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Le train parent pauvre des frontaliers

5 décembre 2017 | Edition N°2138

Vallorbe – Le train qui relie Pontarlier à Vallorbe, via Frasne, sera maintenu. Malgré les protestations, la SNCF a peu de considération pour ce service.

En février 2014, le vice-président de la Région Franche-Comté en charge des transports, Alain Fousseret, avait fait le voyage dans le train des frontaliers, puis avait poursuivi en direction de Lausanne pour rencontrer la conseillère d’Etat Nuria Gorrite. ©Duperrex-a

En février 2014, le vice-président de la Région Franche-Comté en charge des transports, Alain Fousseret, avait fait le voyage dans le train des frontaliers, puis avait poursuivi en direction de Lausanne pour rencontrer la conseillère d’Etat Nuria Gorrite.

Lancé il y a tout juste cinq ans avec l’espoir de réduire le trafic aux heures de pointe au passage de la douane routière de Vallorbe-Le Creux, le train des frontaliers, qui relie Pontarlier à Vallorbe et la vallée de Joux via Frasne, peine à atteindre ses objectifs. Le plus gros problème réside dans les multiples dysfonctionnements de ce service que la SNCF, qui l’assure sur mandat de la région Bourgogne-Franche-Comté, peine à assurer. La grande compagnie française donne même le sentiment que ce train ne fait pas figure de priorité.

 

Il figure à l’horaire

 

Les annulations, consécutives notamment à des grèves, ont provoqué ces deux dernières années les protestations d’associations de frontaliers et de la Fédération nationale des associations de transports (FNAUT). Le mouvement a même été relayé en Suisse par l’Association Transport Environnement (ATE) – Vaud. Sans résultat jusqu’ici.

Ces interventions ont amené la conseillère d’Etat vaudoise Nuria Gorrite à écrire à la présidente de la région Bourgogne-Franche- Comté au tout début de l’automne. En effet, le Canton de Vaud paie le tiers de la facture, soit quelque 100 000 euros.

«Ce train est maintenu, au moins jusqu’en décembre 2018. Il figure à l’horaire des CFF et nous nous sommes engagés financièrement», explique Mehdi Stéphane Prin, porte-parole de Nuria Gorrite.

A ce jour, la Région Bourgogne- Franche-Comté n’a pas répondu officiellement à l’interpellation des autorités vaudoises, qui sont partenaires.

De fait, le problème se situe au niveau du mandataire, la SNCF. Alors que le service est payé au prix fort par les collectivités publiques pour qu’il soit assumé en priorité, la SNCF l’a annulé à plusieurs reprises. Et le service d’autobus, qui suit à peu de choses près le même parcours, n’offre pas les mêmes avantages.

Il est d’ailleurs assez piquant de constater que lors d’une visite officielle, en février 2014, la SNCF avait mis à disposition une rame de dernière génération. Depuis, c’est une automotrice d’un autre temps qui assure le trajet entre Pontarlier et Vallorbe, une fois avant l’aube, puis en fin d’après-midi.

S’agissant d’une machine diesel, elle ne peut, en raison de la législation suisse, rester en gare de Vallorbe la journée. Elle repart donc à vide de l’autre côté du tunnel du Mont-d’Or…

 

Prêts à doubler

 

Pour qu’un service fonctionne, il faut qu’il réponde aux attentes. Le train des frontaliers en direction de Neuchâtel n’a été qu’un feu de paille. Pour éviter que celui de Vallorbe ne subisse le même sort, il est urgent que les autorités françaises réagissent, et surtout que la SNCF assume. Car côté vaudois, on est même prêts à soutenir un double service.

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Isidore Raposo