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Yann Zimmer a faim de rouler

24 décembre 2019 | Edition N°2652

Après quatre années passées aux États-Unis, l’Yverdonnois est revenu au pays et a retrouvé la compétition. De quoi aiguiser son appétit.

Élu débutant de l’année 2013 de Nascar européenne, Yann Zimmer s’était ouvert les portes de l’Amérique. Un continent où il a passé quatre années de sa vie à rouler un petit peu, et à vendre des… volants. «J’y ai fait des études de marketing et un stage dans une PME m’a permis de sillonner les États-Unis, des plus grandes villes aux bleds perdus du Nebraska et de l’Iowa, raconte l’Yverdonnois de 29 ans. Je travaillais pour une entreprise qui préparait des volants pour le Nascar, l’Indycar et les autres séries de course automobile américaines.»

S’il n’a pas réussi à se faire une véritable place en tant que pilote, c’est avant tout pour des considérations financières. «J’ai surtout roulé lors d’essais, car c’était compliqué niveau sponsoring. Il faut savoir qu’aux États-Unis, dans le milieu, tout coûte le double qu’en Europe. Une question d’offre et de demande.»

Tout un réseau

Pour autant, Yann Zimmer n’est jamais resté très loin des circuits, bien au contraire. C’est ainsi qu’il s’est fait de nombreux contacts, qu’il a appris le business. Il a même officié en tant que conseiller en karting auprès de pilotes nord-américains habitués à rouler dans des ovales. «J’ai même coaché Jimmie Johnson, sept fois champion de Nascar. Les circuits gauche-droite, ce n’est pas dans leurs gênes.»

L’entrepreneur Yann Zimmer a bien sûr conservé des contacts en Europe durant ces années. C’est ainsi que, à plusieurs reprises, on lui a proposé de revenir rouler sur le Vieux Continent. Un projet qui s’est concrétisé cette année, en Alpine Europa Cup. De retour à Cortaillod, auprès des siens, le sportif a jonglé entre les courses et ses mandats dans le marketing digital. Le retour sur les circuits lui a redonné de l’appétit, et le pilote prépare déjà les saisons à venir. «C’est un peu la période des transferts en ce moment, pour faire analogie au football. Et pour ma part, je me retrouve à la fois dans la peau de joueur et d’agent.»

À la recherche d’un gentleman

En effet, il envisage, toujours au volant d’une Alpine, de disputer le championnat GT4 de France et pourquoi pas d’Europe. «En gros, c’est le cran au-dessus de ce que je viens de faire cette année. L’autre principale différence, c’est que cela se fait à deux. Je recherche mon binôme, un gentleman driver comme l’on dit dans le milieu.» Pour résumer, l’équipier en question bénéficierait de l’expertise de l’Yverdonnois au volant, tout en apportant une importante manne financière. Car c’est là que se situe, bien évidemment, le nerf de la guerre, les budgets se comptant en plusieurs dizaines de milliers de francs, voire plus.

Dans l’air du temps

Yann Zimmer se projette même plus loin, à l’horizon 2021 et au-delà: «Le sport se transforme, et les énergies propres, quelles qu’elles soient, prennent une place toujours plus importante dans l’automobilisme. Je pourrai en devenir l’un des porte-drapeaux suisses. Pourquoi pas aux 24 Heures du Mans.» Reste à l’entrepreneur qui fourmille d’idées à trouver le bon filon pour continuer à enfiler également le costume de pilote.

 

Un podium et un joli bouquet de médailles en chocolat pour son retour à la compétition

Yann Zimmer a repris goût à la course cette année en Alpine Europa Cup, une série quasi exclusivement fréquentée par des pilotes français. C’est d’ailleurs dans le sud de la France que l’Yverdonnois a déniché son véhicule, durant la saison, qui lui a permis de rouler sur des circuits de l’Hexagone, mais aussi en Belgique, en Grande-Bretagne, et en Allemagne. Des douze manches au programme – il a manqué les deux disputées à Barcelone pour des raisons budgétaires –, il a pu prendre le départ à dix reprises.

Et les sensations ont été plutôt bonnes, même si Yann Zimmer ne cache pas une petite frustration, lui qui a régulièrement joué de malchance alors qu’il était dans le coup. «Tout d’abord, je suis hyper content de revenir en course, et j’ai réalisé une belle saison, avec de bons résultats, dont un podium enregistré à Nogaro, dans le Gers. Néanmoins, j’ai aussi décroché un nombre invraisemblable de médailles en chocolat!», exagère-t-il un peu, lui qui a fini trois fois 4e et une fois 5e au cours de l’exercice.

Au final, le Nord-Vaudois a terminé au 7e rang du championnat. «Pour la boutade, je dis que je suis le champion d’Europe hors France», se marre celui qui a adoré remettre le pied à l’étrier, ou plutôt sur la pédale de gaz.

Manuel Gremion