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Sur les traces des championnes

18 février 2019 | Edition N°2438

Anaïs Coraducci s’est classée 5e du concours du Festival olympique de la jeunesse européenne. Du haut de ses 15 ans, la Cheyroise s’affirme de plus en plus comme l’un des plus sûrs espoirs suisses.

Lorsqu’on converse avec, difficile de croire qu’Anaïs Coraducci n’a pas encore soufflé les bougies du gâteau de son 16e anniversaire. Le ton calme et posé, la voix sûre, la patineuse donne l’impression d’être une routinière, comme si elle donnait des interviews tous les week-ends depuis dix ans. Son emploi du temps, aussi, ressemble à celui d’une championne. Par chance, elle a trouvé quelques minutes à nous accorder par téléphone entre sa visite de Sarajevo, organisée par Swiss Olympic, et le vol qui doit la reconduire chez elle.

Le temps d’éloigner le stress

Arrivée il y a dix jours dans la capitale de la Bosnie-Herzégovine, la Cheyroise a eu tout le loisir de préparer méticuleusement le concours du Festival olympique de la jeunesse européenne (FOJE), assurément l’un des points d’orgue de sa saison. Une préparation très professionnelle à laquelle la jeune fille s’est très vite adaptée, forcément. «D’habitude, j’arrive à la dernière minute, juste avant le début des programmes. Cela ne me laisse pas vraiment le temps de prendre mes marques. Du coup, en général, le stress monte sérieusement lorsque je pose le pied sur la glace», détaille Anaïs Coraducci.

Mais à Sarajevo, rien de tout ça. «C’est la première fois que je débarquais sur place vraiment à l’avance. J’ai pu m’installer, prendre mes repères sur la glace lors des deux sessions d’entraînement du lundi et du mardi, et je me suis retrouvée dans les meilleures conditions pour le programme court.» Résultat, un passage initial bouclé en 6e position, largement dans ses attentes. «Disons que je partais dans l’optique de réussir un top 5. Et puis, lorsque j’ai vu la qualité de la concurrence, je me suis dit qu’une place dans les dix serait déjà une excellente performance.»

Une tribune bondée

L’atmosphère générale, non plus, n’était pas celle à laquelle la patineuse du CPA Yverdon est habituée. «En fait, c’était assez particulier de concourir devant autant de monde. Une des tribunes de la patinoire était entièrement remplie, ça fait bizarre. Mais le public ne semblait pas vraiment avoir de favorite. Et lors de mes passages, les gens ont fait pas mal de bruit. Alors tout s’est très bien passé.»

A tel point qu’Anaïs Coraducci a même pu grappiller un rang lors du programme long, pour accrocher le top 5. «Mis à part une petite hésitation, mes deux prestations se sont déroulées à merveille. Et je n’étais pas là-bas pour assurer: j’ai pris des risques!» Avec notamment plusieurs triple sauts, tous réussis à la perfection. «L’idée, c’est d’augmenter la difficulté à chacun de mes concours. D’essayer quelque chose de nouveau et de plus compliqué à chaque fois.»

Cette prise de risques réfléchie trouve écho dans les résultats de la Fribourgeoise, déjà deux fois 4e cette saison lors des Championnats de Suisse élite et d’une compétition internationale à Zagreb. Même si, à Sarajevo, la Cheyroise n’a pas réussi son meilleur score personnel. «Ce n’est pas un but en soi. Le nombre de points dépend aussi des juges, et ceux-ci peuvent être plus ou moins sévères en fonction du niveau de la compétition. A mon avis, par rapport aux Championnats de Suisse, la concurrence était plus forte et surtout plus homogène au FOJE.»

Sélectionnée aux Mondiaux

Pour pouvoir parler de saison parfaite, il ne manque finalement qu’un podium à Anaïs Coraducci. Mais au fond, qu’importe. Ses résultats lui ont déjà offert une belle récompense: celle d’être sélectionnée pour représenter la Suisse aux Mondiaux juniors, du 4 au 11 mars à Zagreb. «En Croatie, si je passe le cap du programme court, ce qui signifie faire partie des 24 premières, ce sera déjà une victoire.» Une de plus, pour celle qui porte à merveille les espoirs d’une relève suisse gagnante.

Florian Vaney