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Un derby nord-vaudois sous haute tension

2 avril 2015

Football – 1re ligue – Le FC Bavois accueille Yverdon Sport, ce soir, à 20h, pour une rencontre capitale entre deux équipes qui rêvent des finales, mais n’ont pas réalisé un début d’année parfait. Prise de température.

Il y aura des buts, ce soir, au terrain des Peupliers: voilà la seule chose sur laquelle Bavoisans et Yverdonnois tombent d’accord. © Michel Duperrex

Il y aura des buts, ce soir, au terrain des Peupliers: voilà la seule chose sur laquelle Bavoisans et Yverdonnois tombent d’accord.

«Ils ont besoin de points, nous avons besoin de points. Cela va être très tendu et engagé.» L’entraîneur bavoisan Bekim Uka synthétise parfaitement ce que tout le monde pense. Son équipe et Yverdon Sport affichent des ambitions, mais n’ont pas encore vraiment trouvé leur rythme en ce début d’année. Le derby, ce soir, à 20h, au terrain des Peupliers, se disputera sous haute tension.

Il y a d’abord la rivalité régionale qui met une pointe de piment à la confrontation. «Comme moi, il y a de nombreux joueurs, de part et d’autre, qui ont joué pour les deux clubs, explique le défenseur bavoisan Esteban Rossé. Ce match, j’ai hâte d’y être.» Son coéquipier Aziz Demiri n’est pas en reste, lui qui portait encore le maillot yverdonnois l’automne dernier. «Pour moi, ce sera spécial. Quand tu affrontes ton ancienne équipe, tu as toujours un peu plus envie de gagner que d’habitude», souffle-t-il.

Une revanche à prendre

Il y a, ensuite, le souvenir du match aller, un des plus fous depuis le début de la saison. Le FCB s’était imposé 3-4, après avoir été mené 3-1. «On a une revanche à prendre, c’est clair», souligne l’attaquant yverdonnois Edin Becirovic. L’entraîneur Vittorio Bevilacqua lui-même n’hésite pas à parler de l’«autre» formation nord-vaudoise comme de la «bête noire» de son équipe. «Par le passé, nous avons toujours eu des problèmes contre Bavois, reconnaît l’impeccable stoppeur Dadie Mayila. En août dernier, ce retournement de situation… C’était terrible. Cette fois, on aimerait garder de bons souvenirs de la rencontre.»

Au-delà, c’est bien le contexte qui donnera à ce derby une saveur toute particulière. Au terme du premier tour, bien placées, les deux équipes n’ont pas caché leurs ambitions. «Les finales, c’est vraiment un objectif et tout le monde, au sein du club, se sent concerné, note Dadie Mayila. A la fin de chaque match, c’est le premier réflexe: on regarde ce qu’ont fait nos adversaires directs, ce que ça donne au classement.» Il n’en va pas différemment dans la plaine de l’Orbe. «Bien sûr qu’on a les finales dans un coin de la tête, confirme Esteban Rossé. On aimerait les jouer. Mais si ce n’est pas le cas, il n’y aura pas mort d’homme non plus. On n’a pas de pression.»

En la matière, les Yverdonnois ne peuvent pas en dire autant. «Au premier tour, on ne se posait pas de question, on jouait, on se faisait plaisir et tout allait bien, se souvient Edin Becirovic. Là, depuis la pause, tout le monde parle beaucoup… Oui, cela nous met une certaine pression.» A tel point que leur entraîneur leur demande de ne plus se projeter, de ne plus se focaliser sur les finales, mais d’avancer pas à pas, afin de ne pas se bloquer.

Dynamique positive

Pour l’instant, les deux formations ont enregistré quatre points en trois matches depuis la reprise. Ni exceptionnel, ni dramatique, mais il faudra faire mieux pour rester dans la course aux deux premières places. Les joueurs le savent et ils estiment être aujourd’hui dans une dynamique positive. «Nous avons battu Terre Sainte, Baden en Coupe et, dimanche, Team Vaud n’a obtenu le nul que grâce à un penalty qu’on a de la peine à digérer», énumère Aziz Demiri. «Les trois points obtenus contre Lancy nous ont remis en confiance», assure, de son côté, Dadie Mayila.

Remontés à bloc, affamés de points, titillés par la rivalité régionale, Bavoisans et Yverdonnois promettent un derby de premier choix à la veille du week-end de Pâques. «Ce sera un match intense, il y aura du rentre-dedans, de sacrés duels», promet Aziz Demiri. Avis aux amateurs d’étincelles.

 

Le choix de Demiri

Passé d’Yverdon Sport à Bavois durant l’hiver, Aziz Demiri explique son choix pour deux raisons. La première est professionnelle: «Je suis monteur électricien à 100% et c’était devenu compliqué de gérer ça en plus du football, précise-t-il. A Bavois, on s’entraîne trois fois au lieu de quatre, et un peu plus tard.» La seconde est d’ordre affectif: «Mes deux meilleurs amis, Muamer Zeneli et Dren Basha, sont à Bavois, note-t-il. J’ai aussi côtoyé plusieurs autres joueurs de l’équipe à Malley et cela me faisait plaisir de les retrouver.»

Lionel Pittet