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Un guerrier qui connaît le chemin

28 février 2020 | Edition N°2694

Arrivé à YS cet hiver, Pietro Di Nardo espère revivre une promotion à la fin de la saison, comme ce fut le cas à deux reprises avec Xamax.

On connaît la faculté du président d’Yverdon Sport Mario Di Pietrantonio d’aller dénicher des joueurs d’un certain standing pour les rapatrier au stade municipal. L’une des dernières recrues en date, Pietro Di Nardo est l’un de ces éléments qui peut s’appuyer sur une solide expérience du football helvétique, lui qui a passé la quasi-totalité de sa carrière en Ligue nationale, notamment entre le FC Bienne et Neuchâtel Xamax.

Enclin à relever un nouveau défi, le milieu de terrain à vocation défensive apportera toute sa détermination et sa hargne au collectif de Jean-Michel Aeby ce printemps. «Certains peuvent considérer cela comme un pas en arrière, mais moi je ne le vois pas ainsi. Je n’ai pas hésité à l’idée de descendre de deux échelons pour rejoindre Yverdon Sport, une équipe remplie de qualités.»

En clair, le Biennois avait le sentiment que ses années à Xamax étaient révolues. Une expérience pleinement fructueuse tant sur le plan humain qu’émotionnel, lui qui est allé chercher deux promotions et un sauvetage héroïque, face à Aarau, avec sa précédente formation (ndlr: victoire 0-4 lors du match retour des barrages au Brügglifeld). «C’est le plus beau souvenir de ma carrière. Trois jours plus tôt, nous étions les pires joueurs de la planète. Et soudainement, les gens vous adulent. À ce moment-là, la boucle aurait été parfaitement bouclée du côté de Neuchâtel.» Sauf que Pietro Di Nardo a finalement décidé de prolonger l’aventure à Xamax, avant de se rétracter six mois plus tard et de rejoindre YS.

Faire ses preuves

Reconnu par le public de la Maladière pour sa combativité exemplaire sur la pelouse, il voit en cette nouvelle expérience l’opportunité de recommencer sur de nouvelles bases. «Ici, je repars de zéro. Comme ailleurs, il va falloir que je fasse mes preuves, assure-t-il. Tout va très vite dans le football, et les gens font abstraction de ton passé. Ce qui compte, c’est ce que tu montres à chaque fois que tu te retrouves sur le terrain.»

Dans la Cité thermale, celui qui a soufflé ses trente bougies il y a deux semaines a retrouvé son ancien coéquipier – et désormais capitaine – Mustafa Sejmenovic. «Il y a aussi Norman Peyretti, avec qui j’ai évolué à Bienne, que je connais bien. D’ailleurs, je lui envoie encore des piques» ajoute-t-il, en référence au «Miracle du Brügglifeld», puisque son ami portait alors les couleurs d’Aarau.

Une préparation bénéfique

Pietro Di Nardo l’affirme lui-même, il est toujours préférable de rejoindre une équipe dans le courant de l’été. À la trêve hivernale, le collectif est globalement rôdé et l’acquisition d’automatismes peut nécessiter du temps. Habitué aux préparations condensées de la Super League, il a cette fois-ci utilisé ces sept semaines pour se familiariser avec ses nouveaux coéquipiers, ainsi qu’avec une nouvelle philosophie de jeu.

S’il a déjà connu les joies de la promotion, le Biennois espère bien y goûter de nouveau en fin de saison. «Notre objectif est clair. Et si je peux aider l’équipe à l’atteindre, c’est bénéfique. Maintenant, le groupe est suffisamment expérimenté pour savoir où il va», conclut le nouveau guerrier d’YS, prêt à en découdre.

 

Pas de conclusions hâtives

À l’aube de la reprise du championnat, Pietro Di Nardo refuse de tirer des conclusions d’une préparation marquée notamment par une série d’invincibilité de six matches en amical. «Trop de fois par le passé, j’ai pu m’apercevoir que la réalité du championnat était bien différente. On ne sait pas comment les autres formations se préparent, quelles sont leurs charges d’entraînement. La seule chose qui compte, c’est d’être performant au bon moment.» La formule du milieu de terrain d’YS se compose de travail et d’abnégation, rien d’autre.

 

Loris Tschanz

Rédaction