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«Une trace de nous dans l’histoire»

29 mai 2018 | Edition N°2255

Sainte-Croix – Une quinzaine d’élèves du collège de la Gare ont verni, samedi,  leur recueil de dix-neuf nouvelles durant les portes ouvertes de l’école.

Le directeur des Etablissements primaire et secondaire (EPS) de Sainte-Croix et environs, Fabian Zadory, a souhaité créer «un trait d’union entre l’école et la population» en organisant une journée portes ouvertes, samedi dernier, au collège de la Gare. A cette occasion, il a choisi le thème du livre pour réunir les élèves, les instituteurs ainsi que les habitants de la commune. Les écoliers de l’institution primaire ont ainsi transformé leurs classes en salles d’exposition et en lieux d’animation. Quelques jeunes du secondaire les ont rejoints pour présenter leurs travaux de reliure d’ouvrages, une collection de livres anciens ou encore leur activité en tant que jury pour le Prix RTS Littérature Ados 2018. Mais la cerise sur le gâteau était le vernissage de Presque vingt, un recueil de dix-neuf nouvelles rédigées par une quinzaine d’élèves de 10e et 11e années HarmoS. Si certains sont désormais au Gymnase – la réalisation du livre ayant débuté au printemps 2017 et s’étant terminée en début d’année, deux volées ont été impliquées –, ils étaient toutefois tous là pour le lancement de leur ouvrage commun.

«C’est un projet interdisciplinaire puisque plusieurs classes de voies générales et prégymnasiales ainsi que des professeurs ont participé à l’élaboration du livre, explique Benoît Rossel, enseignant de français à Sainte-Croix. Mais la cheville ouvrière du livre sont les 11e VP, avec 60% des textes qui sont des nouvelles fantastiques, écrites dans le cadre d’un exercice scolaire ou d’un test significatif.»

Les élèves des classes de 10 VP1 et 11 VP1 de Sainte-Croix, avec leur professeur de français Benoît Rossel (en rouge), fiers de présenter au public le recueil Presque vingt, le fruit de onze mois de travail.

Les élèves des classes de 10 VP1 et 11 VP1 de Sainte-Croix, avec leur professeur de français Benoît Rossel (en rouge), fiers de présenter au public le recueil Presque vingt, le fruit de onze mois de travail. @ Michel Duvoisin

La sélection des récits n’a pas été facile, notamment en raison des critères de qualité fixés par le professeur. «Dix-neuf textes retenus, cela peut paraître beaucoup, mais sur 280 travaux rendus, c’est peu, précise-t-il. Le problème majeur concernait le fond des histoires: soit elles ne tenaient pas la route, soit elles étaient déjantées, soit elles étaient gore et il aurait fallu les censurer. J’ai préféré choisir de bonnes fictions, mêmes si elles étaient parfois moins bien écrites que d’autres.»

Défi lancé, pari gagné

L’initiateur de ce projet est le directeur des EPS de Sainte-Croix. «Il m’a lancé le défi de créer un livre à vernir pour cette journée portes ouvertes, et comme j’avais déjà un projet similaire en tête, je l’ai relevé, confie Benoît Rossel. Et cela me permettait aussi de montrer à mes élèves que pour avoir un livre entre les mains, il ne suffit pas d’écrire des pages, il faut aussi relire les textes, affiner le style, trouver un éditeur, mettre en page, imaginer un graphisme, etc.»

Le défi semble plutôt réussi puisqu’il ne restait qu’une vingtaine de livres sur les 300 édités, samedi après-midi. «Il faut dire que j’ai des élèves qui sont de remarquables vendeurs», poursuit le chef de file de français. Et d’ajouter: «Nous avons fait le choix de rester local. Jean-Claude Piguet (ndlr: fondateur du Journal de Sainte-Croix) s’est chargé de la relecture et de la mise en page, l’imprimerie du Journal de Sainte-Croix l’a publié: tout est fait par des gens d’ici et pour des gens d’ici, sauf la reliure qui a été confiée à une société d’Echandens. On aurait pu mandater d’autres sociétés et je sais que le prix de revient n’aurait pas été de 10 francs mais de 3 francs (ndlr: le livre est vendu 19 francs pour financer des activités parascolaires). C’est un choix, on l’assume et je crois que cela a plu au public.»

Une belle expérience pour les élèves

Pour les étudiants également, ce pari a été gagnant. «Quand j’ai appris que deux de mes textes étaient retenus, j’étais très contente. Ce n’est pas rien d’être publiée à 17 ans, surtout quand on ambitionne de devenir auteure!», lance Auréline Falconnier. «On n’a peut-être pas la carrure de Flaubert, mais au moins maintenant, il y a aussi une trace de nous dans l’histoire», témoigne Noah Peral-Petermann, 16 ans.

 

Christelle Maillard