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Traverser l’hiver et ses frimas à la nage

16 décembre 2016 | Edition N°1894

Nord vaudois – A la Vallée comme au bord du lac de Neuchâtel, quelques irréductibles pratiquent la baignade en eau glacée. Ils expliquent leurs motivations.

Une dizaine de baigneurs, affublés d’un couvre-chef de circonstance, ont fendu les flots samedi dernier au Pont. ©Pierre Blanchard

Une dizaine de baigneurs, affublés d’un couvre-chef de circonstance, ont fendu les flots samedi dernier au Pont.

En cette période prolongée de brouillard, la vallée de Joux gagne naturellement en attractivité. Son lac n’y est pas étranger, mais peu d’entre nous auraient dans l’idée de s’y baigner. La température y dépassait à peine les 4 degrés samedi, ce qui n’a pas empêché un groupe de courageux de se jeter à l’eau. De la soupe, du vin chaud et des biscuits attendaient les badauds souhaitant simplement se renseigner sur la démarche pratiquée avec assiduité par une poignée de personnes.

Florence Cornali teste depuis la fin du mois de mars les vertus d’une immersion quotidienne dans l’eau glacée. «Mon mari et moi nous sommes piqués au jeu en observant Fabienne Rochat-Jaggi, qui se baigne tous les jours depuis trois ans. Quand nous lui demandions pourquoi, elle répondait qu’il fallait le faire pour comprendre», relève la nouvelle adepte.

Le déménagement du couple des Charbonnières au Pont, «à deux minutes à pied du lac», a permis à ces passionnés de paddle de se lancer. Le travail de Stéphane Cornali restreint ses opportunités essentiellement au week-end. «Nous avons essayé de nous baigner une fois la nuit avec des lampes frontales, mais c’est psychologiquement plus difficile sans la lumière du jour», admet sa femme, pour qui la notion de plaisir doit primer.

«Un effet calmant»

«Ces baignades me font du bien au moral. Elles ont un effet calmant. La montée d’adrénaline qu’elles génèrent est addictive», déclare cette membre du trio de femmes qui nagent quotidiennement dans le plan d’eau combier.

Renseignements pris sur internet et dans les médias, elle cite également les bienfaits pour la peau, le système immunitaire et cardio-vasculaire, ainsi que la silhouette. Si les exploits des «Givrés du Pont», comme ils s’appellent, sont régulièrement immortalisées par les touristes asiatiques, ils s’interdisent toute fanfaronnade. «Nous faisons cela pour notre bien-être. Le but n’est pas d’épater la galerie. Je pensais ne pas y arriver, mais c’est à la portée de tout le monde. Il est, en principe, recommandé de calculer une minute dans l’eau par degré», précise Florence Cornali.

Une tradition pratiquée aussi à Corcelettes

Didier Charmillot vit son cinquième hiver de baignades dans le lac de Neuchâtel. «J’ai commencé avec une amie amatrice de défis», précise ce futur participant à la Coupe de Noël, programmée dimanche à Genève. L’habitant de Bonvillars a d’ailleurs pu constater, lors d’un déplacement dominical aux Bains des Pâquis, que la nage en eau glacée était nettement plus répandue du côté du Léman. Bien que l’on soit encore loin de la quarantaine de personnes au rendez-vous dans la Cité de Calvin, un groupe nord-vaudois s’est constitué et s’organise des rencontres au Camping Les Pins, à Corcelettes. Ils étaient, ainsi, six à braver la fraîcheur de l’onde dimanche dernier. Un effort récompensé, comme il se doit, par une raclette. A l’image de son homologue combière, Didier Charmillot prône des bains réguliers, une fois la période estivale passée, afin de s’habituer à la baisse de la température de l’eau. Avis aux amateurs.

Ludovic Pillonel