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Vos courses passées à la loupe

7 novembre 2019 | Edition N°2619

Nord vaudois - Des spécialistes de la santé proposeront un dépistage du diabète et analyseront le panier des clients au sortir des supermarchés, dès la semaine prochaine, à l’occasion de la Journée mondiale du diabète.

«Qu’est-ce qu’on pourrait mettre dans notre panier?», s’interroge Christine Sandoz, coordinatrice régionale diabète au sein du Réseau Santé Nord Broye au moment de penser à analyser les valeurs nutritionnelles de quelques produits du quotidien. «Des fruits ou des légumes», suggère l’une de ses collègues. «On pourrait prendre des cacahuètes, pour ne pas que le panier soit trop sain», tempère Morgane Casagrande, infirmière en diabétologie. «En même temps, on a pris du pain complet… On voit tout de suite que c’est un exemple orienté par des nutritionnistes», sourit Muriel Lüthi Fleury, diététicienne au sein de l’Association pour la promotion de la santé et le maintien à domicile (ASPMAD).

Si ces dames se posent autant de questions, c’est parce qu’elles s’entraînent à analyser le panier type d’un consommateur. Car dès le 14 novembre, elles seront postées dans le hall de deux grandes enseignes (lire encadré), afin de sensibiliser la population sur la quantité et la qualité du sucre présent dans leurs aliments favoris.

«On a voulu proposer une lecture des étiquettes pour permettre aux gens de se faire une idée sur un produit ou de comparer deux articles», explique Christine Sandoz. S’il y a des éléments évidemment très sucrés, d’autres le sont moins. «Par exemple, on va donner quelques astuces, comme le fait de savoir que les ingrédients listés en premier sont ceux qui figurent en plus grande quantité», renchérit Muriel Lüthi Fleury.

Le patient devient acteur de sa santé

Avant de mettre en place un traitement médicamenteux, les spécialistes de la santé tentent une approche plus douce. «Potentiellement, 1,4% des gens ont du diabète et l’ignorent. C’est pour cela que l’on propose un dépistage la semaine prochaine, bien que cela ne soit pas un diagnostic au sens médical. Si le test est positif, on va commencer par donner des conseils pour limiter les valeurs glycémiques. Avec des conseils sur l’hygiène de vie, l’alimentation et l’activité physique et quelques changements adaptés au mode de vie de chaque personne, on arrive déjà à de grands résultats, considère Morgane Casagrande.

On parle d’éducation thérapeutique, car c’est chaque personne qui agit pour sa santé. On ne demande plus aux patients de s’adapter au diabète, mais au diabète de s’adapter aux patients.» Et Muriel Lüthi Fleury d’ajouter: «L’alimentation est un domaine très émotionnel. On a toujours peur de consulter car on pense qu’on va tout nous interdire alors que ce n’est plus le cas.»

Les experts s’accordent à qualifier cette maladie de «silencieuse», car elle se développe sans signe avant-coureur. Elle s’est immiscée dans la vie de 40 000 Vaudois, selon le dernier baromètre sur le diabète cantonal, de 2012. Et 4000 nouveaux cas sont détectés chaque année.

Christelle Maillard