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Un Réveillon où chacun a mis du sien

31 décembre 2018 | Edition N°2405

Comme de coutume depuis une quarantaine d’années, une équipe de bénévoles œuvre en coulisse pour offrir une soirée animée et gratuite à tous ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas fêter le 31 décembre autrement.

Même si le passage à l’an neuf est une fête moins familiale que Noël, il n’en demeure pas moins que si l’on est seul, ou avec un petit budget, la soirée du 31 décembre peut se révéler tristounette. Raison pour laquelle, depuis une quarantaine d’années, des bénévoles se succèdent au Casino d’Orbe, pour organiser ce qu’ils nomment Le Souper du Réveillon. Et sur demande, un «nez rouge» va chercher et ramener ensuite certains participants. Le 24 décembre, déjà 109 personnes s’étaient manifestées. Une mère célibataire avec ses deux enfants, un couple de personnes âgées, des divorcés ou des solos: un beau panachage de convives inscrits.

Urbigènes généreux

Depuis 2017, c’est Pierre-Alain Wieland qui a repris la tête de cette organisation: «Avec les deux cuisiniers bénévoles, Reynald Conod et Philippe Mast, nous commençons à en discuter en août. Puis nous nous retrouvons en novembre pour décider du menu. Il n’y a pas d’appel, de procès-verbal, rien de tout cela. Les choses se passent très simplement, tout fonctionne à la confiance. Après quoi, nous nous rendons au marché le jeudi une dizaine de jours avant Noël avec d’autres bénévoles pour collecter des fonds. Depuis le temps, les Urbigènes savent que nous organisons un Réveillon des isolés. Ils se montrent généreux et, souvent, ils ont déjà l’argent prêt dans la poche. Cette année, nous avons récolté 2200 francs. Nous ferons donc le menu avec ce que nous avons. S’il manque un peu, nous comptons sur le chapeau à la sortie, le 31 au soir, pour compléter. Mais habituellement, ça joue.»

La Commune met à disposition gratuitement toutes les infrastructures. Un jeune pâtissier du bourg a proposé un rabais sur les desserts, un vigneron a fait de même et une entreprise a offert toutes les nappes.

Mini révolution cette année, puisque le trio de cuisine a décidé de changer les habitudes en proposant une fondue chinoise. «C’est la première fois que l’on fait ça. Mais il faut dire que nos cuisiniers commencent à être âgés. Ils ont des petits bobos ici ou là, dit Pierre-Alain Wieland en riant. Concocter un menu traditionnel, c’est beaucoup de travail. Nous avons donc opté pour la simplicité. Après l’apéritif, il y aura une entrée avec des salades garnies, puis la fondue chinoise et un dessert surprise. Le vin est mis à chambrer, les boissons sans alcool sont au frigo, tout est prêt pour que la fête soit belle. Lorsque le dernier invité sera parti, l’équipe débarrassera les tables, rangera chaises et vaisselle, de manière à ce que tout soit en ordre avant 11 heures, puisque c’est le moment fort attendu de l’apéritif offert par la Commune. Après quoi, tout le monde ira se coucher!»

Samedi, lors de notre passage, une bonne dizaine de bénévoles s’activaient dans la salle. Il s’agissait de nettoyer la totalité de la vaisselle, installer les tables après les avoir montées, poser les nappes, mettre la table et la décoration en place. Depuis l’année dernière, une dizaine de jeunes ont rejoint leurs aînés. «La relève est assurée», lance en souriant l’ardent organisateur.

Il a été décidé que huit à neuf personnes seront installées à chaque table. «Nous avons opté pour des tables rondes, car ainsi, les personnes qui ne se connaissent pas sont obligées de se parler. C’est beaucoup plus convivial qu’une table rectangulaire.» En attendant l’ouverture des portes, ce lundi à 19 heures, chacun s’active avec le sourire. Afin que tout soit resplendissant le Jour J.

Dominique Suter