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Septante reines à l’assaut du ring

5 octobre 2018 | Edition N°2345

Essertines-sur-Yverdon – Trois paysans du cru organisent dimanche un combat de vaches d’Hérens.

A peine rentrée d’un combat de reines en Valais, Corail est déjà prête à remonter sur le ring. Et cela s’est senti dès qu’elle a fait un pas hors de l’étable hier, car la vache d’Hérens de Christian Gonin s’est mise à sautiller et à courir. Et même si l’agriculteur d’Essertines-sur-Yverdon a l’habitude des génisses, il n’a pas pu rester sur ses deux jambes lorsque les 699 kilos de l’animal l’ont bousculé. «D’instinct, elles ont envie de corner!», lance-t-il en se relevant. Ce jour-là, ils ont dû se mettre à trois pour tenir Corail le temps d’une photo. Calmée par les flashs, elle a ensuite été escortée, telle une star, dans son box privatif. Et malgré son envie de bagarre, la génisse ne participera pas au combat de reines que son propriétaire et les deux autres membres de l’Amicale des vaches d’Hérens du Nord vaudois sont en train de mettre en place juste devant son enclos.

Christian Gonin, Thierry Jaquier et Sylvain Blanchard organiseront leur cinquième combat de reines à Essertines-sur-Yverdon, dimanche. Et plus de septante vaches d'Aérants seront au rendez-vous. © Carole Alkabes

Christian Gonin, Thierry Jaquier et Sylvain Blanchard organiseront leur cinquième combat de reines à Essertines-sur-Yverdon, dimanche. Et plus de septante vaches d’Hérens seront au rendez-vous. © Carole Alkabes

Christian Gonin, Sylvain Blanchard et Thierry Jaquier œuvrent en effet depuis l’été pour organiser la cinquième édition de cette manifestation unique en son genre dans la région. Planifiée tous les deux ans, elle réunira dimanche (dès 10h) plus de septante génisses romandes à Essertines-sur-Yverdon. Les animaux seront répartis en sept catégories pour s’affronter en petit groupe sur le ring. «Peu importe leur poids et leur âge, elles sont agressives et elles vont se battre jusqu’à ce qu’il y ait une cheffe!», explique Sylvain Blanchard, qui souhaite faire découvrir sa passion et la race d’Hérens au public par le biais de cet évènement. S’il espère la venue d’environ 500 personnes, le Nord-Vaudois sait déjà qui il retrouvera autour du ring et, plus tard, sous la cantine: «Il y a souvent les mêmes éleveurs (ndlr: dont une quinzaine de la région), car il y a une sympathique rivalité qui fait qu’on veut toujours battre celui qui nous a vaincu la fois d’avant.» Reste à déterminer qui seront les cinq meilleures de chaque groupe qui repartiront avec un prix.


Corail en finale nationale

Le numéro 54 a fait fureur dimanche dernier à la Foire du Valais, puisqu’il s’est qualifié pour la finale nationale des combats de reines dans la catégorie lourde. Ce champion s’avère être une championne, et elle s’appelle Corail. «Elle a bien lutté», confie Christian Gonin. Selon lui, elle doit davantage sa place à son humeur qu’à son expérience. «Cela dépend si elle est dans un bon ou un mauvais jour, car on ne peut pas entraîner un animal au combat. Enfin… peut-être que les Valaisans ont des astuces qu’on ignore!»

Christelle Maillard