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Tiraillé entre sagesse et passion

14 décembre 2018 | Edition N°2396

Aymeric Deschenaux traîne une blessure à la cheville droite depuis près de deux ans. Baladé à coups de diagnostics inexacts, l’attaquant du HC Yverdon (qui reçoit Saastal samedi à 18h) serre les dents en attendant le verdict final.

Croisé dans les couloirs de l’infiniment triste patinoire d’Adelboden à la mi-novembre, Bertrand Barbezat s’était montré catégorique: «Je viens de discuter avec Aymeric Deschenaux. Cette fois, il va aller voir un vrai spécialiste, qui saura lui dire exactement ce qu’il a. En attendant, il va lever le pied avec le hockey. Il reviendra quand il sera réparé», a fermement affirmé le président du HC Yverdon. Tout juste 48 heures plus tard, l’incorrigible attaquant était de retour sur la glace pour tenir tête au leader Lyss… Depuis lors, l’Yverdonnois a bel et bien reçu le diagnostic du médecin du sport qu’il a rencontré la semaine dernière. Et celui-ci lui a réservé une sacrée surprise.

«Je n’ai pas fait tout juste»

Pour comprendre, il faut remonter en fin de saison 2016/2017. Alors en 2e ligue, le HCY débute les playoffs qui vont lui permettre de réintégrer la catégorie supérieure. Les Nord-Vaudois ne font qu’une bouchée de Moutier en quarts de finale, mais perdent Aymeric Deschenaux. «A l’hôpital d’Yverdon, on m’affirme que c’est l’astragale (ndlr: un os de la cheville) qui est touché.» Le début des problèmes.

«Dans cette histoire, je n’ai sûrement pas fait tout juste. Mais je suis un passionné. Une journée qui ne se termine pas par une séance de sport, c’est une journée de perdue. Quand je rentre du boulot, je prépare mon sac et je repars, que ce soit pour aller à l’entraînement de hockey, au fitness ou me dépenser d’une façon ou d’une autre.»

C’est ce caractère qui a poussé Aymeric Deschenaux à revenir sur la glace quelques jours plus tard, seulement. «Je ne pouvais pas manquer la finale des playoffs et la promotion. L’évènement était trop important pour que je passe à côté. Mais c’était sans doute un peu trop tôt pour reprendre», lance-t-il aujourd’hui, sans regrets ni fierté particuliers.

Des hauts et des bas

Malgré la douleur et sa cheville droite qui enfle après chaque match, le jeune homme de 22 ans n’a jamais trop aimé l’idée d’une pause pour se régénérer. «La saison dernière, je voyais bien que je n’étais pas à mon plein potentiel. Certains mouvements étaient particulièrement compliqués à effectuer, mais ça allait. Et puis, cet été, la préparation s’est super bien passée. Je pensais être rétabli, vraiment.» Un état qui a tenu quatre matches, avant que ses maux ne reprennent le dessus.

Cercle vicieux

Cette fois-ci, Aymeric Deschenaux a dû dire stop, l’espace de quelques matches du moins. «J’ai même songé à tout arrêter. La situation est tellement décourageante. Quand je ne suis pas à l’entraînement, je ne pense presque qu’à ça, je me réjouis de la prochaine séance. Et quand j’y suis, la douleur remonte, je ne peux pas faire tout ce que je souhaite et ça me frustre. C’est un cercle vicieux. En plus, l’équipe n’est pas au mieux actuellement. J’ai envie d’aider mes partenaires, de les tirer vers le haut.» Pas facile en devant limiter son temps de glace et sans pouvoir prendre part à tous les entraînements.

Une situation qui a donc poussé le résident de Croy à aller voir un médecin du sport à Vidy, sur les conseils de son président. Le verdict? «Il m’a appris que tous les diagnostics précédents étaient erronés. En réalité, je suis touché à la malléole, pas à l’astragale. Pas étonnant que personne ne parvenait à identifier et résoudre mon problème…»

Aymeric Deschenaux devrait être fixé sur son sort d’ici un mois. «Je me prépare à toutes les options, même celle de devoir faire une croix sur le hockey.» Les conséquences devraient cependant être moins graves que ça. «Et promis, si on m’ordonne de ne pas renfiler mes patins pendant plusieurs mois, cette fois, je le ferai!»

Florian Vaney