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Quand tourner en rond prend tout son sens

13 novembre 2019 | Edition N°2623

Hockeyeur en corpo depuis des années, Patrick Schweizer s’est reconverti dans la discipline de vitesse il y a deux ans. Un sacré challenge pour le quadragénaire qui a grandi à Vallorbe, lui qui a littéralement dû réapprendre à patiner.

Dans un virage, les patineurs s’inclinent jusqu’à 60 degrés. Une fois arrivés dans la ligne droite, les meilleurs spécialistes au monde atteignent les 60 km/h. Patrick Schweizer n’en est pas encore là. Il n’y sera jamais, lui qui s’est lancé dans sa nouvelle discipline, le short track, à plus de 40 ans.

Il faut dire qu’il n’est pas du genre à se tourner les pouces, malgré sa paternité. «J’ai touché à beaucoup de sports. J’ai notamment joué au tennis et pratiqué le VTT à Vallorbe», glisse le hockeyeur formé au HC Vallée de Joux. Aujourd’hui domicilié au Mont-sur-Lausanne, celui qui a grandi dans la Cité du fer a été freiné à 20 ans par une hernie discale. Cela ne l’a pas empêché de remettre les patins et de reprendre la canne en corpo, avec les Black Castors, à la Pontaise. «À vrai dire, le hockey ne m’a pas vraiment aidé pour le short track. Au contraire, la technique est complètement différente, et 35 ans d’habitudes, c’est dur à corriger», raconte-t-il. Avec des lames courbées et plus fines que celles des patins de hockey, il faut toujours se trouver sur les carres, sous peine d’aller s’écraser dans les coussins de protection.

Patrick Schweizer n’est toutefois pas du genre à abandonner facilement. Malgré des débuts ardus – les vidéos de ses premiers exploits lui valent les railleries de ses jeunes camarades –, le chauffeur des TL s’est accroché. «J’ai trouvé une équipe sympa, j’ai progressé et j’ai eu envie de persévérer», glisse-t-il, compétiteur dans l’âme. L’échéance des Jeux olympiques de la jeunesse approchant, il a rejoint un cadre d’entraînement quasi professionnel (lire encadré). Aujourd’hui, il patine trois fois par semaine dans le but de préparer les Mondiaux des plus de 30 ans (les Winter World Master Games) en janvier à Innsbruck, en Autriche.

Pour la relève, pour l’avenir

À Lausanne, il est le vétéran du groupe, qui compte entre six et huit pratiquants. «C’est bien différent de Schaffhouse (ndlr: l’un des deux autres clubs du pays), où il y a même des sexagénaires», fait-il remarquer, très investi dans son club. Le recrutement se trouve donc au cœur des préoccupations des Lausannois, qui espèrent profiter des épreuves de ce week-end (lire encadré) pour mettre en avant la discipline. «Souvent, les gens ne savent pas que ça existe ici, même au sein du Club des patineurs de Lausanne Malley.»

Le Lausanne Short Track propose ainsi des initiations gratuites et essaie de se faire connaître du mieux qu’il peut. «La discipline demande beaucoup au début, mais ça vaut la peine de persévérer», assure Patrick Schweizer, qui en est un parfait exemple. Après les JOJ, il s’agira de faire perdurer le club, et c’est là toute l’importance de mettre la vitesse supérieure.

 

Un galop d’essai avant les JOJ de janvier

Si le Lausanne Short Track – en fait une section du Club des patineurs de Lausanne Malley – a été créé, c’est en vue des Jeux olympiques de la Jeunesse de Lausanne en janvier 2020. Un évènement qui approche à grands pas dans la capitale olympique, et lors duquel les Vaudois présenteront deux athlètes. Une première pour la Suisse.

Alexia Turunen, 15 ans, de Belmont-sur-Lausanne, et Thibault Métraux, 17 ans, de Leysin, sont de purs produits du club. Tous deux participent déjà à des compétitions internationales, l’ancien hockeyeur ayant même été aligné aux Championnats du monde juniors et au Festival olympique de la jeunesse.

Mais avant de prendre le départ des JOJ, les deux jeunes patineurs de vitesse pourront d’ores et déjà concourir sur leur glace de Malley 2.0 de ce vendredi à dimanche, à l’occasion de l’ISU Short Track Junior Challenge Series, une compétition internationale organisée pour la première fois en Suisse romande. Entre 150 et 200 jeunes seront en lice. Un avant-goût de Lausanne 2020. Entrée libre, infos sur le site web www.lausanne-shorttrack.ch.

Manuel Gremion