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Le rêve éveillé du Welsch Master Team

16 juillet 2019 | Edition N°2540

Le groupe romand dirigé par l’Yverdonnoise Myriam Bertholet-Laala a fait lever les foules et chavirer les cœurs lors de la célèbre Gymnaestrada, la semaine dernière en Autriche.

«C’était incroyable, magique. En fait, non, je n’ai pas les mots pour décrire ce qu’on vient de vivre.» Malgré le travail qui a repris tôt lundi matin et ses enfants qu’il a fallu à nouveau choyer, Myriam Bertholet-Laala avait un peu de peine à retomber de son nuage, au lendemain de son retour de Dornbirn. La ville autrichienne, située tout près de la frontière saint-galloise, accueillait la 16e édition de la Gymnaestrada. Elle restera surtout comme un lieu gravé à jamais dans l’esprit des 34 gymnastes et de la dizaine d’accompagnants du Welsch Master Team (WMT). «Pour beaucoup d’entre nous, c’est une très jolie coche dans une liste qui, on l’espère, en contiendra encore beaucoup», glisse la chorégraphe.

Le clou du spectacle, cinq fois

Pour comprendre l’euphorie générale du groupe romand, composé de plusieurs Nord-Vaudois, il faut saisir la portée de la performance qu’il vient d’accomplir. D’abord, la Gymnaestrada, qui avait posé ses valises à Lausanne il y a huit ans, n’est rien d’autre que la plus grande manifestation planétaire de gymnastique. Un évènement pour lequel le WM Team a été sélectionné en prenant un sacré pari: s’inscrire uniquement pour le Gala FIG, soit le grand final. «Nos chances étaient minimes, au vu de la qualité gymnique des autres concurrents internationaux. Notre prestation au Gym for Life d’Oslo, en 2018, ayant été particulièrement remarquée, le comité de sélection du gala nous a rapidement fait savoir qu’il comptait sur nous.»

Initialement, le WMT était supposé donner trois représentations. «Sauf que la demande était telle qu’on s’est finalement retrouvés sur scène à cinq reprises», continue Myriam Bertholet-Laala. Dont quatre fois devant une salle comble garnie de 5000 personnes. Pour satisfaire les malheureux qui n’avaient pas obtenu de billets, l’organisateur s’est même débrouillé pour ouvrir une seconde salle, dans laquelle trônait un écran géant retransmettant en direct Inferno, le nom du programme mis en place par le WMT.

«Poétique et magique, ce sont les retours qu’on nous a principalement donnés», apprécie l’Yverdonnoise, à la base de la création du groupe en 2016. Là où les autres équipes se sont contentées de décliner une seule branche de la discipline, les Helvètes en ont combiné trois, qu’ils ont associées à merveille: la danse, les acrobaties et les portés. Le tout sur leur fameux big air floor, ce tapis gonflable géant, fruit d’un véritable investissement qui leur a permis de s’envoler, sur scène et dans le cœur du public.

Préparation ultra-condensée

«On ne parle pas seulement d’un investissement financier, mais de toute une dynamique de groupe. C’est cette cohésion qui nous a permis de vivre ça. Se présenter à la Gymnaestrada, ça revient à 2500 francs par personne, sachant qu’on était 42. On a trouvé des sponsors, vendu des bières artisanales, organisé des repas de soutien, d’accord. Reste que pour embarquer dans ce projet, les athlètes devaient vraiment le vouloir. Ils ont été géniaux.» Et sont surtout parvenus à rentabiliser à merveille le peu de temps à disposition.

«Normalement, une fête comme celle-ci nécessite deux ans de préparation, à coup de deux à trois entraînements par semaine», précise Myriam Bertholet-Laala. Le WMT a condensé le tout sur un an, à hauteur d’une seule séance mensuelle en commun. Un exploit qui glorifie un peu plus la réputation de la Suisse, ce pays de gymnastique.

Florian Vaney