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Sébastien Cala rêve de nouveaux tremplins pour la vallée de Joux

27 décembre 2016 | Edition N°1900

Saut à skis – Le Combier, nouveau chef de la discipline à Ski Romand, souhaite intégrer son projet à la création du centre nordique prévu pour les JOJ de Lausanne 2020.

Sébastien Cala espère que la base de la pyramide du saut à skis romand puisse s’élargir. ©Michel Duperrex

Sébastien Cala espère que la base de la pyramide du saut à skis romand puisse s’élargir.

Le saut à skis romand, et vaudois plus particulièrement, est de retour sous le feu des projecteurs.

Le mérite en revient à Gabriel Karlen et Killian Peier. Les deux jeunes hommes, respectivement de Rougemont et de La Sarraz (ainsi que du Ski-Club Vallée de Joux pour le second), parviennent, peu à peu, à se faire une place en Coupe du monde, dans le sillage de Simon Ammann. Une vitrine idéale pour la discipline dans nos contrées. Littéralement un tremplin, aussi.

Chef du saut à skis et du combiné nordique à Ski Romand (qui regroupe les athlètes vaudois, fribourgeois et genevois) depuis cette année, Sébastien Cala foisonne d’idées pour dynamiser la discipline qui lui a permis de vivre Universiades et Championnats du monde juniors. A 28 ans, le Combier, par ailleurs enseignant et entraîneur, a succédé au Morgien Ueli Anken. Et il a du travail plein les bras.

On le sait depuis l’attribution des Jeux olympiques de la jeunesse 2020 à Lausanne, la vallée de Joux prépare la création d’un centre nordique. C’est aux Grandes Roches, d’ailleurs, que devront se dérouler les épreuves de ski de fond. Une occasion que les sauteurs ne veulent pas manquer. «On souhaite intégrer des tremplins au projet, en profitant de l’engouement pour les JOJ, révèle Sébastien Cala. L’étude est en cours.»

Dans les faits, trois élançoirs, de 15, 30 et -surtout- 50 mètres sont envisagés. «C’est ce qui manque dans la région», ajoute le chef de la discipline, avant de rappeler : «La Vallée est un lieu mythique du ski nordique. Il y a une longue et belle histoire de saut à skis avec la Chirurgienne, qui a accueilli des épreuves de Coupe du monde.» Un glorieux passé que Sébastien Cala aimerait réanimer un peu. «Si on vit à nouveau une belle période concernant la qualité de nos sauteurs, c’est plus difficile en matière du nombre de pratiquants. Il y a entre quinze et vingt sauteurs régulièrement actifs en Suisse romande, alors que des pays comme la Slovénie ou la Norvège en comptent des milliers. Or, pour recruter, on a besoin de tremplins.»

En l’état actuel des choses, dans le giron de Ski Romand, il y a deux tremplins de 10 et 30 mètres aux Diablerets, un K30 aux Charbonnières qui n’est ouvert qu’une fois par hiver, et un d’initiation au Brassus. Une donne qui contraint les sauteurs de la région à se rendre en France voisine -du côté des Tuffes et de Chaux-Neuve- ou à Kandersteg pour s’exercer. Ce, malgré de sacrées compétences : Sylvain Freiholz, par exemple, est à la tête de la discipline au SC Vallée de Joux.

Centre de performance

La réflexion ne se limite pas à la réalisation de trois tremplins aux Grandes Roches. «On aimerait y créer un centre régional de performance pour le ski nordique, dévoile Sébastien Cala, cette fois dans son costume de membre du comité directeur de Ski Romand. Il en existe déjà un à Bulle pour l’alpin. En outre, le Giron jurassien vient de créer le sien pour les disciplines nordiques à La Chaux-de-Fonds.» Une structure sport-études, en somme.

Sur le plan national, les meilleurs sauteurs de Ski Romand sont préparés au sein de l’équipe West, dont font également partie les Bernois. Ses (immenses) skis à portée de main, Sébastien Cala y donne un coup de main à l’entraîneur Arnaud Bousset. Outre Karlen et Peier, issus de la filière, Sandro Hauswirth, de Gstaad, a aussi intégré les cadres de Swiss Ski. «La structure fonctionne depuis huit ans. Elle est efficace, assure l’ex-sauteur du Brassus. Mais on s’est aperçu que le palier entre les clubs formateurs et la West était important.» D’où la création, depuis cette année, d’un échelon intermédiaire, Kids West, qui réunit les meilleurs jeunes.

Un pas de plus dans la bonne direction pour Ski Romand et Sébastien Cala. «Le but est de pérenniser la structure actuelle et de redynamiser le saut à la base», résume le Combier. Les chantiers sont en cours.

De sauteur à dirigeant

S’il a arrêté de concourir officiellement en 2010 déjà, Sébastien Cala n’a jamais quitté le milieu du saut à skis. Il n’a jamais, non plus, arrêté de sauter pour le plaisir. Le multiple médaillé aux Championnats de Suisse -il a encore remporté une breloque de bronze par équipes cette année, en sautant avec ses camarades de Ski Romand «pour dépanner »- est de la génération à Rémi Français. En 2009, le sauteur du Brassus a participé aux Universiades de Yabuli, en Chine, sous les couleurs de la France, dont il détient également la nationalité. Devenu ensuite entraîneur il est, désormais, aussi dirigeant.

Manuel Gremion