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La quête du mouvement parfait

31 janvier 2018 | Edition N°2175

Tir à l’arc – Membre des cadres nationaux quasi depuis son arrivée à Yverdon-les-Bains il y a cinq ans, Jefferson Baudin a fait ses preuves chez les jeunes. A 20 ans, l’archer d’origine niçoise jongle entre son sport et ses études à l’EPFL.

 

Jefferson Baudin dispose d’infrastructures idéales au Centre d’excellence du Chalet-à-Gobet. ©Michel Duperrex

Jefferson Baudin dispose d’infrastructures idéales au Centre d’excellence du Chalet-à-Gobet.

Jefferson Baudin porte le maillot de l’équipe suisse, même s’il n’en a pas encore la nationalité. Arrivé il y a cinq ans à Yverdon-les-Bains avec sa maman, le jeune Niçois a rapidement intégré les cadres helvétiques de tir à l’arc, qu’il n’a plus quittés depuis. Sa capacité à faire mouche lui a permis de remporter deux titres suisses individuels, une fois en cadets, la suivante en juniors. Un palmarès auquel s’ajoutent plusieurs sacres par équipes avec ses camarades du club de Lausanne.

Entré cette année en catégorie senior, l’archer de 20 ans tentera de se qualifier pour les Championnats d’Europe, en Pologne. «Je peux défendre les couleurs suisses à des Européens ou des Mondiaux, mais sans passeport à croix blanche, je n’ai pas accès à des compétitions comme les Jeux olympiques ou des championnats universitaires», regrette celui qui s’est établi un peu trop tard dans le Nord vaudois pour avoir droit à des facilités dans ses démarches de naturalisation. «C’est quelque chose que je souhaite entreprendre dès que ce sera possible. A vrai dire, je me sens plus Suisse que Français, lâche-t-il, quasi sans accent perceptible. Je me sens bien depuis que je suis arrivé ici. Voilà aussi pourquoi cela aurait du sens d’obtenir la nationalité.»

 

La continuité du mouvement

 

Après quatre ans passés dans la Cité thermale, Jefferson Baudin a rejoint Morges en septembre dernier. L’ancien gymnasien étudie les mathématiques en 2e année à l’EPFL, où il retrouve la majorité de ses amis yverdonnois qui suivent la même filière. L’exigence de son cursus ne lui laisse toutefois que peu de temps pour sa discipline. «Heureusement, j’ai de la facilité. Je m’entraîne après les cours, principalement au Centre d’excellence de la fédération internationale de tir à l’arc, au Chalet-à-Gobet. Mais avec dix ou douze heures hebdomadaires, ce n’est pas suffisant. Chez les adultes, le niveau est nettement plus élevé qu’en juniors. Il va falloir que je puisse m’exercer de plus en plus, explique celui qui pratique aussi la musculation et la course à pied, nécessaires à son sport. Je renforce le dos, les triceps et les abdominaux, pour la posture et la stabilité.»

Car le tir à l’arc, ce n’est pas que l’œil. «Voir parfaitement le cœur de la cible n’est pas le plus important. C’est avant tout la continuité du mouvement, le fait d’accompagner la flèche qui importe, souligne le champion. Il faut se concentrer sur le geste, réussir à le reproduire. Automatiser la technique.»

L’hiver, en salle, le spécialiste de recurve (le type d’arc employé aux JO) concourt à 18 mètres. L’été, en extérieur, la distance passe à 70 mètres. «La transition est toujours un peu difficile», reconnaît celui qui a des records de 547 points sur 600 en indoor et de 642 sur 720 en plein air. Des scores qu’il compte bien améliorer pour continuer à représenter son pays d’adoption dans les grands événements.

 

Les cibles d’Yverdon en ligne de mire

 
Une étape de Coupe du monde à Berlin et les Championnats d’Europe en Pologne : voilà pour les deux échéances internationales que vise prioritairement Jefferson Baudin cette année. En ce qui concerne les JO 2020 de Tokyo, ses chances de pouvoir y prendre part sont compromises : «Pour le moment, je n’ai pas le niveau. Et puis, il y a ce problème de nationalité…»

Le reste du temps, le jeune homme tire lors de concours suisses ou français. Et il sera en lice à Yverdon-les-Bains le weekend des 10 et 11 février prochain, à l’occasion de la 28e édition de l’Yverdon Indoor, organisée à la salle des Isles par l’Archers Club de la Cité thermale. Une compétition dont il sera l’un des favoris.

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Manuel Gremion