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Romain Tanniger se dévoile hors piste

6 avril 2016 | Edition N°1716

BMX – Le pilote de Grandson était l’invité du Club des Milles, hier. Il a pu faire découvrir sa discipline à des passionnés du ballon rond. La magie a opéré.

© Michel DuperrexChef de fil du BMX masculin dans le Nord vaudois, Romain Tanniger n’a pas hésité à prendre son vélo jusque dans la salle du Kalaya, à Yverdon, pour présenter sa carrière et son sport aux membres du Club des Milles, le club de soutien d’Yverdon Sport. Les amateurs de football ont, ainsi, pu découvrir une autre discipline qui marche fort dans la région, guidés par un pro.

Voilà un peu plus de deux ans que le Grandsonnois vit pour son sport (on ne peut pas dire «de son sport», sa pratique lui coûtant plus d’argent qu’elle ne lui en rapporte). Matricule 50 mondial, Romain Tanniger partage son temps entre ses propres entraînements, ceux qu’il donne au sein du BMX-Club Nord vaudois, et sa casquette de préparateur physique, qu’il enfile pour les jeunes footballeurs de Team Vaud Yverdon. «En gros, je passe trois jours par semaine à Aigle, sur la piste du Centre mondial du cyclisme, a-t-il affirmé, en dépeignant son quotidien. L’entraînement est très varié, je travaille la musculation, la vitesse, l’explosivité et je vais, aussi, rouler sur route pour l’endurance.»

On est loin des débuts de la discipline, vers la fin des années 1960, quand des Californiens, qui n’avaient pas les moyens de se payer une moto de cross, ont choisi de faire pareil avec des vélos, afin de s’amuser. «Tout s’est accéléré au début des années 2000, à partir du moment où la discipline a été annoncée comme faisant partie du programme olympique de Pékin 2008», a relaté le Bocan de 22 ans.

Le milieu a acquis un nouveau statut, mais ce n’est pas pour autant que ses meilleurs représentants peuvent en vivre. «Il y a, peut-être, trois ou quatre pilotes qui y parviennent, a estimé Romain Tanniger. En Suisse, la fédération n’a pas les moyens de prendre en charge tous nos déplacements, par exemple.» Une saison lui coûte -sans son vélo, fourni par un fabricant- quelque 25 000 francs. C’est à lui de dénicher des soutiens financiers. «Par conséquent, et même si je m’y consacre totalement, le BMX, ce n’est pas tout à fait mon métier, mais une énorme passion.»

Culbutes et positivisme

Devant une assemblée conquise par son exposé, Romain Tanniger n’a pas manqué d’évoquer les spectaculaires gamelles -vidéo à l’appui-propres au bicross. Mais le Nord- Vaudois est un solide: «Pour le moment, j’ai de la chance avec les blessures, j’ai été plutôt épargné. Je me suis cassé quelques fois la clavicule, un pouce ou l’autre et, plus jeune, j’ai perdu une partie d’un rein.» C’est un positif, aussi.

Encore en lice pour Rio

La Suisse n’a, pour le moment, droit qu’à un ticket pour l’épreuve masculine de BMX des Jeux olympiques de Rio. Actuel deuxième de la hiérarchie nationale, Romain Tanniger est à la lutte avec trois autres pilotes pour se rendre aux JO. En cette première moitié d’année, il va enchaîner les épreuves de niveaux européen et mondial, afin de remporter des points, tant individuellement que pour l’équipe nationale. Il n’est, en effet, pas impossible que la Suisse obtienne une deuxième place pour le rendez-vous brésilien.

«Tout est encore ouvert, même si ce sera chaud, reconnaît-il. Cela ne fait que deux ans que je suis sur le circuit élite et je suis jeune. Alors, si je ne parviens pas à me qualifier, j’aurai une nouvelle opportunité dans quatre ans.» Quand il devrait être au sommet de sa carrière.

Manuel Gremion