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«Une belle aventure humaine»

25 février 2013

Le premier moyen-métrage d’un jeune réalisateur yverdonnois a été projeté samedi dernier au Royal de Sainte-Croix, à l’occasion d’une séance privée. Il livre ses impressions sur cette expérience originale, réalisée avec un budget dérisoire. 

Gezim Cana a réalisé son premier moyen-métrage.

Domicilié à Yverdon, Gezim Cana a vu sa réalisation, «Jason Fenimore – Les diamants du Cardinal», diffusée sur l’écran du cinéma de Sainte-Croix. Cette reconnaissance consacre une «belle aventure humaine», semée d’embûches, à l’image des pérégrinations des deux acteurs principaux.

«Un copain m’a parlé des jeux de rôles autour du personnage de Jason Fenimore auxquels il participait dans le cadre de sa formation dans une école de bande dessinée», indique Gezim Cana. Accompagné de son majordome, l’aventurier part, sûr de lui, à la recherche de trésors, des démarches qui se terminent en fiasco sous l’œil rieur de son compagnon d’infortune.

Budget de 1000 francs

Le film de trente-cinq minutes raconte le départ des deux compères de leur fief d’Angleterre à la recherche d’un diamant prétendument caché dans un monastère de France, avec un empêcheur de tourner en rond accroché à leurs basques.

Ce protagoniste, incarné par le neveu du réalisateur, n’a de loin pas été le seul élément contradictoire dans l’aventure cinématographique de Gezim Cana. Son budget microscopique de moins de 1000 francs l’a contraint à faire majoritairement appel à des acteurs amateurs, parfois découragés par l’effort à fournir. «En plus de filmer, j’ai fait office de coach et de médiateur», constate le citoyen yverdonnois.

D’autres imprévus n’ont pas manqué de surgir: «Le biographe, chargé de référencer les exploits de Jason Fenimore, devait être joué par un acteur professionnel, qui s’est cassé le pied peu avant le début du projet.» La femme du réalisateur a heureusement pu le remplacer séance tenante. Gezim Cana évoque également une réservation d’un monastère près de Pontarlier effectuée en doublon avec un mariage et les nuisances sonores des voitures au château de Saillon. Il précise que la plupart des lieux du tournage sont nord-vaudois (port de Grandson, église de Champvent, Barraquinha Café, forêt de la région, etc.).

Pas encore professionnel

Plus qu’une vocation, la passion de Gezim Cana pour le septième art est une révélation, née lors d’un petit film réalisé avec des amis. Désireux de se former dans le domaine, le jeune homme de vingt-huit ans a opté pour un cours par correspondance proposé par un prestataire canadien. Son premier court métrage, «La forêt rose», n’a pas été retenu au concours Swiss Movie, auquel il a soumis une autre réalisation actuellement en lice: «The dual», un western de quatre minutes et demi. Pour l’heure, le cinéma demeure un hobby pour Gezim Cana, qui travaille comme vidéaste et régisseur pour une société de Chavornay, et en tant qu’indépendant pour tout ce qui a trait au domaine de l’image.

 

Ludovic Pillonel