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«Quand j’ai vu l’arme, je me suis baissée et j’ai crié»

24 avril 2019 | Edition N°2484

Yverdon-les-Bains – Une infirmière a été agressée à la sortie de l’hôpital, mardi soir vers 22h40. Un homme l’a menacée avant de lui asséner un violent coup sur la tête et de s’enfuir avec son sac.

«Ma collègue avait encore quelque chose à faire. Moi, je n’avais qu’une envie, c’était d’aller me coucher», raconte Sandra*, infirmière à l’Hôpital d’Yverdon-les-Bains. La fin de sa journée de travail, mardi soir vers 22h40, a toutefois tourné court. Alors qu’elle regagnait seule sa voiture sur le parking du personnel situé à l’arrière du bâtiment principal des établissements hospitaliers du Nord vaudois (EHNV), cette mère de famille âgée de 37 ans a fait une mauvaise rencontre.

«J’étais en train d’écrire un message sur mon natel et j’avais les bras chargés. Au moment où j’ai appuyé sur la clé pour déverrouiller ma voiture, j’ai vu quelqu’un arriver sur ma gauche.» L’individu tente alors de lui arracher l’un de ses sacs. «Il est arrivé vers moi en marchant vite, se souvient-elle. Je n’ai pas lâché car je tenais mes affaires fermement contre moi.» Sa réaction désarçonne l’assaillant. «Il a vu que je résistais et a sorti une arme à feu, poursuit-elle. Là, j’ai compris que c’était vraiment grave. Je me suis baissée, j’ai levé les mains et j’ai crié.» La scène n’a duré qu’un bref instant, mais elle est encore gravée dans la mémoire de Sandra.

Au moment où elle laisse échapper un cri, l’agresseur abat la crosse de son arme sur sa tête, avant de s’enfuir en direction du collège de la Passerelle avec un sac contenant ses affaires de travail. Sur le moment, l’infirmière ne réalise pas tout de suite qu’elle est blessée. «J’ai commencé à ramasser mes affaires sur le sol et j’ai senti le liquide chaud couler le long de mon visage.» En sang, elle contourne alors l’hôpital pour gagner la réception et être prise en charge. Elle recevra quatre points de suture et se trouve actuellement en arrêt de travail.

Agresseur en fuite

Du côté de l’hôpital, on suit «le cas avec attention», commente Victoire Margairaz, rédactrice aux EHNV. La psychologue chargée du soutien aux équipes a été sollicitée, alors que la responsable de la sécurité s’est rendue sur les lieux dès que l’alerte a été donnée. «Nous nous concentrons pour le moment sur le soutien à apporter à la collaboratrice impliquée dans l’agression. Nous ouvrirons ensuite une réflexion sur la question de savoir si des mesures de sécurité supplémentaires doivent être mises en place», poursuit Victoire Margairaz, qui précise que le parking incriminé est éclairé durant la nuit.

Les forces de l’ordre, qui se sont rendues en nombre sur les lieux dès qu’elles ont été avisées de l’attaque, n’ont pas pu mettre la main sur le fuyard, malgré les recherches menées le soir-même. Pour tenter d’y voir plus clair, un appel à témoins a été lancé (lire encadré). Sandra se désole toutefois de ne pas pouvoir être plus précise quant au signalement de son agresseur. «C’était un homme noir, habillé tout en noir. Tout ce dont je me souviens, c’est de la fourrure qu’il avait autour de son capuchon. Il était jeune, mince, et courait vite. Mais je n’arrive pas à lui trouver un signe distinctif… Je ne peux pas aider la police à le retrouver. Je ne pourrais jamais le reconnaître, je n’ai même pas vu ses yeux.»

La trentenaire reste convaincue que c’est sa réaction qui a provoqué l’enchaînement dramatique qui a suivi sa rencontre avec l’individu: «à mon avis, il voulait juste que ça se passe sans accroc. Il a été très déboussolé car j’ai résisté. Sans ça, je pense que je n’aurais jamais vu son arme. Tout ce qu’il voulait, c’était prendre ce sac et partir en courant.» Elle se montre également fataliste: «J’aurais pu me faire agresser n’importe où. J’ai l’impression qu’il ne m’a pas regardée avant, il n’a même pas vu que je portais mon sac à main en bandoulière, dans le dos. C’est tombé sur moi et il a suffi d’un instant car, deux minutes après, l’un de mes collègues est passé sur le parking.»

Il n’empêche qu’elle doit désormais vivre avec les souvenirs de cette sombre soirée. «Ma blessure à la tête, ce n’est pas très grave. C’est psychologiquement que c’est difficile. Désormais, j’ai peur de travailler seule la nuit.»

*prénom d’emprunt

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Appel à témoins

La police recherche un homme, âgé entre 18 et 30 ans, de corpulence fine, mesurant entre 175 et 180 cm et de type africain. Le soir de l’agression, il était vêtu d’une veste d’hiver noire avec une capuche à fourrure, peut-être de couleur beige. Il portait un jean noir et des baskets de couleur identique. Il s’exprime en français, sans accent particulier. Le sac à main de la victime est également recherché. Il s’agit d’un sac de la marque Roxy à poignées violettes. Les témoins éventuels de cette agression et les personnes ayant des informations peuvent contacter les enquêteurs de la police de sûreté en appelant le numéro 021 333 5 333 ou en s’adressant au poste de police le plus proche. Com.

Caroline Gebhard