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Un nouveau combattant entre dans l’arène à Yvonand
Fête de la Bondelle. © Michel Duperrex

Un nouveau combattant entre dans l’arène à Yvonand

4 février 2021

Le combat entre les Tapa-Sabllias et le Canton voit une nouvelle entité entrer dans l’arène. Une association pour la défense des chalets et cabanons de pêcheurs d’Yvonand s’est formée lundi.

 

Les défenseurs des bâtiments situés au bord du lac de Neuchâtel ne se rendent pas aux arguments du Canton. Bien au contraire même, puisque l’Association des Riverains de la région d’Yvonand (ARY) s’est officiellement formée ce lundi 1er février. Un tout nouvel acteur dans la bataille que livrent les Tapa-Sabllias au Canton.

Pour rappel, nous avons révélé dans notre édition du 27 janvier que plusieurs propriétaires ont reçu une lettre du Canton demandant la démolition de leur bâtiment pour le 1er avril. La raison? Les constructions «contreviennent aux objectifs d’aménagement du territoire et de protection de la nature». Le village des pêcheurs et le refuge de la plage de Goncerut sont concernés. Cette demande de l’état touche également une dizaine de chalets en tout dans le village.

Le but de l’ARY est justement de protéger ces bâtiments. «Les occupants des chalets et cabanes de pêcheurs ont décidé de se constituer en association afin d’unir leurs forces et de contrer l’état de Vaud dans son projet de démanteler ce patrimoine lacustre», détaille l’association dans son premier communiqué de presse.

À la tête de l’ARY, on retrouve Jean-François Deriaz, ancien syndic de Donneloye et lui même co-propriétaire d’un chalet. «Mais l’association n’est pas réservée à ceux qui possèdent une construction. Notre objectif est de réunir toutes les personnes qui veulent défendre cette zone. Nous devons fédérer tout le monde dans une même lutte pour garder ce patrimoine construit.»

Mais les réponses du Canton sont on ne peut plus claires sur le sujet: les cabanons et les chalets doivent être détruits. Pourquoi continuer à se battre? «De nombreuses procédures judiciaires sont actuellement en cours sur l’ensemble de la rive sud du lac de Neuchâtel. Donc on continue. C’est d’ailleurs pour cela que nous souhaitons agir de concert avec l’Association des riverains de la rive sud du lac de Neuchâtel (ARSUD). Ensemble on est plus forts.»

Surtout, l’ancien syndic regrette la rigidité du Canton. «Il n’y a pas le moindre millimètre de discussion possible avec l’état. C’est une des raisons qui m’ont motivé à prendre la présidence de l’ARY. Nous avons vraiment l’impression de ne pas être entendus par les autorités. Nous souhaitons aussi maintenir la vie au bord du lac. Mais pas que pour les petits oiseaux, les hommes aussi peuvent cohabiter avec la nature de façon durable.»

Massimo Greco