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Stéphanie Perriard: d’un extrême à l’autre, de la force à l’endurance

28 juin 2019 | Edition N°2528

Championne de Suisse de bodybuilding, la jeune femme a délaissé les salles de fitness au profit des routes, des sentiers et des piscines pour assouvir son besoin de «souffrir autrement».

Elle était comme tout le monde, Stéphanie Perriard. La vingtaine et quelques kilos en trop qu’elle cherchait à perdre. Sa tactique? S’inscrire dans un fitness. Pas très original… Sauf que là où la plupart se contente de passer à la caisse et de regarder l’abonnement prendre la poussière, la sportive en devenir a eu le coup de foudre, le déclic, cette chance que beaucoup lui envie.

Le goût de l’effort lui est apparu, comme ça, d’un coup. Cette tolérance à la douleur, cette envie de se dépasser avec, comme récompense, l’opportunité de voir son corps évoluer: Stéphanie Perriard a attrapé le virus du sport. Un peu plus d’une année plus tard, elle était sacrée championne de Suisse de bodybuilding. «Aujourd’hui encore, c’est impossible de concevoir ma vie sans sport», lance cette employée d’une agence immobilière à Orbe, où elle travaille à 100% entre deux entraînements.

Sauf que cette habitante de Peyres-Possens a un peu dévié de sa trajectoire initiale. Elle continue bien à se rendre à Chavornay, où se trouve son fitness, mais le contenu de ses séances n’est plus tout à fait le même. Plus question de pousser lourd et de chercher à bâtir un corps pour séduire les juges. Désormais, chaque exercice vise à renforcer sa musculature, histoire d’être plus percutante dans l’eau,  plus dynamique à vélo, plus bondissante à pied. Car à présent, ce qui fait frissonner Stéphanie Perriard, c’est l’endurance.

Brûler les étapes

En changeant d’orientation, la jeune femme de 33 ans a dû se délester de 10 kg de muscle, mais n’a rien perdu de sa propension à brûler les étapes. Ses débuts datent d’à peine douze mois qu’elle fait déjà face à un sacré défi: l’Ironman de Nice (3,8 km de nage, 180 km de vélo et 42 km de course à pied), dont le départ sera donné dimanche. Pour se préparer, une seul épreuve figurait à son agenda: un semi-Ironman, il y a un mois. «Ce jour-là, j’ai découvert ce que c’était de nager en eau libre. Je suis un peu partie dans toutes les directions, les bénévoles ont parfois dû me remettre dans le droit chemin, mais ça m’a fait une bonne expérience.»

Celle-ci ne sera pas de trop pour lui permettre d’atteindre son objectif: boucler l’épreuve en moins de 12 heures. Un challenge pour lequel elle peut compter sur le soutien de son compagnon, un ancien athlète, qui est également son coach.

Pour avancer, la sportive a besoin d’objectifs. Celui qui suivra Nice est de taille, puisqu’elle entend bien se rendre en Inde au mois de novembre, où l’attend un trail de 250 km. Car oui, Stéphanie Perriard s’est également découvert une passion pour la discipline. Et là encore, pas question d’y aller avec le dos de la cuillère. Une course de 90 km, une autre de 250 km en six étapes, et là voilà déjà partie pour un «sextuple marathon» d’une seule traite.

Quel que soit l’extrême qu’elle choisit, Stéphanie Perriard ne fait rien à moitié.

Florian Vaney