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Une organisation au plus près des attentes du public

17 septembre 2019 | Edition N°2582

Pour sa 4e édition, le festival AlternatYv a multiplié les conférences, débats et animations avec sérénité, le week-end dernier.

Durant les trois jours de festival, la Cité thermale a vu affluer en permanence des visiteurs venus participer aux animations, se renseigner auprès de la vingtaines de stands présents, s’installer dans une chaise longue pour assister à un concert, ou débattre sur des thèmes en lien avec l’avenir et l’écologie. Extrêmement bien organisées, ces animations se sont succédé tout au long de la journée jusque tard dans la nuit, sans accroc.

Une école qui peut changer

C’est dans la salle Léon-Michaud qu’avait lieu, samedi, une conférence abordant la question du devenir de l’école dans un monde en crise. Les intervenants, pour la plupart des professionnels de l’enseignement, ont partagé leur expérience d’une institution différente, ouverte à la nouveauté. Une mère de trois enfants, qui a scolarisé ses enfants à la maison, a pu témoigner de son quotidien. Pour sa part, Christian Henchoz, doyen et professeur de géographie au Gymnase d’Yverdon-les-Bains, a révélé la façon dont il voyait ressortir ses élèves, les épaules de plus en plus basses, désespérés par l’état de la planète. «Mes élèves pensaient: «On est foutus». Je ne pouvais pas les laisser comme ça. Je les ai encouragés à acquérir un esprit critique, à devenir une force de proposition. Un jour, en 2010, trois élèves sont venus me voir après un cours en me disant: «On veut planter des pommiers au Gymnase». D’autres gymnasiens les ont rejoint. C’était le début de plusieurs projets portés à 100% par les étudiants. J’ai assisté au développement d’une incroyable énergie. Aujourd’hui, il y a des arbres fruitiers au Gymnase.» Un ex-professeur de philosophie qui seconde des candidats à la Maturité fédérale ayant choisi de se présenter sans avoir suivi de cours au collèg explique: «Pour moi, la théorie de l’effondrement est une bonne chose, on peut enfin penser autrement. Nous sommes maintenant dans un monde qui s’ouvre à de nouvelles alternatives. Plutôt qu’éducation, je préfère le mot initiation pour parler de l’école. Cet été, j’ai organisé un camp de quatre jours en forêt. J’ai demandé à chacun des participants de passer 24 heures complètement seul, sans rien: ni nourriture, ni abri, ni outil. Je voulais qu’ils recherchent une vision. L’un d’entre eux m’a dit: «Pendant cette quête, je n’ai pas trouvé les clés, car on m’en avait donné beaucoup, et je ne savais pas quoi en faire. Mais j’ai trouvé la serrure et la porte. Et derrière cette porte, il y a un monde…».  Aujourd’hui, le monde de l’enseignement est devenu celui de la formation. On parle de compétences. C’est ce qui permet d’insérer les jeunes dans le monde du travail, dans le monde du marché. Par d’autres chemins, on peut aider les jeunes à avoir la force et le courage nécessaires pour les conduire vers leur propre vision», conclut le philosophe.

Débat politique

Dimanche, dans une Aula Magna bondée, les participants ont assisté à un débat sur «Les politiques de l’effondrement» avec la Verte Carmen Tanner, l’UDC Vladimir Novak, le PLR Rémy Jaquier et le PS Romain Pilloud. Chacun a pu expliquer comment il pensait intégrer cette théorie du risque d’effondrement à l’avenir. Pour certains, cela passe par l’écoute attentive des scientifiques, qui ont tiré la sonnette d’alarme dans les années 1980 déjà, mais qui n’ont pas ou peu été crus. Selon d’autres, la solution réside dans une production centrée uniquement sur la région et le pays, car faire venir des denrées depuis l’autre bout de la planète est une hérésie. D’autres pensent qu’il faut faire confiance aux politiques, que la Suisse peut évoluer grâce au système démocratique. Beaucoup considèrent qu’il ne peut y avoir de justice climatique sans justice sociale. Mais tous s’accordent à dire qu’il y a urgence.

Durant les trois jours de festival, la Cité thermale a vu affluer en permanence des visiteurs venus participer aux animations, se renseigner auprès de la vingtaines de stands présents, s’installer dans une chaise longue pour assister à un concert, ou débattre sur des thèmes en lien avec l’avenir et l’écologie. Extrêmement bien organisées, ces animations se sont succédé tout au long de la journée jusque tard dans la nuit, sans accroc. 

Dominique Suter