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«Quand la santé dit stop, elle dit stop»

2 mars 2020 | Edition N°2695

Défenseur de Stade Lausanne Ouchy depuis l’été dernier, Jérémy Manière a décidé de mettre un terme à sa carrière. Ses blessures à répétition au genou droit en sont la cause.

«J’annonce la fin de ma carrière. Le médecin me l’a affirmé, la blessure que j’ai eue au genou est en lien avec celle subie il y a deux ans, qui avait nécessité une opération. Je ne pouvais plus continuer dans cet état.» Les paroles de Jérémy Manière sont viscérales. Malgré sa mine déconfite, l’assurance qui l’a toujours caractérisé l’accompagne devant la poignée de journalistes présents au Stade Juan-Antonio-Samaranch, vendredi à Lausanne, pour le point presse organisé par son club, Stade Lausanne Ouchy.

Non, Jérémy Manière ne foulera plus les pelouses helvétiques, lui qui ne terminera pas le championnat avec ses coéquipiers. L’annonce est bouleversante, mais intervient après une décision mûrement réfléchie.

Un risque pour sa santé

«Lorsque cette nouvelle gêne s’est fait ressentir, dans le courant du mois de janvier, rien ne laissait présager une fin de carrière. Mais lorsque l’on sait qu’elle est apparue entre deux exercices, alors que j’étais simplement en train de marcher… Après une arthroscopie, les médecins se sont montrés unanimes: si je continuais, je courrais le risque de mettre ma santé en danger.» Dans ces conditions, le Vallorbier n’a pas eu d’autre choix que de dire stop.

Un brin fataliste, l’ancien joueur d’Yverdon Sport a surtout fait preuve de pragmatisme et de sagesse au moment de prendre sa décision. Après des discussions avec son agent, son entraîneur, ainsi que sa famille, il s’est rapidement rendu à l’évidence, sans pour autant nourrir de regrets. «J’aurais pu continuer quelques mois, au risque d’aggraver ma situation. L’idéal aurait été de pouvoir me relancer après cette saison passée au SLO, confie le Vallorbier. J’ai toutefois pesé le pour et le contre. Quand la santé dit stop, elle dit stop.»

Jérémy Manière a vécu onze saisons au plus haut niveau. Une longévité exemplaire, lorsque l’on connaît la rareté des places dans les deux premiers échelons du football suisse. Passé par YS, Thoune, Bienne ou encore le Lausanne-Sport, il avait finalement rebondi chez le voisin du sud l’été dernier.

Son agent Lorenzo Falbo, présent à ses côtés, a d’ailleurs tenu à louer les mérites de son poulain, tout en regrettant ses soucis de santé. «Pour moi, il prend la meilleure décision. Ce n’est pas qu’il ne veut plus, mais qu’il ne peut plus.» Et le défenseur de 28 ans d’ajouter: «Il y a une vie après le football.»

Une reconversion anticipée

Titulaire d’un master en management du sport, Jérémy Manière a notamment réalisé son travail de mémoire sur la thématique de la réforme de la Swiss Football League. Si le Nord-Vaudois n’occupera plus l’essentiel de son temps à freiner les attaquants adverses, il souhaite toutefois faire perdurer son activité dans le milieu du sport. «Je me vois bien m’impliquer dans un club ou au sein d’une institution sportive.» Une voie qui semble lui correspondre, lui qui admet avoir déjà des portes d’entrée.

 

Loris Tschanz

Rédaction