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Touché par une flèche de Cupidon, il quitte son église

7 août 2019 | Edition N°2554

Baulmes-Rances – La paroisse a fait ses adieux à son pasteur Tojo Rakotoarison, dimanche passé. Ce dernier posera ses valises à la Vallée pour rejoindre sa future épouse.

«Je laisse une petite partie de mon cœur ici, reconnaît Tojo Rakotoarison, pasteur de la paroisse de Baulmes-Rances depuis 2016. J’ai eu des contacts chaleureux avec les gens et j’ai fait quelques belles rencontres. C’était mon premier ministère, aussi j’en garderai toujours un souvenir particulier.» Auparavant, l’homme œuvrait au sein de la paroisse de Terre Sainte-Céligny, sur l’arc lémanique, où il a effectué son stage au terme de ses études de théologie.

Si Tojo Rakotoarison quitte le village de Baulmes, c’est parce que Cupidon l’a frappé de sa flèche. Il part en effet rejoindre celle qui va devenir sa femme le 10 août prochain, Noémie Steffen, pasteure à la paroisse de la Vallée.

L’homme continuera toutefois à prêcher la bonne parole, puisqu’il travaillera à mi-temps pour l’église évangélique réformée de Vallorbe et à 25% pour celle de la Vallée.

Quant au ministère laissé vacant, il sera repris par Etienne Roulet, qui partagera son temps entre sa paroisse de Vaulion et celle de Baulmes-Rances qui regroupe les villages de Baulmes, Peney, Rances, Valeyres-sous-Rances et Vuitebœuf. Par ailleurs, Antoine Sordet, animateur, se chargera de la jeunesse.

Un pasteur geek

Né en France, de parents malgaches, Tojo Rakotoarison a grandi à Madagascar. Il n’a pas entendu  tout de suite l’appel de Dieu. Et c’est d’abord vers des études en informatique, dans l’Hexagone, qu’il s’est tourné. Sa licence en poche, il est parti retrouver ses racines à Madagascar. C’est à ce moment-là, sur la terre de ses ancêtres, qu’il a réalisé que c’était au service de Dieu qu’il voulait être. Ses proches l’ont incité à terminer son Master en informatique à l’Université du Havre. Son diplôme décroché, il est immédiatement retourné sur les bancs d’école pour enchaîner avec des études en théologie.

Sa formation a commencé en Normandie et s’est terminée en Suisse, où il a fréquenté les universités de Genève, de Lausanne et de Neuchâtel avant d’effectuer son stage en Terre Sainte. «J’ai choisi comme premier poste la paroisse de Baulmes-Rances parce que j’aime beaucoup cette région. J’y ai alors découvert tout ce que l’on n’apprend pas à l’université: les relations avec les autorités communales, la tenue des registres paroissiaux, tout l’aspect administratif de la profession, sourit Tojo Rakotoarison. L’une des tâches qui m’a particulièrement plu est l’enseignement aux catéchumènes.» La première année, le pasteur a collaboré avec la paroisse de Ballaigues-Lignerolle, puis avec la responsable régionale de la jeunesse, Yvette Marschall. Et la dernière année, il a travaillé avec le groupe Impact de Sainte-Croix. «J’ai aussi participé à un camp pour enfants, à Assens. J’ai vécu une formidable expérience en mars dernier grâce à des monitrices qui se sont totalement investies pour qu’il puisse avoir lieu, confie-t-il. J’ai partagé de très beaux moments avec une vingtaine d’enfants.»

C’est donc le cœur rempli de reconnaissance envers tous ceux qui ont permis que ses premières expériences professionnelles se déroulent dans l’harmonie et la sérénité que Tojo Rakotoarison quitte le Nord vaudois. Il part vers une vie qui sera tout autre, vers d’autres paroissiens qui auront, eux aussi, besoin d’un berger, et vers une future épouse qui l’attend pour partager son amour et sa foi.

Muriel Ambühl