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Apprendre à réparer en buvant un café

8 février 2017 | Edition N°1930

Yverdon-les-Bains – Une quinzaine de bénévoles tenteront de donner une seconde vie aux objets défectueux,ce dimanche, lors d’un «Y-Repair Café». Un concept qui fait de nombreux adeptes à travers le monde.

Grégory Petitqueux et Alain Doll préparent le local situé au Village Leclanché pour accueillir leur première manifestation. Tout sera prêt pour donner un second souffle aux machines défectueuses. ©Michel Duperrex

Grégory Petitqueux et Alain Doll préparent le local situé au Village Leclanché pour accueillir leur première manifestation. Tout sera prêt pour donner un second souffle aux machines défectueuses.

Pourquoi dépenser des centaines de francs pour faire réparer son ordinateur lorsqu’il est possible d’en acheter un neuf pour le même prix, voire moins cher ? «Pour lutter contre l’obsolescence programmée et la surconsommation», explique Grégory Petitqueux, cofondateur de l’événement «Y-Repair Café» qui aura lieu, pour la première fois, ce dimanche, à Yverdon-les- Bains, au Village Leclanché. Couturiers, électriciens, menuisiers, une quinzaine de réparateurs bénévoles expliqueront comment sauver des objets du quotidien à moindre coût. Les conseils sont gratuits, pas les pièces de rechange. «Le but est aussi de décomplexer les gens vis-à-vis des techniciens ou experts. Nous cherchons d’ailleurs un réparateur pour l’électroménager », poursuit-il. Car, selon lui, tout le monde peut bricoler.

A l’origine de cette initiative, quatre hommes de la région : Grégory Petitqueux, Alain Doll, Jérôme Duhamel et Sydney Hauke. Pourtant, aucun d’entre eux n’avait participé à l’un de ces cafés avant de lancer leur projet. «Chez moi, c’est tous les jours un Repair Café !», lance Grégory Petitqueux, qui encourage également sa femme à faire de la mécanique. «En fait, c’est inné», ajoute Alain Doll.

Un projet à 40 euros

L’idée amenée fin novembre s’est concrétisée en quelques mois. Et cela a coûté 40 euros pour obtenir le nom «Repair Café». «On était trop rapide pour que la Fédération romande des consommateurs (FRC) soutienne notre lancement», précise-t-il. Mais les quatre Romands ont trouvé d’autres soutiens, comme le groupe zéro déchet. Et l’Association pour le développement du Nord vaudois (ADNV) a contribué à hauteur de 2000 francs. Ce qui a permis d’acheter câbles, disjoncteurs et autre matériel nécessaires pour réparer des objets. «Dès l’année prochaine, nous devrons être indépendants», souligne Alain Doll. L’équipe espère avoir assez de dons pour continuer. Si cela ne suffit pas, ce sera de la poche des cofondateurs.

Bénévole en concurrence

Si certains réparent gratuitement des machines lors de ces événements, d’autres, comme Gregory Mayor, ont en fait leur métier. Cet Yverdonnois s’occupe des problèmes informatiques. Et n’imagine pas participer bénévolement à ce genre de manifestation : «La démarche est extrêmement bien, mais en tant que professionnel, cela ne serait pas intéressant, économiquement parlant.» Pourtant, l’entrepreneur ne serait pas opposé à s’y rendre en tant que visiteur privé pour réparer ses propres affaires.

L’équipe de «Y-Repair Café» ne considère pas causer de concurrence déloyale à ces professionnels. Car il s’agit d’amateurs qui offrent leurs services ponctuellement et sans garantie.

Ce n’est qu’un premier pas

«Il existe un vrai engouement pour tout ce qui a trait à la réparation », confie Laurianne Altwegg, responsable de l’environnement à la FRC. Et les fondateurs du «Y-Repair Café» l’ont également ressenti. Ils espèrent proposer ce rendez-vous tous les deux mois. Mais ils ont également d’autres projets. Ils souhaitent repérer les amateurs de réparation pour aller plus loin dans ce domaine. «L’objectif serait de fonder un groupe qui utiliserait des grosses machines assistées informatiquement pour créer des pièces de rechanges sur-mesure, par exemple», confie Grégory Petitqueux. Pour l’heure, il ne s’agit que d’un projet, rien n’est prévu et le modèle est à façonner.

Plus de 1200 «Repair- Cafés» dans le monde

Le nom «Repair Café» n’est pas une invention des quatre Romands. En fait, il s’agit d’un mouvement créé en octobre 2009 à Amsterdam, au Pays-Bas. Et depuis sa première édition, il n’a cessé de prendre de l’ampleur. Aujourd’hui, il existe 1208 lieux inscrits sous cette enseigne. En Suisse, onze villes sont inscrites.

Dans le Nord vaudois, seule la Fédération romande des consommateurs (FRC), aidée par le CPNV, avait organisé un tel événement à Yverdon-les-Bains. Mais c’était en 2015. «Tout dépend des opportunités, justifie Laurianne Altwegg, responsable de l’environnement à la FRC. Cela ne veut pas dire qu’il n’y en aura pas d’autres.»

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Christelle Maillard