Logo

Une nouvelle carapace pour les tortues

6 août 2018 | Edition N°2303

Selon Jean-Marc Ducotterd, président de l’association PRT, le nouveau sanctuaire de 600 m2 deviendra le plus grand centre de protection et de récupération des tortues en Suisse.

Le Nord-Vaudois Jean-Marc Ducotterd espère, depuis dix ans, pouvoir offrir un nouveau toit, et surtout plus d’espace, à ses 2200 protégées, les tortues. Un rêve qui est devenu réalité cet été lorsqu’un énorme bâtiment de 600 m2 est sorti de terre: le futur Centre Emys de l’association Protection et Récupération des tortues (PRT). Aujourd’hui, c’est le grand jour: près de 500 reptiles sont déplacés de l’ancien sanctuaire, vieux de 25 ans, à la serre flambant neuve. Un changement d’envergure pour les animaux, mais un tout petit voyage puisqu’il leur suffira de traverser la route.

Si Jean-Marc Ducotterd peut enfin toucher du bout du doigt son projet, tout n’est pourtant pas encore fini. «Il nous manque 400 000 francs pour terminer le centre», souligne celui qui a déjà récolté 1,6 million de francs. Quand je me suis lancé, les gens ont dit que j’étais fou et que je n’y arriverais jamais. Maintenant qu’ils voient que c’est concert, ils me disent, pff… 400 000 francs, c’est rien du tout pour toi!»

Des mois de retard dans les travaux

Les  murs en béton sont coulés, les serres montées, les fenêtres et les portes posées, et les bassins bientôt remplis d’eau: en somme, le bâtiment est presque achevé, mais le chantier a accumulé près de huit mois de retard à cause d’un manque d’organisation de la part du mandataire. Et il y a eu quelques dérapages: «Pour l’anecdote, on avait oublié le tube pour l’électricité, alors on a dû rouvrir le sol extérieur pour amener le courant dans le bâtiment, relève Jean-Marc Ducotterd, aussi chef du Service patrimoine et développement durable pour la Commune d’Orbe. On a aussi remarqué qu’on avait oublié de prévoir des fenêtres et de monter une paroi, notamment.»

Mais ces retards ne devraient pas impacter les animaux qui, eux, seront installés dans des bacs sur-mesure avant de pouvoir nager dans leur nouvelle piscine. «On en a prévu deux qui donnent accès à une plage extérieure, mais ça ne pourra se faire qu’avec l’argent qu’il nous manque», rappelle-t-il. Et pour l’accueil, la nurserie et l’infirmerie, ce sera un petit peu du camping au début.

Si le président de PRT tient à déménager l’ensemble des animaux et des meubles durant les trois prochaines semaines, c’est que le temps est compté: «On doit partir de l’ancien bâtiment parce que Percitech (ndlr: l’écloserie de filets de perche Loë est propriétaire de l’actuel local du Centre Emys) veut s’agrandir et donc reprendre notre site. Après, on n’a pas de date, mais plus vite on part, mieux c’est pour notre budget.» Le centre devrait être fini d’ici à la fin de l’année, mais les bassins, eux, doivent être prêts pour fin août car de nombreuses tortues doivent venir s’y installer en septembre.

Bien qu’il y ait encore du pain sur la planche,  Jean-Marc Ducotterd prend parfois quelques instants pour souffler et réaliser ce qu’il se passe: «Je viens parfois le soir dans le bâtiment. C’est vide et calme. Et là je me dis: purée, c’est grand quand même! C’est incroyable. J’avoue que parfois je m’impressionne d’avoir tenu bon malgré les années.»

Christelle Maillard