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Vallorbe garde son rôle d’accueil des réfugiés

29 juin 2018 | Edition N°2278

Asile –  Les autorités ont annoncé hier que le centre d’accueil des requérants de la Cité du fer sera au cœur du processus de réinstallation des demandeurs d’asile pour toute la Suisse dès 2019.

«Cela fait maintenant dix-huit ans que la Commune de Vallorbe accueille des requérants d’asile», a souligné, hier, Stéphane Costantini, syndic de la Cité du fer. Et sa mission continue, puisque le site nord-vaudois a été retenu pour devenir la future pierre angulaire de la nouvelle politique de réinstallation des réfugiés. Ce programme, prévu dans la révision de la Loi sur l’asile qui entrera en vigueur le 1er mars 2019, vise à familiariser les requérants qui ont obtenu l’asile – et qui sont donc au bénéfice d’un permis B – aux us et coutumes du pays. «80% des gens qui arriveront en Suisse dans le cadre de ce programme (ndlr: soit 560 personnes par an au plus) viendront à Vallorbe pour une durée d’un à deux mois», se réjouit l’édile.

Une solution unique en Suisse

Selon la convention signée le 13 juin dernier entre la Commune, la Confédération et le Canton, le centre de Vallorbe partagera, dès 2019, ses 250 places d’hébergement entre des personnes qui ont demandé l’asile selon les accords de Dublin (50%), celles qui bénéficient du programme de réinstallation (30%), celles qui ont fait recours contre leur renvoi (15%) et celles qui attendent d’être  expulsées (5%). Selon le conseiller d’Etat Philippe Leuba, le centre de Vallorbe est le seul en Suisse à prévoir une répartition précise de ses hôtes.

Mario Gattiker, secrétaire d’Etat aux migrations, Philippe Leuba, chef du Département de l’économie, de l’innovation et du sport, et Stéphane Costantini, syndic de Vallorbe, ont présenté la convention spéciale signée entre les autorités. © Michel Duperrex

Mario Gattiker, secrétaire d’Etat aux migrations, Philippe Leuba, chef du Département de l’économie, de l’innovation et du sport, et Stéphane Costantini, syndic de Vallorbe, ont présenté la convention spéciale signée entre les autorités. © Michel Duperrex

Pourtant, au début des discussions sur la restructuration de l’asile, la Cité du fer était loin d’obtenir ce rôle prépondérant dans le processus de réinstallation. La Municipalité de Vallorbe a dû se battre durant deux ans pour que son centre, pressenti comme un futur centre de départ, ne change pas d’affectation. «La crainte que l’on avait au niveau des autorités et de la population, c’est que tout à coup, on modifie totalement le profil des résidents, car il ne faut pas se le cacher, des gens à qui ont dit qu’ils ne peuvent pas rester en Suisse n’ont pas le même comportement que ceux qui vont s’y installer. Et c’est normal, précise Stéphane Costantini. Au départ, il y a eu des problèmes avec la population – et encore parfois aujourd’hui – mais on a toujours su les résoudre car maintenant, on sait comment trouver des solutions rapidement. Si on avait dû tout recommencer avec un autre type de résidents, l’effort aurait été insurmontable. Cela a été très, très difficile à obtenir, mais on a réussi parce qu’on n’a rien lâché.»

Selon Mario Gattiker, secrétaire d’Etat aux migrations (SEM), la Confédération a dû étudier quelque 200 options en Suisse, dont une quarantaine pour la partie romande, avant de trouver la bonne formule. «Il ne s’agit pas d’un compromis, mais d’une solution trouvée en commun», déclare-t-il.

Pas d’agrandissement

Concrètement, ce changement n’aura pas d’impact au niveau des infrastructures du site vallorbier. Quant aux emplois, la quarantaine de postes liés à la sécurité et à l’encadrement ne va pas évoluer. En revanche, il n’y aura plus de personnes chargées de lancer des procédures d’asile, puisque tout se fera depuis Boudry (lire encadré). Le SEM devra toutefois nommer des employés pour gérer le programme de réinstallation.


Autres sites romands

La Suisse romande connaît à présent tous ses futurs centres fédéraux pour requérants d’asile (CFA). Le site de Vallorbe, avec ses spécificités, vient compléter les deux autres CFA sans procédure, à savoir Chevrilles (FR) et Grand-Saconnex (GE). Le centre de Boudry (NE) deviendra, quant à lui, le seul centre pour lancer les procédures de demandes d’asile des cantons romands.

 

Christelle Maillard