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Une formation pour l’apiculture bio

27 octobre 2016 | Edition N°1858

Bonvillars – L’association des BioConsommActeurs veut encourager les apiculteurs de la région à se lancer dans l’apiculture biologique. Le rucher-école de La Coudre est le seul dans le canton à promouvoir ce type de production.

André Amiet entretient le ruchet biologique de La Coultre. ©Michel Duperrex

André Amiet entretient le ruchet biologique de La Coultre.

L’association des Bio- ConsommActeurs souhaite apporter son soutien aux apiculteurs qui veulent se lancer dans une formation biologique. «Nous désirons encourager la production de miel biologique, déclare Manuel Perret, président de l’association. Dès le début de l’année prochaine, les apiculteurs pourront suivre une formation, afin d’obtenir le label Bio Bourgeon. Notre but est de les soutenir dans cette démarche à une hauteur de 500 francs. Une dizaine d’intéressés se sont déjà inscrits pour la première édition», confirme Manuel Perret. Mais quelle est la différence par rapport à l’apiculture traditionnelle non biologique ? Comment empêcher les abeilles d’aller butiner dans un champ voisin traité ?

Nombreux sceptiques

Selon Ruth Erismann, présidente de la Société d’apiculture du Nord vaudois, «l’aire de butinage d’une abeille peut atteindre une distance de deux kilomètres, mais elles sont libres de butiner où bon leur semble. Il faut également que l’environnement autour du rucher soit biologique».

La démarche proposée par BioConsommActeurs la fait sourire : «Il suffit d’utiliser de la cire biologique, de l’acide formique et de l’acide oxalique pour traiter les ruches. C’est l’agriculture et les traitements chimiques autour de ce périmètre qui détruisent l’abeille», poursuit-elle.

Quant à Jean-Paul Cochard, apiculteur à Cronay, il ignore totalement s’il fait de l’apiculture biologique ou pas. «Je n’utilise aucun produit de synthèse pour mes ruches. A mon sens, c’est totalement impossible de faire de l’apiculture 100% biologique, parce qu’on ne peut pas téléguider les abeilles. La seule différence, c’est le prix du miel, qui passe du simple au double», estime-t- il.

Labellisation contrôlée

Pour Geneviève Burkardt, conseillère en apiculture et formatrice, la pratique est très courante en Suisse allemande, où elle a eu l’occasion de pratiquer l’apiculture biologique. «Sur le plateau romand, il est difficile de trouver des espaces où il y a de l’agriculture biologique. Quant au Balcon du Jura, c’est une région propice à la production apicole biologique.»

Un rucher-école

Un rucher biologique est installé depuis plus de quatre ans à la fondation La Coudre, à Bonvillars. «Nous utilisons ce type de rucher pour former les nouveaux apiculteurs, qu’ils soient biologiques ou pas, relève André Amiet, apiculteur en charge de ce rucher. Les méthodes de travail sont similaires à l’apiculture traditionnelle, mais c’est l’utilisation des produits et l’emplacement des ruches qui diffèrent. Les normes concernant les produits chimiques sont très strictes».

L’association des BioConsommActeurs organise, vendredi et samedi, les Journées romandes des magasins bio.

Labellisation exigeante

Selon les directives nécessaires pour obtenir le label Bio Bourgeon, il faudrait compter plus de 50% de surface biologique dans un rayon de trois kilomètres. Les ruches doivent être en matériaux naturels et les produits de traitements extérieurs doivent également être sans risques pour l’environnement et les abeilles. C’est pourquoi on utilise de l’huile de lin et des peintures biologiques pour l’entretien des ruches.

Les colonies achetées sont d’origine biologique. En cas de forte mortalité des colonies, une autorisation exceptionnelle d’achat de colonies non labellisées bio est possible, sous réserve d’une période de reconversion d’une année.

Valérie Beauverd