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Un ranger à la rescousse du Bois de Suchy

18 juin 2019 | Edition N°2520

Nord vaudois – En tant qu’apprenti défenseur de la nature et du paysage, Cyril Schär a étudié la biodiversité et la fréquentation du massif forestier. Fraîchement diplômé, le jeune homme livre ses secrets.

Le Bois de Suchy et son étang apparaissent à Cyril Schär comme un joyau brut qui a pris la poussière au milieu des 124 hectares de forêt que compte la commune nord-vaudoise. Pour terminer sa formation de ranger (lire encadré dans la version papier), le paysagiste originaire de Pailly s’est penché sur les forces et les faiblesses de ces deux sites, avant de dégager des pistes d’amélioration. Mandaté par l’inspection des forêts du huitième arrondissement – qui couvre la zone d’Yverdon-les-Bains à Suchy en passant par Yvonand notamment –, il a remis son travail de mémoire en mars dernier et l’a défendu, avec succès, fin avril, devant la commission d’examen.

Un lieu apprécié à moderniser

Cyril Schär n’est pas le premier à s’être intéressé au Bois de Suchy. Mais la dernière évaluation en date remontait à 1995. Le trentenaire a donc initié et mené sa propre enquête, avec l’aide d’un questionnaire qui a abouti à plus de 200 réponses. Cette démarche a démontré que si le lieu est apprécié des habitants de la région, ses infrastructures, elles, sont vieilles et doivent être réparées.

Les multiples réactions qu’il a enregistrées de la part des Nord-Vaudois l’ont conforté dans l’idée d’imaginer six scénarios de développement, un moyen pour ce défenseur de la nature d’apporter sa pierre à l’édifice. «J’aimerais que ce lieu ait une meilleure accessibilité, notamment pour les personnes à mobilité réduite», confie le forestier de formation.

Mais ce qui lui tient peut-être le plus à cœur, c’est de faire connaître le Bois de Suchy. «Un autre projet utile serait de réaliser un réseau découverte composé de trois parcours didactiques et ludiques pour donner des informations sur la faune et la flore, pour que les jeunes, et les moins jeunes, apprennent des choses au gré de leur balade, explique-t-il. J’aimerais pouvoir adapter les thèmes de ces sentiers au programme scolaire romand, afin que les enseignants et les écoliers de la région puissent profiter de la richesse naturelle et de la géologie particulière de ce lieu.» Le jeune homme se verrait d’ailleurs très bien faire une classe en forêt pour parler des cycles de l’eau. «C’est le lieu parfait pour évoquer cette thématique, parce que l’étang de Suchy est un bassin de rétention qui a été créé en 1992 pour gérer au mieux l’écoulement des eaux de surface qui, à cause de l’imperméabilité du sol, ont causé tant de problèmes d’inondation dans le passé.»

Par ailleurs, le jeune homme entend rénover les infrastructures du bois et installer des tables de pique-nique et des couverts pour que les gens puissent s’abriter de la pluie. Il rêve enfin d’installer un observatoire ornithologique.

De la théorie à la pratique

La concrétisation des nombreuses propositions de Cyril Schär dans le Bois de Suchy dépendra de l’inspection des forêts, mandataire de l’étude, comme l’explique l’un de ses hommes de main, Philippe Graf: «C’est un super projet, proche de la réalité du terrain, reconnaît-il. Nous devons d’abord définir des priorités, comme la rénovation des passerelles abîmées qui sont aujourd’hui un problème pour la sécurité des usagers. Mais il me tient à cœur de rendre rapidement le lieu accessible aux personnes à mobilité réduite. Nous opérerons les différents changements au fur et à mesure. Nous avons besoin de budget et l’investissement devra venir du Canton qui est propriétaire du site.»

Mathilde Marendaz