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Près de trois décennies au service du hockey sur glace romand
©Carole Alkabes

Près de trois décennies au service du hockey sur glace romand

1 juin 2017 | Edition N°2008

Hockey – Président de la section romande de la Regio League, le Sainte-Crix Philippe Duvoisin va remettre son tablier en fin de semaine prochaine. Rencontre avec un homme apprécié autour des patinoires.

Passionné de hockey, Philippe Duvoisin continuera de se rendre aux matches dans toute la Suisse romande et au-delà. ©Carole Alkabes

Passionné de hockey, Philippe Duvoisin continuera de se rendre aux matches dans toute la Suisse romande et au-delà.

Patron -bien qu’il n’aime pas le terme- du hockey romand régional depuis huit ans, membre du comité depuis 29 printemps, Philippe Duvoisin va passer le témoin à son second, l’Ecublanais Philippe Raboud, lors de l’assemblée prévue à la vallée de Joux en fin de semaine prochaine. Le Sainte-Crix de 65 ans a décidé de passer la main pour se consacrer à ses autres activités, à ses loisirs et à sa famille.

 

 

Philippe Duvoisin, comment se porte le hockey romand ?

Il va bien. Je m’en vais alors que tout roule, même si demeurent quelques soucis dans le recrutement. Alors que la base s’élargit, la pyramide s’amincit trop vite. On perd beaucoup d’enfants entre les premières années et les moskitos (10-12 ans).

 

Que faire pour inverser cette tendance ?

La base du problème n’est pas évidente à identifier. Je crois qu’on doit regarder au plaisir de l’enfant. On commence, par exemple, à organiser des ateliers en mélangeant les jeunes des différentes équipes plutôt que des matches. Ce peut être une piste pour que le résultat ne prenne pas trop d’importance trop vite. La Suisse romande est souvent pionnière lorsqu’il s’agit de tester les nouvelles idées. On souhaite, notamment, introduire des tournois sur une journée pour les moskitos, plutôt que des rencontres chaque semaine. Cela permettrait de limiter les déplacements.

 

Vous avez participé à la création de cette «super 1re ligue», qui débutera en septembre. Qu’en pensez-vous ?

J’ai toujours été derrière ce projet, qui s’appellera finalement MySports League. Cela va réduire la différence, qui était trop importante, entre la LNB et la 1re ligue. Il fallait trouver un échelon intermédiaire. Cela va, aussi, permettre de rééquilibrer la 1re ligue classique, qui était coupée en deux, entre les clubs les plus fortunés et les autres.

 

Quels sont les autres chantiers d’importance en cours ?

A terme, l’objectif est d’éliminer les charges dans les catégories espoirs, du moins jusqu’aux juniors A, ainsi qu’en 3e et en 4e ligue. Cela va demander un peu de temps.

 

Pour votre part, quittez-vous définitivement les patinoires ?

Non, j’irai toujours voir des matches, ce que j’adore faire. Je vais aussi prendre quelques mandats qui concernent des projets entamés, comme celui de trouver une entente entre les championnats corporatifs et la 4e ligue.

 

Quant à votre frère, Alain, qui est aussi au comité, va-t-il prolonger son mandat ?

Oui, il devrait prendre la vice-présidence. Il est, pour la petite histoire, entré à la Romande en même temps que moi.

 

Finalement, que retenez-vous de ces 29 années au comité ?

Tout d’abord, 99% de plaisir. Ça a été beaucoup de belles rencontres. J’ai apprécié côtoyer les gens. Et j’ai eu la chance de travailler avec des personnes de la trempe de Jean Martinet, lorsqu’il est devenu vice-président de la Fédération. (ndlr : l’emblématique président de Fribourg-Gottéron, originaire de Vuiteboeuf, est décédé l’an dernier). Je me souviens qu’il était fier de raconter qu’il donnait rendez-vous à 4h du matin à Saint-Léonard à son comité pour travailler. Pour lui, la journée était faite pour travailler, et la nuit, il y a des ampoules. Je garde aussi en souvenir tous les moments passés lors des finales suisses de la Regio League, et notamment quand c’est un club romand qui a gagné, comme ça a été le cas cette année avec Sion en 1re ligue. C’est pareil avec les jeunes. On est, alors, fier du travail accompli.

 

Tout a commencé sur la patinoire naturelle

 

Commandant de la Protection civile région Grandson à la retraite depuis quatre ans, Philippe Duvoisin est toujours actif en tant que municipal à Sainte-Croix. Quant au hockey, il l’a commencé quand, à ses 12 ans, il a été repéré par le club local durant un tournoi scolaire organisé sur la glace naturelle au cœur de la localité. «J’ai d’abord évolué en tant qu’ailier, puis je me suis retrouvé goalie. Je n’étais pas très bon», glisse l’intéressé, tout sourire.

A 19 ans, désireux de se rendre à l’étranger, il est parti travailler en Afrique du Sud, où il est resté deux années. Là-bas, il allait encourager une équipe de Suisses qui disputaient des matches de hockey sur une glace circulaire, dans un centre commercial de Johannesbourg. «A mon retour sur le Balcon du Jura, au milieu des années 70, on m’a demandé de reprendre le HC Sainte-Croix, qui était dans les chiffres rouges. Il manquait 3000 francs, une somme importante à l’époque, se souvient-il. J’avais accepté, car j’aime les challenges. Je m’étais laissé six mois pour remettre le club à flot, sans quoi on arrêtait tout.» L’incroyable succès rencontré lors du bal du Nouvel-An, qui avait rapporté 9000 francs, avait permis de poursuivre l’aventure. Philippe Duvoisin est resté une dizaine d’années à la tête du club, avant de rejoindre la Ligue romande, passant par toutes les étapes, d’administrateur de la 4e ligue à ses débuts au poste de président régional ces huit dernières années.

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Manuel Gremion