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Réunion sur les traces de Frère Roger

12 mai 2015

Provence – Les 100 ans de la naissance du fondateur de la communauté de Taizé ont été commémorés le week-end dernier. Rencontre avec les pèlerins.

Après une bonne marche, le repos était de mise au jardin de la Cure. © Gabriel Lado

Après une bonne marche, le repos était de mise au jardin de la Cure.

Le soleil tape fort dans les rues de Provence, que des grappes de marcheurs arpentent en direction de la Cure, l’endroit où Frère Roger a passé son enfance et son adolescence. Bernadette et Marie se rafraîchissent à une fontaine avant d’entamer la dernière montée qui les sépare de leur destination. La première d’entre elles vient de Bourges, en France, et loge, avec sa soeur d’Auvergne, à Lausanne, chez sa belle-fille et son fils. Sa jeune camarade de route, avec laquelle elle vient de faire connaissance, s’est vue attribuer la fonction de «voiture-balai», en tant que membre du comité d’organisation.

Le départ du pèlerinage en l’honneur de Frère Roger a été donné environ quatre heures plus tôt, à 11h, devant l’église de Concise, où un culte avait précédemment eu lieu. L’itinéraire est passé par Vaumarcus, dont le Camp, un «centre de rencontres, de formation et de vacances», fête ses 100 ans cette année. «Un pique-nique y a été organisé. Nous avions à coeur de nous y rendre, car c’est un lieu symbolique d’accueil international», relève Anne-Christine Rapin, pasteure de la Paroisse de Montagny-Champvent.

La prière de Taizé s’est déroulée à l’église de Provence. © Gabriel Lado

La prière de Taizé s’est déroulée à l’église de Provence.

Devant la Cure, où tout le monde s’est rassemblé, plusieurs groupes sont formés en vue de la suite du programme. Alors que certains visitent l’endroit, aujourd’hui inhabité, qui a vu naître Frère Roger sous la conduite du pasteur de la Paroisse du Mont-Aubert Samuel Gabrieli, d’autres se délectent du goûter proposé à la salle de paroisse, ou se reposent dans le jardin offrant une magnifique vue sur le lac. Hélène fait partie des derniers cités. Allongée dans une véritable prairie naturelle, cette habitante de La Tour-de-Peilz est membre d’un groupe qui se réunit régulièrement pour «prier et chanter Taizé». La communauté, elle l’a découverte dans sa jeunesse, en participant à une semaine en silence avec son frère. Elle y retourne «de temps en temps, pour recharger les batteries» et est heureuse d’avoir eu l’opportunité de visiter l’endroit où Frère Roger a fait ses premiers pas.

«La pivoine est toujours là», s’exclame-t-elle, en référence à une anecdote qui lui a été racontée précédemment. «Le jour de son anniversaire, Frère Roger dévalait les escaliers pour aller vérifier si la première de ces fleurs s’était ouverte», explique-t-elle.

Le fondateur de Taizé, certains l’ont rencontré, comme le Pulliéran Christophe, qui se souvient d’une «figure rayonnante». «Je suis ici car Frère Roger a marqué ma vie. Ma femme est Américaine et, lorsque je l’ai rencontrée en Italie, j’ai tout de suite remarqué qu’elle portait la petite colombe symbole de la communauté», ajoute-t-il.

D’autre n’ont pas eu cette chance, à l’image de Hal, du Wisconsin, dont le premier pèlerinage à Taizé date de 2006, soit un an après le décès tragique de l’homme de foi (lire ci-dessous). Pour cet Américain, Frère Roger «exemplifie l’humilité. Il a démontré qu’il n’était pas nécessaire de mener à bien de grandes choses, mais que l’on pouvait en réaliser de petites avec amour et résolution», raconte le jeune homme parti à la découverte des communautés monastiques européennes, et qui séjourne dans celle de Grandchamp (Areuse) , jusqu’à la fin du mois.

Selon les organisateurs, une septantaine de personnes se sont retrouvées à Vaumarcus, et l’église de Provence a réuni plus de 150 personnes pour le culte clôturant la journée. «C’est quasi inattendu. Les gens du village nous ont dit qu’il n’avaient pas vu une telle affluence depuis vraiment longtemps», se réjouit Anne-Christine Rapin.

 

Une invitation de la communauté de Taizé

Roger Schutz, alias Frère Roger, avait vingt-cinq ans lorsqu’il a quitté son village natal de Provence -dont la paroisse avait son père pour pasteur- à destination de la France occupée. C’est à Taizé, en Bourgogne, qu’il a décidé de s’établir et de fonder, en 1940, une communauté vers laquelle de nombreux jeunes chrétiens affluent chaque année. Outre les 75 ans de cette organisation monastique oecuménique, l’année 2015 marque les cent ans de la naissance de Frère Roger, mais aussi les dix ans de sa mort, lui qui fut assassiné en août 2005, alors qu’il participait à la prière commune avec des milliers de pèlerins, à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse.

Anne-Christine Rapin, pasteure de la Paroisse de Montagny-Champvent depuis août dernier, accompagnait de jeunes Chablaisiens dans cette véritable «tour de Babel», il y a un peu plus d’un an, à Pâques, lorsque les membres de la communauté bourguignonne les ont invité à organiser un événement pour commémorer l’anniversaire de Frère Roger. Une dizaine d’entre eux ont relevé le défi en proposant, hier, une journée sur les traces du fondateur de Taizé. A noter que des prières sont organisées aujourd’hui, jour de la naissance de Frère Roger, aux quatre coins de la Suisse. Dans la région, les rendez-vous sont fixés à 19h15, à l’église de Chambon, et demain, à 9h30, à la salle des Cloîtres de Grandson.

Ludovic Pillonel