Logo

Le village lacustre dévoile ses nombreux trésors

14 décembre 2017 | Edition N°2145

Corcelettes – Les fouilles archéologiques entreprises près du camping des Pins ont mis à jour des dizaines de pilotis et plusieurs objets, vestiges de villages palafittes de la fin du néolithique. Une nouvelle découverte grandiose au bord du lac.

Les pilotis dans la tranchée de Corcelettes, preuve de la présence de villages lacustres importants. ©Roger Juillerat

Les pilotis dans la tranchée de Corcelettes, preuve de la présence de villages lacustres importants.

Plus de doute, les fouilles archéologiques qui sont menées, depuis septembre dernier, à Corcelettes, au lieu-dit Les Viaules, près du Camping des Pins, ont permis de confirmer que des villages lacustres y étaient bel et bien installés vers la fin du Néolithique (2900 à 2600 ans avant J.-C.). Les archéologues ont mis à jour des dizaines de pilotis dans une tranchée d’une bonne cinquantaine de mètres de long, sur deux mètres de large environ et cinq à six mètres de profondeur.

Comme cela avait été le cas à Concise entre 1995 et 2000 sur le tracé de «Rail 2000», les découvertes sont remarquables et démontrent que la station littorale du hameau de la commune de Grandson, déjà classée monument historique par un arrêté du 25 mai 1900, recèle, elle aussi, de trésors préhistoriques d’une grande valeur. «En plus de ces pilotis, nous avons retrouvé de nombreux objets que nous cataloguons avec précision et qui seront classés », indique l’archéologue Helena Wyser. Sous la pluie et dans le froid, toute une équipe effectue un travail minutieux dans la tranchée, où on aperçoit bien les fameux pilotis. Et sans doute, y en a-t-il bien d’autres en dehors de cette fine galerie fortifiée.

Parmi les objets découverts, il y a notamment des poteries en plus ou moins bon état, des poinçons en os, des bijoux d’époque, des dents de sanglier, des pendentifs, des perles, des pierres ciselées dont une formant le couperet d’une hache, etc. Un bonheur de voir ces derniers, qui représentent toute la vie de ce site palafittique qui, comme d’autres au bord du lac de Neuchâtel, est dès lors reconnu comme Patrimoine mondial de l’humanité et figurera sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.

 

Le niet du canton

 

Plusieurs objets ont été retrouvés, certains à partir d’os ou de cornes d’animaux, d’autres ciselés dans la pierre, comme ce pendentif (à droite) en excellent état de conservation. ©Roger Juillerat

Plusieurs objets ont été retrouvés, certains à partir d’os ou de cornes d’animaux, d’autres ciselés dans la pierre, comme ce pendentif (à droite) en excellent état de conservation.

Ce site archéologique a été mis à jour lors des travaux de terrassement effectués en vue du remplacement du système d’exploitation de la Station de pompage de Corcelettes-Les-Pins (STAP), dans le cadre aussi des creusages effectués par l’Association intercommunale pour l’épuration des eaux de la région de Grandson (AIERG). Or, cette magistrale découverte n’est pas prise en compte financièrement par le Canton, malgré le fait qu’il s’agit d’un patrimoine mondial. Impensable quand on constate comment les instances de nos voisins français procèdent dans un tel cas. Les travaux sont en effet à la charge des communes, dans ce cas Grandson.

Et pourtant, la mission de la section des monuments et sites (SIPAL) consiste à identifier, à protéger, à conserver, à sauvegarder et à mettre en valeur le patrimoine historique et archéologique cantonal. Elle se compose de deux sections : les monuments et sites, ainsi que la section archéologie. Reste à signaler au public et amoureux de l’histoire que le site est fermé et qu’il est, pour le moment, strictement interdit d’aller sur le «chantier». D’autres objets y seront sans doute repérés lors des fouilles qui devraient se poursuivre jusqu’au 22 décembre.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Roger Juillerat