la ligne du RER, qui aura atteint sa cadence au quart d’heure en 2025. «Il faut voir si on devrait mettre en place une nouvelle ligne pour améliorer le service dans d’autres régions du canton. En tout cas, désormais, la vision des CFF et celle du Conseil d’Etat sont alignées.» 

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Quelques chiffres

2,5 milliards de francs seront investis ces prochaines années, afin de renouveler les infrastructures ferroviaires vaudoises. Dont peut-être 200 millions de francs à Yverdon-les-Bains.

165 pour cent, soit l’augmentation du nombre de places de travail dans les Ateliers CFF d’Yverdon-les-Bains depuis 2010.

600 collaborateurs, répartis en 25 corps de métiers, travaillent actuellement sur le site ferroviaire de la Cité thermale. Dans le canton de Vaud, les CFF comptent un total de 2800 employés.

2002 soit l’année où le conseil d’administration des CFF a décidé de privilégier les Ateliers d’Yverdon-les-Bains au détriment de ceux de Bellinzone (TI). Une décision qui a sauvé le site nord-vaudois.

3450 pièces mécaniques sont réparées et entretenues dans les locaux yverdonnois chaque année, dont une centaine de locomotives et de rames ICN. L’ensemble des trains à deux étages de Suisse passera peut-être bientôt par là.

Christelle Maillard