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Une nouvelle tête tombe au sein du SPJ

10 octobre 2018 | Edition N°2349

Yverdon-les-Bains –  La cheffe de l’Office régional du Service de protection de la jeunesse (SPJ) a quitté ses fonctions, lundi, dans la foulée de la condamnation du père incestueux.

Alors que le Tribunal cantonal confirmait, lundi, la condamnation à dix-huit ans de prison du père de famille qui a abusé et frappé plusieurs de ses huit enfants (lire La Région Nord vaudois d’hier), l’Etat s’est attaqué à la section nord-vaudoise du Service de protection de la jeunesse (SPJ). La responsable de l’Office régional de protection des mineurs (ORPM-Nord), Line Barrière (en médaillon), a quitté son poste après dix-huit ans de fonction.

Il s’agit de la deuxième tête qui tombe – après celle du chef vaudois du SPJ Christophe Bornand –  à la suite de l’enquête menée par l’ancien juge fédéral Claude Rouiller. Celle-ci faisait le point sur la prise en charge de la famille du prévenu par le SPJ, de 2001 à 2015.

«Elle est partie d’un commun accord»

«Elle est partie d’un commun accord avec Frédéric Vuissoz (ndlr: nommé provisoirement directeur du SPJ il y a cinq jours) et c’est Martine Haemmerli, adjointe suppléante, qui a été nommée responsable par intérim de l’Office régional, indique Julien Schekter, porte-parole du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC). Cela permettra de faciliter la réorganisation du Service à la suite du rapport Rouiller.»

Au terme de son enquête, l’ancien juge fédéral a dénoncé «de graves défauts organiques de l’action du SPJ». Il a également pointé du doigt des problèmes au sein de l’ORPM-Nord, dont la réorganisation avait été annoncée le 24 septembre.

L’Office régional de protection des mineurs à Yverdon-les-Bains. © Carole Alkabes

D’après nos sources, au moins un collaborateur de l’ORPM-Nord avait tiré la sonnette d’alarme lorsque la famille habitait encore à Yverdon-les-Bains. «Le départ de Madame Barrière n’est peut-être pas anodin», lance Me Xavier Rubli, défenseur des enfants mineurs dans l’affaire pénale. Et d’ajouter: «Oui, mille fois oui, on aurait dû arrêter cet homme avant. Après, savoir qui est responsable, c’est difficile à dire. Pour moi, ce qui était important, c’était de condamner le papa et que sa peine soit confirmée. Ensuite, c’est clair que l’Etat a une responsabilité et je crois qu’il est prêt à agir pour que cela ne se reproduise plus. Mais ce sont deux procès différents.»

Malgré de nombreuses tentatives, il nous a été impossible, hier, de joindre le SPJ ou l’ORPM-Nord, ni même Line Barrière. Le porte-parole du DFJC, seul habilité à communiquer dans cette affaire, verrouille l’information. «Il est encore trop tôt pour en parler et il y a trop de choses qui bougent pour l’instant», explique Julien Schekter. Interrogé sur la perspective de voir d’autres changements organisationnels survenir, il répond: «Pour l’instant, je n’ai aucun signal pour dire qu’il y en aura d’autres ou pour affirmer qu’il n’y en aura pas.»

 

Christelle Maillard