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Et soudain, le monde s’est écroulé

13 novembre 2017 | Edition N°2122

Football – Promotion League – Köniz a marqué trois fois entre la 87e et la 93e, samedi dernier au Stade Municipal, et Yverdon Sport s’est incliné 3-4. Bien plus qu’une défaite, pour des Yverdonnois qui laissent filer le duo de tête.

David Marazzi et Esteban Rossé se tamponnent : YS s’est un peu battu tout seul, samedi. ©Champi

David Marazzi et Esteban Rossé se tamponnent : YS s’est un peu battu tout seul, samedi.

Il n’était pas exagéré de parler d’un match référence. C’est simple, s’il avait fallu, à dix minutes du terme, élire le ou les meilleur(s) joueur(s) dans les rangs d’Yverdon Sport, samedi dernier face à Köniz, on en aurait été purement et simplement incapable, tant chacun avait su s’élever au niveau de son voisin. Titularisé pour la deuxième fois consécutive sur l’aile droite, David Marazzi avait réalisé sa performance la plus aboutie de la saison, marquant même le but du 3-1. Djibril Cissé, pour sa part, s’était donné corps et âme au service de ses coéquipiers, faisant trembler les filets à deux reprises (comme d’habitude) et acceptant d’aller chercher des ballons très bas sur le terrain (ce qui est un peu plus rare). Et que dire de l’attitude d’Yverdonnois qui, malgré le froid et la pluie, sont allés au combat avec une envie rarement aperçue au Stade Municipal ?

 

Le mauvais calcul

 

En clair, YS a voulu envoyer un signal fort. Oui, les Nord-Vaudois n’étaient pas au mieux ces dernières semaines, mais tout était rentré dans l’ordre. Mieux, la troupe d’Anthony Braizat devait même avoir compris la leçon et être ressortie grandie de ces turbulences. Sauf que cette volonté, qui a sauté aux yeux 85 minutes durant, a fini par causer la perte du navire yverdonnois. Parce qu’Aurélien Chappuis et ses coéquipiers ont joué, encore et encore, sans jamais s’arrêter ni chercher à mettre le pied sur le ballon, même lorsqu’ils ont mené de deux longueurs. Pas de temps mort, juste une soif démesurée de faire mal à l’adversaire. A 200 kilomètres, Kriens devait commencer à trembler en vue de la «finale » de samedi prochain. Puis tout s’est effondré. En cinq minutes, tout juste. Trois goals encaissés et autant de points partis en fumée et des regrets qui ne disparaîtront pas. Pas cette fois.

Yverdon a été puni d’avoir voulu jouer. Et ce n’est pas une excuse, car l’erreur d’avoir refusé d’effectuer le moindre calcul est énorme, et son prix l’est encore davantage. Pour conclure un bien triste samedi de novembre, le rêve de Challenge League s’en est allé, quelque part entre les trombes d’eau, le brouillard et les nuages. S’il refera son apparition ? Rien n’est moins sûr. Car cette rencontre va laisser des traces, qu’elles soient physiques ou mentales, en coulisses ou sur le terrain, et qu’il va falloir se déplacer en terres lucernoises, dans cinq jours, avec la peur de voir le leader passer l’hiver avec onze longueurs d’avance. Yverdon Sport a laissé le champ libre à deux rivaux -Kriens et le Stade Nyonnais- qui avaient pourtant tout fait pour ne pas se débarrasser du troisième membre de son trio, lâchant des points sur à peu près tous les terrains du pays. Dans ces conditions-là, il faudra bien plus qu’une réaction d’orgueil à Emmenbrücke avant de partir en vacances pour continuer à y croire.

 

Yverdon Sport – Köniz 3-4 (2-1)

 

Buts : 15e et 20e, pen. Cissé 2-0 ; 27e Makshana, pen. 2-1 ; 47e Marazzi 3-1 ; 87e Osmani 3-2 ; 92e Gregorio 3-3 ; 93e Stojanov 3-4.

Yverdon : Da Silva ; Rossé, De Pierro, Dia, Tavares ; Doumbia, Chappuis ; Marazzi (67e Eleouet), Rushenguziminega (62e Caslei), Deschenaux (85 Cazzaniga); Cissé. Entraîneur : Anthony Braizat.

Köniz : Schindler ; Stauffiger, Portillo, Cinquini, Tugal ; Naili, Boillat (80e Osmani), Huvos (64e Gregorio); Gomes (64e Stojanov), Makshana, Miani. Entraîneur : Gabriel Urdaneta.

Notes : Stade Municipal, 515 spectateurs. Arbitrage de Luca Piccolo, qui avertit De Pierro (10e, antijeu), Marazzi (26e, antijeu), Stauffiger (46e, jeu dur), Tugal (66e, jeu dur).

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Florian Vaney