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YS, comme une envie de continuité

22 novembre 2018 | Edition N°2380

Staff et dirigeants d’Yverdon Sport semblent être tombés d’accord: le premier tour a donné satisfaction et le club ne veut pas tout bouleverser cet hiver, même s’il compte onze points de retard sur la place de promu.

Yverdon Sport ne voue pas une admiration particulière au net dominateur de la première partie de saison. «Attention, ce qu’a fait Stade-Lausanne-Ouchy cet automne, c’est admirable. Là où on a perdu des points évitables, le SLO n’a pas tremblé. Mais il n’est pas question de se concentrer sur autre chose que nous-mêmes», explique l’entraîneur d’YS Anthony Braizat.

Quelques ajustements, pas plus

Reste qu’il y a bien une caractéristique propre au club lausannois dont aimeraient s’inspirer les Yverdonnois: la continuité. Les cadres de la formation de la capitale olympique sont en place depuis trois, quatre, voire cinq saisons. Un atout aussi rare que précieux dans le football actuel. «J’en ai longuement parlé avec les dirigeants et on se trouve sur la même longueur d’onde à ce niveau-là, poursuit le technicien des Verts. Les entretiens individuels du début de semaine avec chaque joueur nous ont confortés dans cette voie-là. Il y aura quelques ajustements à effectuer, certes, mais l’idée est de chambouler au minimum le groupe.»

Une ligne de conduite qui s’explique aisément pour au moins deux raisons. La première découle d’un aspect purement comptable. Sur le terrain, Yverdon Sport a obtenu 38 points en 17 matches (total abaissé à 32 en raison des deux défaites par forfait). Une somme insuffisante pour rivaliser avec le leader (43), mais de dix unités supérieure à celle de l’an dernier à la même époque (28) et quasi équivalente à celle du dernier promu, Kriens (39).

«La seconde explication, c’est que la grande majorité des joueurs a donné satisfaction. Il y a eu des déceptions, bien sûr. Si on prend le cas de Janko Pacar, il n’a pas été au niveau pendant plusieurs mois, notamment à cause d’une blessure. Mais sur la fin, il a démontré qu’on pouvait compter sur lui. A Bâle, lors du dernier match, c’est lui qui nous obtient le penalty du 1-1.»

Et Anthony Braizat de reprendre: «Le plus intéressant, c’est qu’on n’a pas encore vu le plein potentiel des joueurs. Alessandro Ciarrocchi? Il peut atteindre les vingt buts, j’en suis certain (ndlr: il en est à dix, dont deux penalties, après un peu plus de la moitié des matches). Allan Eleouet? Il en est le premier conscient, mais s’il marquait ne serait-ce que le 50% des occasions qu’il se procure, il trônerait en tête des buteurs de Promotion League. Cristian Bud? J’étais très remonté contre lui au départ, parce qu’il était loin de répondre aux exigences. Mais vous avez vu comme moi ce qu’il est capable de faire quand il est en forme. Il l’a admis, il ne s’attendait pas à ce que ce soit si dur en troisième division suisse. Il a travaillé, il s’est mis au niveau et, aujourd’hui, on compte sur lui pour la suite.»

L’exemple Shaho Maroufi

Le choix d’Yverdon Sport, durant l’été, d’orienter son mercato vers des joueurs possédant l’expérience de la ligue nationale, souvent au profil alémanique, porte effectivement ses fruits. Il s’agissait d’un risque certain, sachant que ces éléments n’avaient pas énormément joué les mois précédant leur arrivée.

Le meilleur exemple réside sans doute dans le profil de Shaho Maroufi. L’Iranien d’origine n’entrait plus dans les plans du FC Wil en Challenge League. Aujourd’hui, il a été l’un des joueurs les plus en vue du premier tour avec YS. «Si j’avais dû décider d’une hiérarchie lorsqu’il est arrivé, il n’aurait pas fait partie des onze, raconte l’ancien du Servette FC. Je l’aurais placé entre 13 et 15. Mais laisser une chance à des joueurs qui n’étaient plus désirés ailleurs, c’est aussi leur redonner de l’importance. C’est indispensable pour leur permettre de performer. Et à l’heure actuelle, Shaho incarne exactement les valeurs de combattant et de don de soi que j’aimerais voir chez tout le monde.»

«J’y crois encore»

Durant les quatre derniers mois, YS a prouvé être en mesure de prétendre à la promotion. Si Stade-Lausanne-Ouchy obtient sa licence, ce qui est encore loin d’être fait, l’unique place mise en jeu cette saison pour l’ascension semble être occupée. Mais avec ce groupe-là, le club nord-vaudoise n’échouera pas encore très longtemps. «L’heure n’est pas venue de parler de la saison prochaine, coupe Anthony Braizat. Personnellement, j’y crois encore, et je ne suis pas seul. Si Stade veut s’assurer la première place, il devra au moins obtenir l’équivalent de neuf victoires; ce qui n’est pas rien. Et dans le cas où il les obtient, on veut être juste derrière lui, parce qu’on ne sait jamais ce qu’il peut se passer avec les licences. Dans tous les cas, notre seule option est de faire du mieux qu’on peut de notre côté. Je suis très fier de ce qu’ont réalisé mes joueurs lors du premier tour, et je sais qu’on a encore beaucoup à écrire ensemble.»

 

 

Avec la meilleure défense de Suisse

Pour trouver trace d’une défense aussi hermétique que l’est celle d’Yverdon Sport à l’échelon interrégional, il faut remonter jusqu’au groupe 4 de 2e ligue inter. Le FC Paradiso, leader, n’a encaissé que huit pions durant l’automne, tout comme YS. Sauf que le club tessinois a réussi cet exploit en 14 matches, contre 17 pour les Nord-Vaudois. Résultat: avec moins d’un but encaissé toutes les deux rencontres, Yverdon possède la meilleure défense du pays (niveau amateur excepté). Et d’assez loin.

Florian Vaney