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«La Suisse allemande demeure un marché-clé»

17 août 2017 | Edition N°2061

Nord vaudois – Pierre Droz, le nouveau directeur d’Yverdon-les-Bains Région, a pris ses fonctions mardi. L’arrivée de l’ancien chef de Winterthour Tourisme traduit la volonté de mieux positionner la région outre-Sarine, notamment dans les domaine de la nature, du bien-être et de la culture

Venu de Winterthour -ville jumelée à Yverdon-les-Bains- , Pierre Droz, 37 ans, est le nouveau visage du tourisme régional. ©Carole Alkabes

Venu de Winterthour -ville jumelée à Yverdon-les-Bains- , Pierre Droz, 37 ans, est le nouveau visage du tourisme régional.

Nommé en février dernier par l’Association pour le développement du Nord vaudois (ADNV), afin de succéder à Dominique Faesch à la direction du tourisme régional, Pierre Droz a pris ses fonctions cette semaine. Ce choix s’explique par la volonté d’Yverdon-les-Bains Région de mieux positionner le Nord vaudois outre-Sarine et de faire les yeux doux au touristes suisses alémaniques. De son parcours à ses projets, en passant par sa famille et son regard sur la région, le Jurassien d’origine et ancien directeur de Winterthour Tourisme se livre, en dix chapitres.

 

1. De l’Argovie au Jura

Fils d’un père neuchâtelois et d’une mère argovienne, Pierre Droz naît et passe une enfance paisible dans un petit village situé à un jet de pierre d’Aarau. «Grâce à mon père, qui m’emmenait à La Chaux-de-Fonds, sa ville natale, j’ai vite été séduit par l’arc jurassien et la région du lac de Neuchâtel.» Son attirance pour la Suisse romande ne tarde d’ailleurs pas à se traduire dans les faits, puisque, après son apprentissage dans le domaine des assurances, il profite d’une année de contrat avec La Mobilière, à Delémont, pour parfaire son français -qu’il parlait d’ailleurs avec son père-, et satisfaire ses envies de découverte.

 

2. Le jeune homme hésitant

Attiré par le monde de l’hôtellerie et du tourisme -son frère a étudié à l’Ecole hôtelière de Lausanne et lui a fait découvrir cet univers-, Pierre Droz change de voie, non sans quelques appréhensions, et s’inscrit à l’Ecole de tourisme de Sierre. «Sur le moment, retourner sur les bancs d’école n’était pas anodin. Mais je me suis dit : deux ans d’études ne vont pas changer ta vie. Tu auras bien assez de temps pour travailler plus tard.»

 

3. Le travailleur ambitieux

Paris, Zurich, Lucerne, Amsterdam : son diplôme en poche, Pierre Droz parcourt l’Europe et touche à l’e-marketing, au tourisme d’affaires et de loisirs, sous la houlette de Suisse Tourisme, et même à l’hôtellerie.

 

4. Winterthour, le Graal

Vient la consécration. En 2013, à 33 ans, il accède au poste de directeur de Winterthour Tourisme. Dans une ville qui cumule les similitudes avec Yverdon-les-Bains. «Les deux cités sont d’ailleurs jumelées. Elles ont toutes les deux un héritage d’ancienne agglomération industrielle et ouvrière. Mais, ce qui me frappe le plus, c’est leur ouverture. Aux étrangers, bien sûr, mais également aux projets, aux innovations.» Parmi les grandes entreprises réalisées, il cite notamment le rapprochement avec le département de l’économie, «un secteur pour lequel les partenaires sont, pour une bonne partie d’entre eux, les mêmes».

 

5. Six mois à travers l’Europe

Après avoir donné sa démission, il s’offre un break de six mois. Une façon de reprendre son souffle avant le défi qui l’attend à Yverdon-les-Bains. Une manière, aussi, de consacrer du temps à sa famille. Avec sa femme, Autrichienne d’origine, et leur fille de 13 mois, il parcourt les Balkans à bord d’un minibus. «Ce voyage m’a fait beaucoup de bien. J’aime mon métier et j’adore travailler, mais j’aime aussi passer du temps avec mes proches, que ce soit en voyage ou le soir après le travail. Le modèle, d’il y a quarante ans, de la femme à la maison et de l’homme au boulot ? Très peu pour moi !» Après son escapade, qui a pris fin il y a deux semaines, la petite famille a emménagé au centre-ville d’Yverdon-les-Bains.

 

6. Yverdon-les-Bains, le défi

Dans la Cité thermale, Pierre Droz n’a pas seulement déniché un logement. Il a également trouvé un défi de taille, un nouveau souffle pour sa carrière. «Le potentiel de la région est énorme. Mais même s’il y a des similitudes avec Winterthour, le fédéralisme reste très fort en Suisse. Yverdon-les-Bains est une nouvelle ville, et Vaud un nouveau canton. Je dois encore me familiariser avec la manière de fonctionner ici.»

 

7. Une transition en douceur

Si Pierre Droz est officiellement entré en fonction mardi, Dominique Faesch l’accompagnera jusqu’au 15 septembre. «Ce mois sera très précieux. La présence de Dominique Faesch, dont je salue d’ailleurs le formidable travail accompli, sera très utile, que ce soit pour me présenter les différents partenaires, les autorités ou passer en revue les différents dossiers en cours. Par ailleurs, l’organigramme d’Yverdon-les-Bains Région (ndlr : sept offices régionaux) est quelque chose de nouveau pour moi.»

 

8. Du potentiel à en revendre

Séduit par sa nouvelle région, Pierre Droz l’est, assurément. Pour lui, le Nord vaudois compte d’ailleurs trois atouts principaux, sur lesquels il faut «mettre le paquet»: «Le formidable écrin de nature, des crêtes du Jura au lac de Neuchâtel, la culture et le wellness. La Maison d’Ailleurs est, par exemple, quelque chose d’unique sur lequel la région doit miser. L’offre culturelle est foisonnante. Reste la promotion, qui reste un aspect important. En ce qui concerne le bien-être, le Centre thermal est un bel atout, même s’il faut voir ce qu’il adviendra après son rachat par le groupe Boas.»

 

9. Ô douce Suisse allemande

Parmi les chantiers du nouveau directeur d’Yverdon-les-Bains Région figure notamment le positionnement de la région outre-Sarine. «Il y a vingt ou trente ans, le Röstigraben était encore fort. C’est nettement moins le cas aujourd’hui. Les touristes alémaniques sont toujours plus nombreux à passer leurs vacances dans la région. Il faut tout faire pour poursuivre sur cette voie et renforcer nos liens avec la Suisse allemande, cela demeure le marché-clé pour la région. Le fait que je parle la langue et que j’y ai un réseau est évidemment un atout pour cela.»

 

10. Des projets encore secrets

En bon professionnel qu’il est, Pierre Droz a déjà des projets plein la tête, ainsi qu’une stratégie de développement bien établie. Même s’il ne souhaite pas s’étaler sur le sujet -il faudra lui laisser «trois ou quatre mois» pour qu’il se fasse une idée de leur faisabilité ou non-, il admet qu’il mettra l’accent sur le marketing : «Il s’agira d’abord d’étudier l’offre. Ensuite, à nous de mettre le paquet pour vendre nos produits.»

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Simon Gabioud