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Dans la région, les premiers efforts pour les moissons

7 juillet 2017 | Edition N°2033

Nord vaudois – Les céréales sont arrivées à maturité en avance sur le calendrier en raison de la météo de ce début d’été. Immersion au cœur de ce ballet d’engins.

La Mauguettaz : après le passage de la moissoneuse-batteuse, la paille est andainée, avant d’être ramassée et stockée. ©Michel Duperrex

La Mauguettaz : après le passage de la moissoneuse-batteuse, la paille est andainée, avant d’être ramassée et stockée.

Depuis plus d’une semaine, elles arpentent les champs dorés. Sous une chaleur de plomb et dans un décor de vieux western américain, la poussière soulevée dans le sillage des moissonneuses- batteuses trahissent la présence des céréaliers nord-vaudois, déjà à pied-d’oeuvre pour battre les champs d’orge. A cause des températures caniculaires de ces dernières semaines, les céréales sont arrivées à maturité avec une bonne dizaine de jours d’avance sur le calendrier.

«Les fortes chaleurs qui se sont abattues sur la région depuis quelques semaines, avec des températures qui ont parfois dépassé les 34 degrés, ont accéléré le processus de maturation de l’orge», confie Marc-Etienne Saugy, à la tête d’une entreprise familiale de battage à Pomy.

 

Rendement satisfaisant

 

Marcel Saugy, 70 ans, prend la pose dans un champ d’orge, à Cuarny. ©Michel Duperrex

Marcel Saugy, 70 ans, prend la pose dans un champ d’orge, à Cuarny.

Si la météo exceptionnellement caniculaire a contraint les céréaliers à sortir leurs batteuses du hangar plus rapidement que prévu, les agriculteurs n’ont toutefois pas de raison de s’inquiéter. Que ce soit pour le rendement ou la qualité du grain. «L’été, la chaleur n’a quasi pas d’effet sur le rendement, poursuit le Poméran de 45 ans, du haut de sa machine. C’est au printemps que tout se joue. Or, il a fait plutôt froid pour la saison, ce qui a retardé un peu la floraison. Les températures élevées de ces derniers temps ont finalement contrebalancé tout cela, sans avoir d’impact sur la qualité.» Au niveau du poids, on devrait tourner autour des dix tonnes par hectare. «Ce n’est pas exceptionnel, mais c’est tout à fait satisfaisant. Même si on ne peut pas toujours se fier dessus, le rendement de l’orge est plutôt de bon augure pour la récolte des autres types de culture», assure l’agriculteur (voir ci-dessous).

Une fois trié par la moissonneuse-batteuse, le grain est déversé dans les chars. ©Michel Duperrex

Une fois trié par la moissonneuse-batteuse, le grain est déversé dans les chars.

La récolte de l’orge donne, chaque année, le départ des moissons. Dès la semaine prochaine, le battage du colza et, surtout, du blé débutera. Une toute autre affaire pour les céréaliers. «Je travaillerai jour et nuit, au sens propre du terme, lâche Marc-Etienne Saugy. En seulement trois semaines, je vais devoir rentabiliser pas moins de quatre machines qui restent onze mois par année dans le hangar. Ce sera bien dix fois plus de travail que maintenant.»

 

L’orge, cette céréale précoce mais peu rentable

 

Le battage du colza devrait débuter ce week-end ou la semaine prochaine déjà. ©Michel Duperrex

Le battage du colza devrait débuter ce week-end ou la semaine prochaine déjà.

Les moissons commencent toujours par l’orge, avant le blé et le colza, puis toutes les autres cultures, dont le cortège s’étalera jusqu’en septembre. Si l’orge est la céréale la plus précoce, elle n’est de loin pas la plus rentable. Le quintal n’est rémunéré que de 34 francs. «Mais les producteurs ont des quotas. Ils ne peuvent pas cultiver que les céréales les plus rentables, comme le blé. Alors il y a des rotations», explique Marc-Etienne Saugy.

 

Une affaire de famille

 

Des balles roses aux airs de marshmallows trônent à Villars-sous-Champvent. ©Michel Duperrex

Des balles roses aux airs de marshmallows trônent à Villars-sous-Champvent.

La récolte de céréales, c’est une véritable affaire de famille chez les Saugy, à Pomy. Tous les étés, Marc-Etienne Saugy, mais aussi son père, Marcel, et ses deux fils, âgés de 16 et 19 ans, arpentent les champs de la région lors de la période des moissons.

De Pomy à Usins, en passant par Cronay, Rueyres, Chapelle-sur-Moudon ou Yverdon-les-Bains, l’entreprise familiale, propriétaire d’un parc de quatre moissonneuses- batteuses, bat quelque 450 hectares de culture, toutes céréales comprises. «On travaille pour plusieurs clients des environs. Alors l’été, lorsqu’il y a plusieurs jours à la suite où il fait beau, on travaille beaucoup et les nuits sont courtes», confie Marc- Etienne Saugy.

Véritable mastodonte d’acier sur roues, la moissonneuse-batteuse avale les hectares, de jour comme de nuit. ©Michel Duperrex

Véritable mastodonte d’acier sur roues, la moissonneuse-batteuse avale les hectares, de jour comme de nuit.

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Simon Gabioud