Logo

Une page se tourne dans le bourg

23 octobre 2015

Grandson – Les patrons du restaurant «Chez Tony», véritable institution locale, cherchent un repreneur.

Jennifer et Gilles de Sousa veulent avoir plus de temps pour leur fils. © Michel Duperrex

Jennifer et Gilles de Sousa veulent avoir plus de temps pour leur fils.

La nouvelle ne va pas laisser de marbre à Grandson, comme dans la région. «Chez Tony», l’embématique restaurant-pizzeria situé à la rue Jean-Lecomte, est à louer dès le 1er janvier. Une fâcheuse conséquence du chantier en cours dans le bourg, que la patronne de céans appréhendait (lire La Région Nord vaudois du 3 juin dernier)? Pas vraiment.

«Les travaux, qui arriveront à la hauteur du restaurant en septembre 2016, ont accéléré la décision, mais nous sommes étonnés en bien de la fréquentation. Il faut dire que notre clientèle est restée fidèle. Nous leur en sommes très reconnaissants», déclarent Jennifer et Gilles de Sousa, qui ont pris les rênes du restaurant familial le 1er décembre 2009. Aux dires de la patronne, le manque à gagner consécutif au chantier de la rue Haute, débuté en juin, est, toutefois, conséquent. «Les gens qui ne connaissent pas Grandson repartent quand ils voient la route fermée.» A ce propos, Jennifer de Sousa déplore que la Commune n’ait pas mieux signalé l’accès par le chemin du Grandsonnet.

Mais, ce qui a surtout incité le couple à lâcher «chez Tony», c’est la naissance de son enfant. «Lorsque nous avons repris le restaurant, nous travaillions cinquante à soixante heures par semaine et nous avons dû prendre deux semaines de vacances en six ans. Nous voulons arrêter pour avoir une vie plus stable et voir notre fils grandir», indique Gilles de Sousa. Se séparer de l’établissement n’aura pas été un choix facile, tant «Chez Tony» fait partie du paysage du bourg grandsonnois.

Assis à une table du restaurant, les parents de Jennifer, Dominique et «Tony» Prestifilippo, qui ont lancé l’enseigne, dans laquelle ils travaillent encore, en avril 1988, ont dû se faire au choix de leurs successeurs, qu’ils respectent. «Ce restaurant, c’est une institution. Les gens savaient que, quand Tony était là à 22h30-23h, il y avait toujours un plat de pâtes ou une pizza pour qui le demandait», déclare Dominique Prestifilippo. Gilles de Sousa promet, pour sa part, que l’établissement ne sera pas confié à n’importe qui.

Ludovic Pillonel