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Une dernière danse avant le confinement

17 mars 2020 | Edition N°2706

Coronavirus - Le Canton de Vaud a décrété l’état de nécessité. Une annonce qui contraste avec le comportement d’une partie de la population yverdonnoise, qui continuait hier à se rassembler.

Rien n’y fait. Les dirigeants de la Suisse comme de l’état de Vaud ont beau défiler sur les plateaux de différents téléjournaux, les annonces toujours plus strictes ont beau se succéder, la vie suivait son cours habituel à Yverdon-les-Bains, hier. «ça donne presque plus envie de sortir que lorsqu’on a le droit de le faire!», a-t-on par exemple entendu lundi matin en se baladant à la rue du Lac, quand bien même aucune interdiction n’avait alors été déclarée.

Le Canton a dévoilé hier après-midi des mesures drastiques. L’état de nécessité a été proclamé. Ainsi, les Vaudois devront vivre au ralenti jusqu’au 30 avril. Toute manifestation ou tout rassemblement publics sont interdits et les réunions privées sont limitées à dix personnes. Tous les commerces sont en principe fermés, exception faite de ceux qui sont essentiels à la population. Les activités  sportives pratiquées à l’extérieur sont autorisées si moins de cinq personnes y participent. Ces mesures ont pris effet aujourd’hui à 6h.

Chiffre d’affaires record

Parmi les commerces, on retrouve par exemple le supermarché Coop situé à la place Bel-Air. Un des magasiniers nous indiquait que le nombre de clients n’avait pas chuté au lendemain du week-end d’annonces des diverses autorités, cantonales ou nationales. «On a beaucoup plus de monde qu’un lundi normal, assure-t-il. Surtout à l’ouverture des portes, le matin. C’était bondé.» Même son de cloche du côté de Migros, qui se trouve juste à côté. «On continue sur le même rythme que le week-end dernier.» Ces très nombreux acheteurs ont carrément permis à certains centres de la région de battre leur record de chiffre d’affaires, précédemment atteint durant les périodes de fêtes comme Pâques ou Noël.

Cependant, depuis quelques jours, plusieurs enseignes font appel au système D afin de faire régner l’hygiène dans leurs locaux. Du ruban adhésif est posé au sol pour indiquer la distance sociale à respecter, alors que des bandes de rubalise réduisent la capacité de certains restaurants. Une dernière astuce qui ne sera toutefois plus utile puisqu’il est désormais interdit de s’asseoir dans quelque bistrot que ce soit pour déguster un plat: seuls les repas à l’emporter pourront être vendus.

Reste à voir si les nouvelles mesures décidées par les autorités auront l’impact souhaité sur toute la population. Pour certains adeptes du street workout, pas question de se priver de leur séance de fitness en plein air. L’un d’eux, rencontré hier matin aux Rives du lac, l’admet lui-même: il ne respectera pas les consignes du Canton s’il est le sixième arrivé. «J’ai besoin de vivre!, argue-t-il, alors que, derrière lui,  deux personnes effectuent des abdos en se tapant dans les mains. C’est à moi de décider ce que je fais ou pas. Je pense à mes proches et je les évite un peu, mais c’est tout.»

 


La Confédération suit la demande des cantons

Après avoir été repoussée à maintes reprises, la conférence de presse du Conseil fédéral s’est finalement déroulée à 17h, hier. La présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga, a annoncé que toute la Suisse serait placée en état de «situation extraordinaire» depuis lundi minuit afin de combattre le nouveau coronavirus. Elle suit ainsi les mesures prises dans la journée par d’autres cantons, à l’image de Genève. Le gouvernement a tenu à assurer que l’approvisionnement de l’ensemble de la population en denrées alimentaires, en médicaments et en biens de consommation courante est garanti et que les stocks sont suffisants. Comme dans le canton de Vaud, les magasins non essentiels sont fermés et les manifestations publiques ou privées sont interdites. Des contrôles aux frontières avec l’Allemagne, la France et l’Autriche sont introduits. Le Conseil fédéral approuve également le recours à l’armée afin d’appuyer les cantons au niveau des hôpitaux.

Massimo Greco