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Sortirez-vous indemne d’Henigma?
Charlotte Zanin et Pierre-Yves Franzetti. © Michel Duperrex

Sortirez-vous indemne d’Henigma?

10 juin 2021

Henigma, ou le temple du jeu, ouvre jeudi ses portes à Y-Parc. D’aventures en défis, les visiteurs seront plongés dans un sombre royaume qui leur emmêlera les neurones.

Vite, le temps presse! On entend déjà les pas du gardien de Prison Island qui monte les marches de l’escalier…. Il ne reste plus qu’une poignée de secondes pour déchiffrer le code secret caché dans les tableaux, accéder au coffre-fort et sortir de la pièce avant d’être pris la main dans le sac!

Au deuxième étage d’Explorit, il n’y a qu’une seule règle: survivre. Pour cela, il faut autant d’adresse que de force et d’intelligence pour résoudre les énigmes et défis des 26 cellules de Prison Island alors que le temps est compté. Autant dire qu’on oublie la peur de la honte quand on doit se mettre à danser et les mauvais souvenirs des cours de gym lorsqu’il s’agit de viser des rats avec des ballons. Et s’il faut tirer sur son ami pour sauver sa peau, tant pis!

Henigma révélera le côté sombre de la force. Mais encore faut-il ne pas se tromper de porte! A gauche se trouve le royaume des enfants, avec les adorables personnages de Kindercity, et à droite celui des adultes, un univers bien plus obscur. «On a clairement voulu montrer aux visiteurs que les enfants sont plutôt de l’autre côté et qu’ici, même s’ils sont les bienvenus, c’est plus un lieu pour les adultes», indique Charlotte Zanin. Avec de pareilles phrases, on peut s’attendre à tout, surtout venant de la directrice d’Henigma. «Il faut au minimum avoir 8 ans pour jouer à Prison Island, parce qu’il y a des cellules qui peuvent choquer la sensibilité des plus jeunes!» rigole Pierre-Yves Fanzetti, fondateur d’Henigma, basé en Valais.

La première succursale de l’entreprise valaisanne ouvre aujourd’hui ses portes à Yverdon, au deuxième étage du lumineux bâtiment d’Explorit, à Y-Parc. Et le décor plonge immédiatement le public dans un univers résolument steampunk et cinématographique, bien loin du site «chouki et mignon» de Sion. Du noir, du fer et un style industriel s’entremêlent pour donner un look sombre et intrigant. De quoi mettre dans l’ambiance non seulement ceux qui viennent boire un verre et jouer à un jeu de société, mais aussi ceux qui sont en quête de sensations fortes. Car dans ce domaine-là, le menu s’annonce copieux. Henigma propose pas moins d’une quinzaine de scénarios différents pour s’amuser en famille ou entre amis (lire encadré bleu). Le plus populaire reste Prison Island, qui cumule quelque 1200 entrées mensuelles à Sion, contre 200 pour les autres services. «On va chercher les tripes les plus dark qui sont en vous, assure Charlotte Zanin. Vous ne verrez plus jamais vos proches ou vos collègues de la même façon!»

Henigma proposera également quelques surprises qui ne sont pas encore à la carte, comme des soirées à thème. «On n’est pas très classiques, comme vous l’aurez remarqué, alors nos soirées ne le sont pas non plus!» sourit Pierre-Yves Fanzetti, qui adore également cultiver le mystère. «Lorsqu’on a organisé une soirée année 1920 à Sion, par exemple, on a fait des recherches pour créer une vraie atmosphère, des costumes aux couleurs en passant par la musique et les mets à déguster: tout était imaginé pour coller au thème», raconte Charlotte Zanin, qui a hâte de pouvoir créer une immersion dans les pubs anglais tout prochainement. «On fait aussi des soirées Times Up, par exemple.»

Toujours partants pour jouer et tester de nouveaux challenges, ces deux-là ne seraient-ils pas finalement et simplement de grands enfants? «Non, je n’aime pas utiliser ce terme, mais c’est vrai qu’on aime bien les jeux et, malheureusement, il n’y a pas beaucoup d’endroits où les adultes peuvent s’amuser», déclare Charlotte Zanin. Un brin gêné par les propos de sa collègue, Pierre-Yves Fanzetti rebondit en levant la manche de son t-shirt: «On n’est pas de grands enfants mais j’ai quand même les enfants perdus de Peter Pan tatoués sur le bras!»

 

Infos pratiques

 

Prison Island, le concept: les visiteurs achètent un nombre de minutes durant lesquelles ils seront enfermés dans Prison Island. Là, ils découvriront que les 26 cellules d’Yverdon cachent des énigmes. Plus on en résout, plus on gagne de points! Et si on se trompe? Pas grave, on

peut recommencer, car ici le but n’est pas de s’échapper de la cellule, mais de réussir les défis.
Pour qui? Tout le monde, dès 8 ans. Maximum quatre personnes par groupe et pas plus de 20 équipes en même temps.

Tarif classique: 1 heure = 30 francs; 2h = 50 francs; 3h = 70 francs; puis 14 francs chaque heure supplémentaire. Packs disponibles.

Infos: henigma.ch

 

Et si vous pouviez piéger votre patron?

 

Le boss a encore fait des siennes aujourd’hui? Vous rêvez de pouvoir lui rendre la monnaie de sa pièce de façon sympa, histoire de ne pas perdre votre travail? Henigma a la solution: Individuo. Il s’agit de l’une des prestations que la firme valaisanne propose dès aujourd’hui à Yverdon. Le concept est simple: piéger, avec l’aide de ses proches, un ami, un membre de sa famille ou… un chef! Et tout est possible pour les organisateurs: faux kidnapping, interrogatoire, changement de décor, se réveiller dans un autre pays… La blague peut durer de deux heures à un week-end en fonction du porte-monnaie et tout est fait sur mesure.

Outre Individuo et Prison Island, développé et importé par des Suédois, Henigma propose aussi des aventures en réalité virtuelle et les Studios, tous deux créés par une équipe romande. «C’est difficile à montrer, les Studios, car ce sont des simulateurs émotionnels», note Pierre-Yves Fanzetti. Mais encore? «L’idée est d’immerger une personne ordinaire dans une vie extraordinaire. Une fois le scénario choisi, on vous déguise, on vous maquille, on vous donne un rôle et, ensuite, c’est à vous de résoudre un crime, de devenir une star, de remonter une filière de drogue à la Casa de Papel, etc.», reprend Charlotte Zanin.

 

Enfin!

 

On n’y croyait presque plus, mais le grand jour est enfin arrivé. La société valaisanne Henigma ouvre les portes de son temple du jeu aujourd’hui, plus de cinq mois après la date annoncée. Sa directrice avait pourtant annoncé la date du 18 décembre. Mais depuis fin 2020, les patrons ont disparu des radars. Plus aucune communication, plus personne dans les locaux et toujours pas de nom affiché sur le bâtiment d’Explorit. Pire encore, l’enseigne «coworking» a été installée à l’étage où devait venir Henigma. Et des rumeurs sur l’abandon du projet se sont mises à circuler, jusqu’à ce que les premières annonces de recrutement apparaissent sur internet. «Non, on n’a jamais eu l’intention de ne pas venir ici. J’espère bien qu’on ouvre!» rétorque Pierre-Yves Fanzetti.

Avant que Charlotte Zanin ne détaille: «On était prêts le 18 décembre, mais lorsqu’on a appris qu’on n’allait pas pouvoir ouvrir, on a plié bagage. On ne s’attendait vraiment pas au deuxième confinement. On est revenus à Yverdon il y a trois semaines seulement.» Mais désormais, tout est en place. Il ne manque plus que le public… «Et le vin vaudois, rigole Pierre-Yves Fanzetti, précisant qu’il était en chemin. Il ne reste plus qu’à savoir comment les Vaudois vont réagir, parce qu’à Sion, on subit beaucoup de pics en fonction de la météo.» Alors, les Nord-Vaudois seront-ils davantage joueurs que les Valaisans?

Christelle Maillard