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Vallorbier prétendant au Conseil fédéral

1 novembre 2018 | Edition N°2365

Vallorbe – Amedeo Stevanato a déposé sa candidature le 12 octobre dernier. Il se veut la voix de la majorité silencieuse.

«Cela fait depuis 2015 et le départ de Didier Burkhalter que j’y pense. A l’époque déjà, je songeais à me présenter à sa succession. C’est un droit constitutionnel.» Amedeo Stevanato, entrepreneur à Vallorbe – il dirige une société spécialisée dans le domaine du chauffage –, a cette fois décidé d’y aller. Dans un monde politique structuré par des partis et frappé d’une forme de routine, il veut être «une voix libre». Tout en assurant qu’en cas d’élection en décembre prochain, il respectera bien entendu la collégialité.

Amedeo Stevanato, que tous ses amis de la région – il est très populaire – appellent par le patronyme d’Ivo, son deuxième prénom, veut être la voix de ces millions de citoyens qui ne votent plus, parce que, démotivés, ils pensent que leur vote n’aurait aucune influence. Le 12 octobre dernier, il a donc adressé aux Services du Parlement sa candidature au Conseil fédéral.

Agé de 54 ans, ce fils d’immigrés italiens pense que c’est un moyen, et le moment, de redonner tout ce que la Suisse lui a apporté. Dans sa lettre de candidature, il promet un engagement sans faille et exprime même une préférence pour le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (Detec), bientôt orphelin de Doris Leuthard.

Centriste

Hors parti, Amedeo Stevanato ne cache pas que ses valeurs politiques le rattachent au cendre droit.

Dans un courrier adressé, dans les trois langues nationales, à tous les membres de l’Assemblée fédérale, le candidat vallorbier se dit «très attaché aux valeurs suisses», et ajoute: «Je voudrais être le candidat neutre, en phase avec le peuple suisse et les chambres fédérales», celui qui apportera «une vision nouvelle» au Conseil fédéral. A ce jour, les partis n’ont pas encore demandé à l’auditionner.

Le fossé se creuse

La motivation principale d’Amedeo Stevanato tient au fossé toujours plus grand qui sépare la classe politique du peuple. «Le décalage est de plus en plus important. C’est un problème qu’il est temps de résoudre. Je peux faire valoir mon expérience de vie», affirme le candidat originaire de Neuchâtel.

Et lorsqu’on l’interroge sur sa préparation et son manque d’expérience politique, la réponse fuse: «Au Conseil fédéral, il y a une pianiste et un vigneron. Moi, je suis entrepreneur. Je ne suis pas du sérail, mais je peux apporter un regard nouveau sur la politique.»

Le 5 décembre prochain, Amedeo Stevanato sera bien entendu à Berne. Son élection tiendrait du miracle. Mais obtenir quelques voix serait pour lui déjà un succès.

 

Isidore Raposo