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Remettre le temple au milieu du village

13 juillet 2020 | Edition N°2755

Bullet – À peine inauguré, le premier centre taoïste d’Europe a dû fermer ses portes en raison du Covid. Aujourd’hui, il les rouvre mais avec une autre vision.

Le projet paraissait fou: réunir sous un même toit un hôtel, un restaurant, un temple, des salles de séminaire à louer, un cabinet médical et des cours de spiritualité et méditation. Et pourtant, il a bien pu se réaliser. Inauguré en novembre dernier, le centre taoïste Ming Shan a démarré ses activités sur les chapeaux de roues, avant de s’arrêter net en mars en raison de la pandémie. L’occasion pour son directeur, Fabrice Jordan, d’ajuster quelques fausses notes. «On a réalisé que les gens n’osaient pas forcément entrer sans être inscrit à un atelier dans le centre, explique-t-il. On a donc décidé de clarifier les choses.»

Par exemple, l’hôtel-restaurant fonctionne comme n’importe quel établissement du genre (lire encadré). Rouvert depuis le 6 juillet, il dispose de son propre site internet et a été référencé sur les plateformes usuelles. «C’est tout bête, mais maintenant qu’on a mis une terrasse avec des parasols rouges, on voit que les cyclistes osent venir», poursuit le médecin.

Planning revu

En plus de mieux séparer les activités de Ming Shan, Fabrice Jordan a été contraint de revoir son planning de cours. «Comme les professeurs et autres grands maîtres sont bloqués en Chine, et certainement jusqu’en 2021, j’ai dû réfléchir à un moyen d’animer nos ateliers par nos propres ressources.» Ainsi, dès l’automne, le directeur partagera son temps entre son cabinet médical – sur site – et l’enseignement de pratiques taoïstes, mais à sa façon. «En gros, on avait deux solutions: soit demander aux locaux de venir dans quelque chose de très spécifique, ce qui est très difficile; soit parler de problèmes occidentaux, comme le burn out ou comment se remettre d’une chimiothérapie ou d’un licenciement, en se débrouillant pour utiliser des éléments taoïstes à bon escient pour aider les gens.» Et le médecin d’ajouter: «J’aime que la spiritualité soit rock’n’roll.»

Pour l’été, le centre Ming Shan proposera aussi un florilège de rendez-vous, imaginés pour compléter l’offre culturelle et touristique du Balcon du Jura. Il y en aura pour tous les goûts et tous les âges: de la cueillette de fleurs à la calligraphie chinoise en passant par des balades sous la pleine lune, des ateliers culinaires et une initiation aux mythes et contes de l’Empire du Milieu.


«Sans chichis mais chaleureux»

Des bikers de la Charity Race de Bullet aux randonneurs en passant par les adeptes de taoïsme, le centre est ouvert à tous et c’est le message que le directeur souhaite faire passer. Autant l’hôtel que le restaurant se veulent «sans chichis mais chaleureux», selon Fabrice Jordan. Quant à la cuisine, elle change un brin d’orientation. La cheffe Judith Baumann, célèbre pour ses plats sauvages et poétiques, a confié sa toque à Clément Godard et Pierre Delange, tout en restant dans la maison. La carte devient «sauvagement local», du nom du site, mais elle intègre aussi de la viande et du poisson, pour ravir les palais du grand public.

Christelle Maillard