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Un cochon qui joue la carte 100% vaudoise

16 mai 2019 | Edition N°2499

Nord vaudois – L’Association vaudoise pour une filière porcine responsable lance une nouvelle marque pour garantir une meilleure traçabilité dans l’assiette.

David Brand, Sébastien Wenger et Nicolas Pavillard (de g. à dr.) ont encore du pain sur la planche s’ils veulent accueillir leurs premiers cochons d’ici l’automne. © Michel Duperrex

Avec «Le cochon vaudois, ça joue!», l’Association vaudoise pour une filière porcine responsable s’est lancé un sacré défi: miser sur le bien-être des animaux tout en garantissant une meilleure traçabilité de la viande aux consommateurs. Déposée en mars dernier, cette marque regroupe des éleveurs, des engraisseurs et des bouchers du canton. Elle fera son apparition sur le marché le 1er juin. Mais pourquoi ce nom? «C’est une expression vaudoise proche de nos valeurs»,  sourit Nicolas Pavillard, membre du comité. Cet élan est soutenu par la Direction générale de l’agriculture, de la viticulture et des affaires vétérinaires, qui a servi de catalyseur pour réunir plusieurs acteurs autour de ce projet novateur.

Dans le Nord vaudois, les porcelets seront élevés par Jean-Marc Sottas, à la porcherie du Pâquier à Chavornay. Ils seront ensuite engraissés chez Nicolas Pavillard et ses associés, à Orges. Toujours enclin à se lancer dans de nouveaux projets, l’agriculteur âgé de 38 ans construit actuellement une porcherie avec ses deux acolytes (lire ci-dessous) pour accueillir des porcs d’engraissement. Une exploitation similaire existe déjà chez la famille Chappuis, à Lussery-Villars.

«Avec cette marque, nous nous sommes fixé un certain nombre de critères à respecter comme la proximité et la traçabilité», explique Nicolas Pavillard. Et d’ajouter: «Les cochons pourront sortir en plein air tout en s’ébattant dans de la paille en suffisance.» Une fois qu’ils auront atteint leur poids, les porcs seront abattus à Orbe. La viande sera ensuite préparée à Orges, chez le père de Nicolas Pavillard qui tient une boucherie à 200 mètres de l’exploitation agricole. «Aujourd’hui, les consommateurs s’intéressent au contenu de leur assiette. Par conséquent, la provenance de nos viandes est devenue un critère important pour nos clients», indique Josy Pavillard.

Garantir un prix fixe

Pour ne plus être dépendante du prix du marché de la viande de porc, qui a drastiquement baissé au cours des dernières années, l’Association vaudoise pour une filière porcine responsable veut garantir un prix fixe à tous les échelons de la production, de l’éleveur au boucher, en passant par l’engraisseur. «Grâce à notre petite filière, on dispose d’un système de contrôle, et le contact entre le producteur et le consommateur est plus direct», soutient Valentin Chappuis, l’un des initiateurs du projet. «Cela permet également d’assurer une certaine stabilité et une meilleure sécurité financière pour tous les acteurs, renchérit Nicolas Pavillard. Au final, c’est du gagnant-gagnant.»

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Une porcherie cinq étoiles verra le jour

Orges – Nicolas Pavillard et ses deux associés, David Brand et Sébastien Wenger, construisent un nouveau site qui pourra accueillir jusqu’à 340 cochons.

«Faites attention où vous marchez! Avec la pluie de ces derniers jours, il y a pas mal de boue sur le chantier», avertit Nicolas Pavillard. Agriculteur à Orges, il construit une porcherie avec ses deux associés, David Brand et Sébastien Wenger. Depuis douze ans, ils forment une communauté partielle d’exploitation avec Christian Stähli, un autre exploitant du village. Forts de cette expérience, les trois agriculteurs ont décidé d’unir leurs forces pour engraisser 340 cochons. Le but? Développer un circuit court, de la naissance du porcelet à la commercialisation de la viande.

«Avec ce projet, on s’engage tous les trois pour les vingt prochaines années», relève David Brand. Grâce à l’aide de leur père respectif, ils ont effectué une partie des travaux eux-mêmes. En parallèle, ils bâtissent aussi une étable pour accueillir 70 vaches allaitantes. «Pour l’ensemble de la construction, on a voulu travailler avec des entreprises régionales. Cela va dans le sens de notre démarche», souligne Sébastien Wenger. Par ailleurs, les trois associés engraisseront leurs cochons avec leurs propres céréales (lire encadré ci-contre). Les cultures de pois, de blé et d’orge seront stockées dans des silos, puis moulues sur place. Le colza, lui, sera acheminé à Bâle pour en extraire son huile. Le tourteau qui en résulte sera ensuite utilisé pour nourrir les animaux. Motivés, les trois agriculteurs ont suivi une formation à l’Institut agricole de Grangeneuve (FR) pour parfaire leurs connaissances en matière d’engraissement.

Selon le règlement qui fixe les mesures financières en faveur des améliorations foncières, le projet a droit à une subvention cantonale de 700 francs par place, grâce à l’appui de la Direction générale de l’agriculture, de la viticulture et des affaires vétérinaires (DGAV). «De nos jours, il existe des opportunités incroyables pour qui veut se lancer», se réjouit Frédéric Brand, directeur général de la DGAV.

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Valérie Beauverd