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Une famille nord-vaudoise sur les routes du monde

1 avril 2022

La famille Meylan est repartie en direction de l’Inde. Mais le Covid a perturbé ses plans. Le point sur une belle aventure avant le retour au pays.

 

Qui ne connaît pas Fabian Meylan et son extraordinaire engagement en faveur des enfants handicapés sur le continent sud-asiatique? Avant la pandémie, après les fameux brunchs concoctés par le chef Franck Giovannini, un proche de la famille, le fondateur d’Asha Bengal évoquait, en termes un peu vagues, une nouvelle étape dans la vie de l’association, dont il souhaitait qu’elle acquière plus d’indépendance par rapport à sa personne.

En fait, Fabian et son épouse Nathalie, unis dans le soutien à l’association qui vient en aide aux enfants handicapés, notamment en fournissant du matériel orthopédique, avaient l’espoir secret de rejoindre le cœur des opérations caritatives, dix ans après avoir fait le voyage en couple. Mais cette fois, avec leurs deux enfants, Marilou, 7 ans, et Félicien, 3 ans et demi.

«Cela n’a pas été facile, car avec les restrictions sanitaires, on ne savait pas si on pouvait réaliser notre projet», explique Fabian. Début juillet de l’an dernier, la petite famille a embarqué dans son bus camping, direction est, «pour suivre l’évolution du climat au fil des mois et passer l’hiver au chaud».

La famille a ainsi gagné l’Autriche, puis a plongé sur la Slovénie, la Croatie, le Monténégro, l’Albanie, puis a traversé la Grèce pour rejoindre la Turquie. Et alors qu’elle s’apprêtait à quitter la Cappadoce, Fabian a été victime d’un accident «ménager»: «J’ai pris un escabeau à trois marches pour nettoyer le pare-brise. Le support s’est cassé et je suis tombé.»

Souffrant de fractures multiples à un bras, Fabian a eu droit à deux mois de plâtre: «C’était une sacrée histoire, avec une réduction de fracture sans anesthésie. J’ai été obligé de faire de la physiothérapie.»

Ce coup du sort mis à part, le voyage dans les Balkans a permis aux Tapa-Sabllia de visiter énormément de sites archéologiques. «On a beaucoup marché, jusqu’à 14 kilomètres par jour.»

Mais les voyageurs ont été peu à peu rattrapés par les restrictions sanitaires. «Il nous a été impossible d’entrer en Iran. Nous avons donc dû renoncer à la destination finale. En Grèce déjà, il fallait se tester pour entrer dans les musées», explique Fabian.

Contraints de modifier leurs plans, les Meylan ont traversé l’Adriatique. Depuis le port italien de Brindisi, ils ont découvert les Pouilles et la Calabre. Il y avait beaucoup de monde qui fuyait les restrictions sanitaires.

A l’approche de la fin de l’année 2021, le couple a été contraint de prendre une décision, faute de pouvoir gagner l’Inde, où ils avaient prévu passer l’hiver au chaud. Par chance, les Meylan ont pu stationner leur véhicule chez un privé en Sicile et sont partis en début d’année pour le Costa Rica. Un changement de paysages, et de climat, que toute la famille a apprécié.

De retour en Europe à la mi-mars, ils ont repris la route à bord de leur maison sur roues. Avec pour objectif d’en profiter au maximum, avant la fin de cette année sabbatique, et le retour à Yvonand, programmé en juin.

Pour suivre la famille:
www.passeparla.ch

 

Un vrai moment de partage en famille

 

Si Fabien est une personnalité publique, on connaît moins son épouse Nathalie, qui s’est beaucoup engagée dans toutes ses actions. «Fabian a eu une période chargée avec sa maîtrise d’orthopédiste et ses examens. J’étais plus à la maison. Ce voyage nous a permis de nous retrouver tous ensemble et de partager d’extraordinaires moments. En début d’année dernière, on se posait beaucoup de questions avec le Covid. On a fini par se couper de tout cela et on a osé partir», témoigne-t-elle.

Pas un seul instant, elle n’a regretté d’être partie. Même pas quand il a fallu modifier les plans: «Le but était de passer du temps en famille. Les enfants ne nous ont pas demandé une seule fois quand on allait rentrer. On leur a encore posé la question au retour du Costa Rica, ils nous ont dit qu’ils voulaient continuer la route. Ce voyage fait qu’ils s’intéressent à tout. Ils posent des questions tout le temps. Je pense aussi qu’on a bien fait de partir au Costa Rica.»

Repartis de Sicile, les Meylan remonteront la botte en passant par Rome. Des amis les rejoindront en Croatie à l’occasion des vacances de Pâques. Et ils comptent bien parcourir la France et l’Espagne avant de revenir au pays.

Cette perspective ne suscite aucune crainte chez Nathalie: «Le retour se prépare et il va se faire naturellement. Je pense qu’on sera contents de retrouver la maison, la famille et les amis. Même si cette vie-là sera derrière, on sera heureux d’avoir vécu cette expérience.»

Isidore Raposo