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«Une telle saison forge le caractère»

14 juillet 2017 | Edition N°2038

Hockey – Sélectionné avec la Suisse M20, le «Canadien» Simon Le Coultre s’est préparé chez lui, au Sentier.

Georges Grbic a été choisi parmi une trentaine de candidats. ©Mario del Curto

Georges Grbic a été choisi parmi une trentaine de candidats.

De retour en Suisse depuis la fin des Championnats du monde M18, à la fin du mois d’avril, Simon Le Coultre s’apprête à retrouver le chandail national, dès demain, en République tchèque avec, cette fois, la sélection M20 (deux matches amicaux sont prévus la semaine prochaine).

Après avoir passé la préparation avec le Lausanne HC, le Combier, qui fêtera 18 ans en août, a profité de l’ouverture de la patinoire au Sentier pour se dégourdir. Le mois prochain, il retournera au Canada pour une deuxième saison avec les Moncton Wildcats, en Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

 

Comment s’est passé votre première saison à l’étranger ?

Elle a été difficile pour l’équipe (ndlr : la moins bonne de la ligue avec seulement 14 victoires en 68 duels), mais les résultats exceptés, ça s’est bien déroulé pour moi, tant sur la glace, où j’ai eu une vingtaine de minutes de présence par match et j’ai pu évoluer en powerplay, qu’en dehors, où ça s’est bien passé avec ma famille d’accueil.

 

Avec 21 points inscrits, vous avez été le défenseur le plus prolifique de l’équipe.

J’ai réalisé une bonne saison, mais j’ai manqué de constance au début, puis j’ai peu à peu gagné en régularité. Il est nécessaire de s’habituer aux trajets -il faut compter 17 heures de car répartis en deux jours pour le plus long- et au rythme de trois matches par semaine. Mais une fois qu’on est dedans, ça va tout seul.

 

Comment expliquez-vous cette saison si difficile pour Moncton ?

On avait un effectif très jeune. Le club a fait pas mal d’échanges cet été pour amener plus d’expérience. Pour ceux qui sont restés, chacun aura une année de plus dans les jambes. J’ai bon espoir que l’équipe soit plus compétitive la saison à venir.

 

Toutes ces défaites, ce n’était pas trop compliqué à gérer ?

Je n’avais plus perdu autant depuis une saison, quand je devais avoir 10 ans, avec le HC Vallée de Joux ! Bien sûr, ça a été par moments difficile, on se demande pourquoi ça ne fonctionne pas, et sur le coup on peut mal le vivre. Mais avec le recul, on prend cela comme une bonne expérience. Ça forge le caractère.

 

Quelles sont les principales différences avec le hockey des juniors élite en Suisse ?

Tout est beaucoup plus rapide. Avec la surface plus petite, il faut exécuter chaque geste plus vite. Je m’y suis habitué. Globalement, cette saison au Canada a fait évoluer mon jeu défensif. J’ai appris à prendre moins de risques.

 

Vous étiez sur les listes à la draft de la NHL, sans avoir été choisi. Comment l’avez-vous vécu ?

J’ai suivi le repêchage depuis la maison, au Sentier. J’étais forcément un peu déçu, mais j’aurai encore ma chance d’être pris à l’avenir. Et puis, d’autres n’ont pas été draftés et ont fait carrière en NHL. J’avais eu quelques contacts, mais la saison difficile de mon club n’a certainement pas aidé. Si, l’an prochain, l’équipe est mieux classée, il sera plus facile de se mettre en valeur. J’espère sincèrement que la mayonnaise prendra, bien que je n’oublie pas que c’est avant tout à moi de faire le travail.

 

Cette saison, vous avez affronté le Haut-Valaisan Nico Hischier en LHJMQ, et l’avez côtoyé aux Mondiaux M18. Vous imaginiez qu’il serait drafté en n° 1 ?

Oui, j’y croyais. Je le connais depuis longtemps et c’est non seulement quelqu’un de très gentil, mais il a clairement quelque chose en plus sur la glace. Même si c’était sa première année dans la ligue, il était au-dessus de quasi tout le monde.

 

A Moncton, vous avez joué avec Axel Simic qui, lui, a décidé de revenir à Lausanne…

Lorsqu’il a été échangé de Blainville à Moncton en cours de saison, on a pas mal discuté. Là-bas, cela peut arriver à n’importe quel moment. Ce n’est pas évident de devoir changer d’équipe comme ça. Nous, les Suisses, c’est quelque chose auquel on n’est pas habitués.

 

Avez-vous pensé à revenir ?

Non, j’ai la chance de pouvoir rester encore au Canada, je vais en profiter, aller au bout, en faisant tout mon possible pour que ça dure le plus longtemps.

 

Comment se sont déroulés les Mondiaux M18 avec la Suisse ?

Bien ! J’ai été constant. Avec mon partenaire, on est, d’ailleurs, montés en grade au fil du tournoi.

 

Demain, vous intégrez le camp des M20. A quelle point cette semaine est importante ?

On est 28 sélectionnés. Il faudra se battre pour sa place, sachant que, cet hiver, les Mondiaux se dérouleront à Buffalo, sur des patinoires nord-américaines où j’aurai mes repères. Je vais tout faire pour en être.

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Manuel Gremion