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Vif mécontentement autour du pont

14 juin 2017 | Edition N°2016

Mathod – A la suite des travaux de reconstruction du pont du Mujon, les commerçants du village ont connu une baisse drastique de fréquentation de leur clientèle. La durée des travaux suscite également l’incompréhension générale.

«On est morts», déplore le brocanteur Charles Perrin. ©Michel Duperrex

«On est morts», déplore le brocanteur Charles Perrin.

«C’est la catastrophe !», confie, dépité, Raphaël Vindayer, gérant de la boulangerie Bouba Douceurs, située au coeur du village de Mathod. La raison de son désarroi ? La reconstruction du pont du Mujon, qui a débuté en mai dernier et qui devrait se terminer le 22 septembre prochain (lire La Région Nord vaudois du 15 mai). «On survit de mois en mois, mais c’est dur, poursuit le boulanger, qui a dû licencier deux collaborateurs. Même s’il a installé un dépôt de pain sur la route de Rances, son chiffre d’affaire a diminué de 50% depuis le début des travaux. Et il n’est pas le seul dans ce cas, puisque la tenancière du Café-Restaurant La Croix Fédérale, Audrey Piguet, constate également une baisse de sa clientèle. «Pour limiter les frais, nous avons décidé de fermer le bistrot du 2 juillet au 15 août», révèle la jeune femme.

Un peu plus loin, Charles Perrin, qui répare radios, tourne-disques et autres machines parlantes, déplore également les dégâts collatéraux provoqués par la reconstruction du pont. «C’est aberrant ! Il aurait pu tenir encore 200 ans, considère-t-il. La Municipalité aurait dû installer un dispositif temporaire.»

«Je comprends l’inquiétude des commerçants, déclare Eliane Piguet, syndique du village. Mais les autres possibilités se sont révélées hors de prix pour notre Commune.»

 

«Une durée inadmissible»

 

Audrey Piguet, tenancière de la Croix Fédérale, a perdu plus de 50% de sa clientèle. ©Michel Duperrex

Audrey Piguet, tenancière de la Croix Fédérale, a perdu plus de 50% de sa clientèle.

S’il reconnaît la nécessité de reconstruire le pont, Marcel Mivelaz, gérant de l’entreprise agricole Grunderco, située à l’entrée du village en direction d’Orbe, déplore, quant à lui, la durée des travaux. «C’est inadmissible ! Le taux de fréquentation de la station de lavage que nous avons installée en début d’année est devenu rédhibitoire.»

Jean-Alfred Burdet n’a, en revanche, remarqué aucun changement par rapport au nombre de cueilleurs de fraises. «Malgré le gel en début de saison, notre clientèle n’a pas diminué», affirme l’agriculteur, conscient que ces derniers passent par des chemins agricoles pour se rendre sur son exploitation.

Aucune aide financière de la part de la Municipalité n’est prévue pour palier ce manque. «Nous avons seulement apporté notre soutien au boulanger qui est notre locataire», conclut la syndique.

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Valérie Beauverd