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Raymond Glauser, hyperactif précurseur

12 mars 2019 | Edition N°2454

L’ancien buteur d’Yverdon Sport, fils du fondateur du FC Champvent et personnage souvent décrit comme «l’homme à tout faire» du club chanvannais se livre sur son rapport au football et à son club de cœur.

Depuis 52 ans, Raymond Glauser habite une ferme de Saint-Christophe. Un endroit calme et paisible situé quasi à égale distance entre Champvent au nord-est, Mathod au sud-est, Rances au sud-ouest et Baulmes au nord-ouest. Pourtant, la question de choisir entre l’un des trois clubs des villages qui l’entourent (le FC Mathod n’existe pas) ne s’est jamais posée à ce mordu de football. «J’ai grandi à Champvent. Alors, j’imagine que le choix s’est fait de lui-même», glisse aujourd’hui ce retraité actif, qui gère son exploitation avec son frère Antoine.

Au FC Champvent, il est présenté comme l’homme à tout faire du club. «Si on a besoin d’un trou dans un mur ou d’une bricole pour le terrain, on l’appelle et il rend service aussitôt», apprécie le président Claude Meylan. «C’était surtout vrai avant, tempère modestement le principal concerné. Aujourd’hui, j’en fais un peu moins. Même si je continue volontiers d’aider pour les divers évènements organisés au club.»

Il faut dire que Raymond Glauser a donné. Au «FC», comme il l’appelle, il a notamment œuvré comme président durant huit ans, dans les années 80. «A l’époque, on avait lancé le premier repas de soutien de la région, se souvient l’instigateur du projet. On avait vu ça à Echallens. Ici, personne ne le faisait. On avait attiré 150 convives, quelque chose comme ça. Et pourtant, il a fallu un petit moment avant que les autres nous emboîtent le pas. Quand on regarde aujourd’hui, il n’y a pas un club qui n’ait pas le sien.»

Hyperactif, l’homme a également doté Champvent de sa propre école de foot. «Les rapports entre Baulmes et nous n’ont de loin pas toujours été au beau fixe. Mais un jour, j’avais coincé le président baulméran. Je lui avais dit qu’il n’y a qu’en s’unissant qu’on pouvait construire une école de foot digne de ce nom. Cela avait fonctionné, les jeunes venaient s’entraîner chez nous au Battoir. Et, parmi nos premières volées de juniors, on avait eu les frères Sacha et Xavier Margairaz, avec leurs caractères déjà très différents. D’ailleurs, lorsqu’on est remontés en 2e ligue, l’effectif de la une était en grande partie composé de juniors du cru.»

Une famille dévouée au «FC»

Chez les Glauser, Raymond, qui n’est autre que le fils de Roger, fondateur du club en 1955, n’est pas le seul à respirer le football. Son épouse, Christine, a tout fraîchement laissé les rênes du repas de soutien, dont elle s’était toujours occupée. Son fils, Nicolas, est également une figure très connue du FCC, pour qui il chapeaute le marquage du terrain et entretient des infrastructures, notamment. «Et maintenant, il y a également le petit-fils qui se fait les dents à la trois.» Une raison de plus pour se rendre au bord du terrain.

D’ailleurs, que pense Raymond Glauser, réputé supporter exigeant, de la direction prise par Champvent aujourd’hui? «Il faut à tout prix rendre hommage au comité et à son président, qui font un boulot énorme. Concernant la une, on a une très belle équipe et un entraîneur talentueux. Mais soyons clairs: on s’attend à de meilleurs résultats! J’ai l’impression qu’il manque un peu de cet état d’esprit qui faisait toute la différence à l’époque. Enfin, il faut aussi dire qu’on était tous des gars d’ici. Aujourd’hui, le football a changé, les joueurs sont plus volatiles, ils s’identifient moins à une équipe.» Raymond Glauser, lui, n’a pas changé. Et si le «FC» a besoin de quelque chose, il sait où toquer.

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Un peu de Gerd Müller dans les pieds

Peu de clubs ont trouvé grâce dans le cœur de Raymond Glauser. Lorsqu’il y réfléchit, le Nord-Vaudois en sort trois du lot. D’abord, et non exhaustivement, il y a Yverdon Sport. L’homme y a joué durant plusieurs saisons, dans les années 70 et 80. «La première année, le club se trouvait au plus mal en 1re ligue, en position de relégable. Trois juniors A, dont je faisais partie, avaient été promus à la une cette année-là. J’avais marqué dès mon tout premier match. Le début d’une très belle période, où toutes nos rencontres étaient suivies par un bon millier de supporters.»

A la fin de l’aventure, l’attaquant était retourné à Champvent, son club de cœur dont il n’avait encore jamais porté le maillot. «YS avait fini par être relégué en 2e ligue, dans notre groupe. On avait perdu le premier derby 6-1… Le match suivant, on recevait le Saint-Prex de Pierre-Albert Chapuisat. On nous avait pris de haut comme jamais, en se moquant notamment de nos vestiaires. Résultat: une victoire pour nous, puis un match nul au retour!»

Depuis sa ferme de Saint-Christophe, Raymond Glauser s’intéresse aussi à la Bundesliga. Au Bayern Munich, surtout. Pourquoi? La réponse fuse: «Parce que Gerd Müller! Je l’adorais. Son physique trapu, sa vitesse d’exécution, son sens du but. J’étais un peu comme lui quand je jouais. Ou, disons, j’essayais de m’en inspirer.»

Florian Vaney